Le Full Bench de la Cour suprême, composé des juges Asraf Caunhye, Iqbal Maghooa et Ah-Fook Chui Yew Cheong, a siégé hier pour connaître la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP) suite à la demande de Prakash Boolell. Le bureau du DPP avait, lors de la dernière séance, informé la cour que deux plaintes avaient été enregistrées contre lui en 2010 et 2012 et qu’il attendait des conclusions avant de faire connaître sa décision. Selon la représentante du DPP Me Asha Egan-Ramano, le DPP compte loger une nouvelle charge d’escroquerie contre Prakash Boolell, qui avait été radié en 2007 après une condamnation pour escroquerie.
Le Full Bench de la Cour suprême a accordé un délai à Prakash Boolell pour faire connaître sa position face à ce développement. L’audience sera de nouveau appelée le 10 juin. Le Bar Council, représenté par Me Éric Ribot et le bureau de l’Attorney General, conteste sa demande de réintégration. Lors de l’ouverture du procès, Prakash Boolell avait soutenu que les deux parties n’avaient pas clairement indiqué les « grounds of objection », demandant que celles-ci lui soient communiquées. Le bureau de l’Attorney General avait déclaré que la contestation reposait surtout sur des points de droit et que « they are not satisfied that there are new cirscumstances for him to be reintegrated », indiquant qu’il soumettrait plus de détails sur les « grounds of objection ». L’avocat de Prakash Boolell s’étant retiré de l’affaire, la cour a autorisé ce dernier à se représenter lui-même. La nouvelle demande s’est faite en présence du DPP. Dans sa requête, Prakash Boolell avait dit « se battre depuis 22 ans » et que, depuis, son comportement a été « irréprochable ». Il a soutenu n’avoir pas été condamné pour un délit de drogue ou une action visant à pervertir le cours de la justice. Disant avoir « beaucoup souffert » depuis sa radiation; il estime avoir le droit de retrouver sa toge.
Prakash Boolell avait été radié du barreau le 30 mars 2007 après avoir été traduit devant un comité disciplinaire institué par l’Attorney General, et ce après sa condamnation à une amende de Rs 10 000. Le 30 décembre 1992, une accusation formelle d’escroquerie avait été logée contre lui en Cour intermédiaire, où il avait plaidé non coupable. Il avait toutefois été condamné à six mois de prison le 24 mars 2003. Son appel avait été rejeté le 26 mai 2004 par l’actuel chef juge Keshoe Parsad Matadeen et la juge Saheeda Peeroo. Il s’était par la suite tourné vers le Privy Council, qui avait commué sa peine de prison en une amende de Rs 10 000. Le Full Bench de la Cour suprême, composé de l’ancien Chef juge Bernard Sik Yuen et des juges Asraf Caunhye et Bushan Domah, avait néanmoins ordonné que son nom soit rayé de la liste des avocats.