Le lagon de Trou-aux-Biches, parmi ceux de l’île à connaître d’intenses activités nautiques, touristiques et de pêche, est doté depuis vendredi dernier d’une ferme de coraux, un projet environnemental impliquant des partenaires locaux (villageois, pêcheurs, opérateurs touristiques) visant à la réhabilitation du site en coraux et, à terme, à améliorer la santé et la biodiversité de l’écosystème marin local.
Financé par le United Nations Development Programme sous le Global Environment Facility Small Grants Programme et bénéficiant de l’assistance technique du Mauritius Institute of Oceanography, ce projet est une initiative d’Experiential Learning Initiative (ELI) Africa, qui ambitionne de placer pas moins de 5 000 fragments de coraux dans ce lagon du littoral nord d’ici fin 2014. Une étude préliminaire menée en mars a conclu que la culture d’une dizaine d’espèces en voie de disparition est nécessaire pour réhabiliter le lagon de Trou-aux-Biches (TAB).
Les travaux d’aménagement ont débuté mercredi dernier par l’installation de structures en tuyaux PVC et d’un système de cordages destinés à retenir les fragments de coraux, pour se terminer vendredi par l’implantation des premières boutures. La pépinière est située à environ 400 mètres de la plage et à 150 mètres des récifs ; elle s’étend sur 50 m2 à une profondeur de 2 mètres d’eau avec possibilité d’être agrandie à 400 m2 à l’avenir. Elle rassemble six unités de production comportant chacune entre 800 et 1 000 boutures.
Pour le Dr Ruby Moothien-Pillay, Principal Research Scientist (Biological Oceanography) au MOI, le projet de ELI Africa est d’autant plus pertinent que déjà en 2009 une étude avait montré que le lagon de TAB avait perdu 50 % de sa population de coraux tabulaires, espèce qui prend beaucoup de temps pour pousser. Ceux-ci en mourant ont laissé la place à une croissance soutenue de coraux branchus, qui, eux, poussent très vite.
Présent lors des travaux jeudi, Le Mauricien a pu constater l’ampleur de la dégradation du lagon, dont le fond demeure désespérément désertique et grisâtre. « Il s’agit maintenant de rééquilibrer les proportions. Toutefois, il faut bien comprendre que s’il est possible de réhabiliter jusqu’à un certain point un lagon, il est en revanche impossible de le restaurer dans toute sa dimension, de recréer la nature telle qu’elle était à l’origine », déclare Mme Moothien-Pillay. D’où l’importance d’impliquer toute la communauté locale dans le présent projet afin d’en garantir la pérennisation.