Nouveaux aménagements au centre thérapeutique Flamboyant de Solitude, centre résidentiel du Centre de Solidarité (CDS) qui s’occupe de la réhabilitation et la réinsertion des usagers de substances nocives. Dans le cadre de la démarche du centre de solidarité pour améliorer le confort des résidents, des aménagements majeurs ont été apportés au centre résidentiel. Ces changements vont de pair avec une nouvelle thérapie destinée aux résidents qui se font de plus en plus jeunes…
Les murs ont été complètement repeints et le sol, recouvert auparavant de cire, est maintenant recouvert par du carrelage donnant un look dynamique à ce centre qui accueille actuellement 17 résidents. Cette initiative répond à la volonté du centre de rendre l’espace plus propice pour la vie en communauté. Les résidents participent pleinement à la vie de la communauté en repeignant eux-mêmes les bancs situés dans le jardin. Du neuf également au niveau du personnel avec le plus jeune d’entre eux, Dhiraj Emrith, âgé de 25 ans. « Ces changements ont été apportés afin de créer un nouveau dynamisme. Nous avons beaucoup de clients (NdlR : les résidents), dont beaucoup de jeunes d’où le projet de remettre à neuf le centre », explique Lydia Oudin, la manager.
Le Centre de Solidarité est à la fois une ONG et un centre de réhabilitation qui offre des conseils et des programmes aux toxicomanes et aux alcooliques pour leur réinsertion dans la société. Plusieurs parcours sont proposés aux personnes venues chercher de l’aide pour s’en sortir, leur permettant de se réadapter à une vie plus saine et équilibrée. La vie communautaire et résidentielle au Flamboyant à Solitude constitue la deuxième phase de la réinsertion de ces personnes dans la vie de tous les jours. Le centre est réservé aux hommes.
La vie en communauté, c’est également comme dans une maison, dans une famille, expliquent les différents animateurs rencontrés ce jour-là. Toutes les tâches associées à la maintenance d’une maison, incluant la préparation des repas sont effectuées par les résidents.
Thérapie adaptée
Tout un travail psychologique est fait en profondeur, leur permettant de prendre conscience de plusieurs valeurs. La thérapie a également été revue. Lydia Oudin préfère le terme « adaptée ». « Nous accompagnons le résident afin qu’il devienne autonome et responsable », explique-t-elle. « Nous leur donnons le moyen de gérer leurs sentiments », ajoute de son côté Charles Adeenaden. Dhiraj Emrith, le plus jeune animateur, abonde dans le même sens.
Une psychologue assure une permanence et apporte sa contribution à la thérapie. Virginie Saramandif explique mettre en pratique la thérapie cognitive en amenant les résidents à « rétablir le passé afin de mieux construire l’avenir ». En d’autres mots, il s’agit de mettre en pratique des outils thérapeutiques afin d’aider les résidents à comprendre et accepter les causes les ayant poussés à consommer des substances afin de mieux reconstruire le futur. Élaborant sur la thérapie, Dhiraj Emrith indique que l’équipe fait un travail avec chaque résident afin de trouver la source du problème ayant mené à la prise de substances telles que la drogue ou l’alcool. « Dans le cas d’une personne timide, si elle prenait des substances pour se défouler ou pour avoir plus de courage, nous travaillons de sorte à le faire sortir de sa timidité afin qu’elle devienne une personne affirmée », ajoute Charles Adeenaden.
De nouvelles d’activités ont été greffées à la vie quotidienne : VTT, marche, sorties à la piscine, entre autres. Des activités intercentres sont organisées afin de favoriser l’esprit d’ouverture, ajoute Lydia Oudin. Une mini-gym avec quelques équipements sportifs a été aménagée.
À l’arrière du centre, le potager produit des fruits et légumes qui alimentent la cuisine de la communauté. Car à la communauté, tout est fait par les résidents, même la cuisine. On y trouve brèdes de Chine, brèdes tompouss, betteraves, menthe, laitue, queue d’ail, citronnelle, papayes, bananes et piment. Charles Adeenaden, qui est surtout responsable du potager, affirme que ce dernier représente une véritable fierté pour les résidents. « Ils savent qu’ils en sont responsables et cela leur procure un sentiment de satisfaction de voir leurs efforts personnels récompensés à chaque récolte. Cela favorise l’estime de soi ».
Plus loin, on trouve le poulailler, avec 77 poules qui fournissent les oeufs au centre. Grâce au succès de l’initiative, la Communauté est en mesure de vendre des oeufs à la communauté locale. À travers cet ensemble d’activité, le centre thérapeutique veut inculquer le sens des responsabilités aux résidents afin qu’ils puissent se reprendre en main à leur sortie. « Ils redécouvrent des qualités qu’ils ont perdues à travers des gestes simples de la vie quotidienne. Cela peut paraître insignifiant mais ils ont besoin de cet encadrement pour se sentir en confiance », conclut Lydia Oudin.