Radié du barreau le 30 mars 2007, Prakash Boolell avait logé un procès en Cour suprême demandant sa réintégration. L’affaire a été de nouveau appelée devant le Full Bench composé des juges Asraf Caunhye, Prithviraj Fekna et Ah-Fook Chui Yew Cheong. Après avoir pris connaissance des affidavits des deux parties, le jugement a été réservé sur la demande de Prakash Boolell. Dans son affidavit, celui-ci estime qu’il doit être réintégré après toutes ces années.
Prakash Boolell devra attendre encore un peu pour être fixé sur sa demande de réintégration au barreau. Le Bar Council, représenté par Me Éric Ribot et le bureau de l’Attorney General, contestait sa demande de réintégration. Lors de l’ouverture du procès, Prakash Boolell avait soutenu que les deux parties n’avaient pas clairement indiqué les “grounds of objection” et avait demandé que celles-ci lui soient communiquées. Le bureau de l’Attorney General avait déclaré que la contestation reposait principalement sur des points de droit et que « they are not satisfied that there are new circumstances for him to be reintegrated », indiquant par ailleurs qu’il soumettrait plus de détails sur les “grounds of objection”.
Lors de la dernière séance, le 12 mai dernier, la représentante du Directeur des Poursuites publiques (DPP), Me Asha Egan-Ramano, avait informé la Cour que le DPP comptait loger une nouvelle charge d’escroquerie contre Prakash Boolell, qui avait justement été radié en 2007 après une condamnation pour escroquerie. Deux plaintes avaient été enregistrées contre lui en 2010 et 2012. Prakash Boolell y avait objecté, déclarant qu’il allait appeler deux témoins dans le cadre d’une motion. Dans sa requête, il avait dit « se battre depuis 22 ans » et que, depuis sa radiation du barreau, son comportement avait été « irréprochable ». Il a de plus soutenu qu’il n’avait été condamné pour aucun délit de drogue ni d’action visant à pervertir le cours de la justice, avançant avoir « beaucoup souffert » depuis sa radiation. Il estime avoir le droit de retrouver sa toge tant d’années après sa radiation.
Prakash Boolell avait été radié du barreau le 30 mars 2007 après avoir été traduit devant un comité disciplinaire institué par l’Attorney General. Cette décision faisait suite à sa condamnation à une amende de Rs 10 000. Le 30 décembre 1992, une accusation formelle d’escroquerie avait été logée contre lui en Cour intermédiaire, pour laquelle il avait plaidé non coupable. Il avait toutefois été condamné à six mois de prison le 24 mars 2003. Son appel avait été rejeté le 26 mai 2004 par l’actuel Chef juge Keshoe Parsad Matadeen et la juge Saheeda Peeroo. Il s’était par la suite tourné vers le Privy Council, qui avait commué sa peine en amende de Rs 10 000. Le Full Bench de la Cour suprême, composé de l’ancien Chef juge Bernard Sik Yuen et des juges Asraf Caunhye et Bushan Domah, avait néanmoins ordonné que le nom de Prakash Boolell soit rayé de la liste des avocats.