La Mauritius Port Authority (MPA) a enclenché une série d’initiatives avec, pour objectif, de faire de la région avoisinante un « port vert ». Le président de la MPA, Ramalingum Maistry, explique : « Nous voulons faire de la région portuaire un grand jardin, un endroit agréable où les activités portuaires se feront dans le respect des normes écologiques. »
La salubrité de la région portuaire a été une des priorités de Ramalingum Maistry, président de la MPA, dès sa nomination. C’est ainsi qu’un Green Port Committee a été institué sous sa présidence afin de mener à bien ce projet. Trois sous-comités ont été créés et sont consacrés respectivement à : la communication, au changement de mentalité, à la coopération au niveau national et régional?; à l’efficience énergétique dans le port et à l’énergie durable?; et, finalement, à l’environnement portuaire.
Plusieurs aspects ont été identifiés pour faire partie de l’environment management system, notamment la gestion des déchets, de l’huile usée, des déchets informatiques, des déchets des entrepôts, l’efficience énergétique, la consommation des produits pétroliers et la gestion de l’eau.
À propos de la gestion environnementale de la région portuaire, Ramalingum Maistry souligne que la MPA a été la première organisation gouvernementale à obtenir le 14 août dernier un certificat ISO 14001 h 2004, octroyé par la firme d’audit environnemental AJA. La mise en oeuvre des projets environnementaux dans le port est placée sous la supervision de B. K Rughooputh, responsable du département de Port management. Ce dernier explique que plusieurs mesures ont déjà été mises en oeuvre, notamment en ce qui concerne la gestion des déchets électroniques et du compostage des verdures. Au chapitre de l’efficience énergétique, des panneaux photovoltaïques ont été installés à titre expérimental sur le kiosque situé dans la cour de la MPA, avant que des investissements plus importants soient effectués dans le captage de l’énergie solaire. Par ailleurs, quelque 1 600 points de lumière dans la région portuaire seront remplacés graduellement par ampoules à basse consommation (LED), précise M. B. Dhunnoo responsable des énergies renouvelables à la MPA. S’agissant de la gestion de l’eau, un système de « rain harvesting » a été installé, permettant de recueillir quelque 9 000 litres d’eau de pluie. Cette eau est utilisée pour le service responsable du lavage de voitures.
Dans le cadre du programme d’embellissement de la région portuaire, des travaux de nettoyage ont été engagés sur plusieurs sites, dont l’emplacement anciennement occupé par les Dockers Flat et Fort George, qui ne sera pas utilisé pour la construction éventuelle d’une centrale électrique. Ramalingum Maistry s’est dit satisfait que le projet de port vert soit réalisé conjointement avec les entreprises opérant dans le port. Ainsi, 36 entreprises ont adhéré à la charte de l’environnement portuaire lancée par la MPA le 5 juin de l’année dernière à l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement. « La charte de l’environnement démontre l’engagement de toutes les industries basées dans la région portuaire à l’environnement durable dans le port. It will also ensure that a close collaboration is achieved between the MPA and the port operators, and concerted actions are initiated to enhance, protect and ensure a sustainable development of our port. It will also serve as a plateform that will help share knowledge and best practices for environmental conservation », souligne le président de la MPA.
Plusieurs entreprises ont déjà pris l’engagement d’entretenir des emplacements ou “round points” situés à proximité de leurs établissements. Parmi les autres projets en cour dans le port figure la création d’une pépinière de plantes endémiques, qui seront par la suite mises en terre dans plusieurs régions dans le port.
Des travaux d’amélioration ont été entrepris au Rivulet Terre Rouge Estuary Bird Sanctuary depuis septembre dernier. Ces travaux comprennent la construction d’un “fencing” d’une longueur de 650 mètres, la construction d’un kiosque et la réparation du « bird hide », poste d’observation d’où le public peut regarder les oiseaux migrateurs sans les déranger. À noter que quelque 2 000 oiseaux migrateurs viennent se nourrir à marée basse en cette période de l’année dans cette région, classée comme « site Ramsar ». Selon un des officiers attachés à ce site protégé, M. Booheera, la majorité des oiseaux qui quittent le pays à la fin de l’été reviennent à la fin de l’année. « Certains oiseaux, qui sont trop faibles pour faire la route du retour vers le nord du globe, restent dans l’île et repartent l’année suivante », constate-t-il. Ce site attire de nombreux touristes et des ornithologues.
Un passage piétonnier d’une longueur de 225 mètres menant au « bird hide » a été créé. La MPA, conjointement avec le ministère de l’Agro-industrie, a désigné la firme de consultant Biotope en vue de la réalisation d’un “management plan” pour la conservation et la gestion de l’estuaire de Terre-Rouge. Un rapport final a déjà été soumis et est actuellement étudié par l’Agence française de développement, qui finance une partie du projet, estimé à Rs 8,5 millions.
La MPA travaille conjointement avec le ministère de l’Environnement en vue de réaliser une « climate change vulnerability and adaptation study » pour la région portuaire. L’étude sera réalisée par le Climate Technology Centre & Network. Ramalingum Maistry se réjouit que le projet de « port vert » soit soutenu par le ministre Tourisme, Xavier-Luc Duval. Il rappelle que le ministre avait, dans le document stratégique sur l’industrie touristique publiée en mars de l’année dernière, insisté sur la nécessité de pratiquer un tourisme responsable tenant en compte les attentes écologiques des touristes. « Cela passe par la préservation de l’environnement, de la faune et de la flore », conclut-il.