Cadress Rungen, du Groupe A de Cassis/Lakaz A, Danny Philippe de LEAD et Imran Dhannoo du Centre Idrice Goomany (CIG) poussent, à l’unanimité, « un grand ouf de soulagement ». L’annonce du ministre de la Santé, Anwar Husnoo, d’une réintroduction de la méthadone comme médicament de substitution pour sortir de l’enfer de la drogue « est une très bonne nouvelle », disent-ils. « Nous n’y croyions plus. Les toxicomanes pourront enfin respirer et reprendre leur vie en main ».
Les trois travailleurs sociaux tiennent à « saluer le courage du Dr Husnoo et sa vision d’avoir accepté de réintroduire la méthadone ». Pour Danny Philippe, « le ministre, qui est médecin, connaît les répercussions qu’entraîne la suppression d’un traitement. Surtout, nous le félicitons d’avoir eu le courage de renverser une décision prise par un collègue. Parce que nous savons qu’il est motivé par le bien-être des toxicomanes ». Imran Dhannoo, lui, « apprécie que le bon sens prévale ». « La décision, salutaire, du Dr Husnoo est accueillie comme une excellente nouvelle par les patients du centre Goomany. Enfin, ils peuvent aspirer à sortir de l’esclavage dans lequel ils s’étaient retrouvés. Et avec la suppression de la méthadone, ils étaient très déprimés. Un grand nombre avait rechuté et on avait perdu de vue beaucoup de patients ». Les animateurs du centre mettent les bouchées doubles pour retrouver justement ces patients, « afin de les ramener vers le centre et les aider dans leur cheminement ».
Bien entendu, soulignent nos trois interlocuteurs, « nous en sommes encore à une étape d’étude. Ainsi que le Dr Husnoo l’a dit, le projet est en phase d’élaboration ». Ces travailleurs sociaux soutiennent que « d’une part, nous sommes pleinement en faveur de l’élaboration d’un meilleur programme de méthadone, afin d’éviter les erreurs du passé. Ne pas répéter les mêmes erreurs est capital. Cela évitera les défaillances qui ont donné un “bad name” au programme de la méthadone ». Meilleure définition, meilleur contrôle et meilleure supervision : la méthadone « donnera certainement des résultats concrets, dans peu de temps », soutiennent-ils.
Mais en parallèle, relèvent-ils, « il ne faut pas enlever le programme de Suboxone. Car plus il y a d’options pour les toxicomanes, mieux c’est ». Imran Dhannoo explique d’ailleurs qu’« avec Ally Lazer, nous avons rencontré le Dr Husnoo en février dernier. Il était déjà favorable à un retour de la méthadone. Nous avons également évoqué la nécessité pour de meilleurs médicaments à base de codéine phosphate pour ce qui est de la désintoxication dans le centre ».
Dans le même souffle, Danny Philippe lance un appel au ministre Husnoo pour « rétablir le dialogue et le partenariat avec la société civile. C’est ensemble que nous arriverons à travailler efficacement. Tout le monde : l’État, les patients, les parents, les ONG et le pays sortiront gagnants ».