Se voir attribuer un terrain de l’État assorti d’un bail à long terme au bout d’âpres démarches en ce sens : c’est le bonheur que savourent, aujourd’hui, les adhérents, les responsables et les bienfaiteurs du Centre Joie de Vivre, une société bénévole évoluant dans le domaine de la réinsertion sociale des handicapés physiques et mentaux et dont le siège est installé à Poste-de-Flacq. Le terrain en question est celui où se situe actuellement le siège du centre et le bail nouvellement acquis permettra à celui-ci d’y ériger, prochainement, un bâtiment moderne pour ses adhérents.
Durant leurs démarches, les responsables du centre, Alcine Sakir et Christine Chenel, respectivement la fondatrice et la directrice, ont reçu un accueil favorable de la part des députés de la circonscription de Flacq/Bon-Accueil Anil Baichoo, ministre des Infrastructures publiques, et le PPS Dhiraj Khamajeet, sans oublier la collaboration d’Hervé Aimée, ministre des Administrations régionales.
Dans le but de marquer cet événement, une petite fête y a été organisée le mercredi 5 décembre dernier en présence des adhérents et leurs parents, des membres de la direction, des membres du personnel, des bienfaiteurs, des notables du village, des représentants du conseil de district de Moka/Flacq et des députés précités.
Ce jour-là, pour tous ceux qui y étaient présents, le coeur était à la fête… Les lieux étaient garnis de belles décorations, il y avait la diffusion de la musique à travers un appareil sophistiqué et, surtout, il y avait le sourire de la satisfaction sur le visage de tout le monde. Le programme du jour comprenait, entre autres, des numéros de chants et de danses qui devaient être exécutés par des adhérents. Le clou de la fête devait consister en la remise officielle du contrat du terrain à Mme Sakir par Anil Baichoo.
Lors des discours de circonstance, tous ceux qui ont pris la parole, y compris les députés présents, ont mis en exergue le dévouement exemplaire de Mme Sakir, née Leguesse, aujourd’hui âgée de 77 ans, en faveur de toute personne souffrant d’une infirmité physique ou mentale. Ils ont rappelé que celle-ci a été la première personne, dans l’Est, à éveiller la conscience des gens à la nécessité d’y mettre en place une structure socio-éducative pour cette catégorie de citoyens. Grâce à ses efforts, il y a eu la création du Centre Joie de Vivre en 1987 à Poste-de-Flacq. À la fin des discours, le ministre des Infrastructures publiques a remis officiellement le contrat du terrain à Alcine Sakir sous les applaudissements de toute l’assistance. Il y a aussi été dit que, au vu du travail accompli jusqu’ici par le centre, il était dans l’ordre des choses que l’État lui cède le terrain en question.
Par la suite, dans son discours de remerciement, Alcine Sakir a eu des mots de gratitude pour toutes les personnes qui, d’une manière ou d’une autre, ont apporté leur petite pierre dans la mise en place et le développement du Centre Joie de Vivre pendant ces 25 dernières années. Toutes ces personnes, a-t-elle dit, occupent une place prioritaire dans son coeur et elle n’oubliera jamais leurs bienfaits. Elle a aussi donné l’assurance que, bientôt, elle se mettra en quête des moyens pour le financement de la construction du nouveau bâtiment et que, dans ses calculs à ce sujet, il y a également l’aide qu’elle s’attend à recevoir du gouvernement.
« Je peux maintenant dormir sur mes deux oreilles car, avec ce contrat de terrain en mains, je peux espérer procurer un avenir plus sécurisant aux adhérents du centre. Selon les plans que nous avons conçus pour le nouveau bâtiment, celui-ci sera pourvu de dortoirs afin de pouvoir loger les adhérents ayant atteint l’âge adulte et qui n’ont pas une place convenable pour se caser. Parmi les adhérents actuels il y a quelques orphelins et ceux-ci requièrent une attention toute particulière de notre part », devait affirmer Mme Sakir.
Soulignons qu’à l’époque de la création du centre, les classes de réinsertion sociale, sous la conduite d’Alcine Sakir, se déroulaient au domicile de cette dernière, faute d’un meilleur endroit. Il y avait alors 75 adhérents et les classes se tenaient en alternance pour deux groupes distincts.
Par la suite, toute l’équipe déménagea pour élire domicile temporairement à la Salle d’oeuvres de l’église Ste Ursule, à Centre-de-Flacq. Cependant, il était devenu impérieux de trouver un lieu permanent, et quelqu’un fit remarquer à Alcine Sakir que l’ancienne demeure allouée par le gouvernement au gardien du cimetière de Poste-de-Flacq, désormais vide, pourrait très bien être reconvertie en un siège pour loger le Centre Joie de Vivre. Mme Sakir se rendit au Conseil des districts de Moka/Flacq et obtint l’aval des autorités concernées pour installer le centre à cet emplacement, attendu qu’elle fasse les frais de cette installation. Aujourd’hui, 25 années plus tard, l’emplacement a été cédé par les autorités compétentes au Centre Joie de Vivre pour un nouveau développement.