Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, a plaidé cette semaine en faveur de la conclusion d’un accord de partenariat économique (EPA) complet entre la région Afrique orientale et Afrique australe (AFOA) du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) avec l’Union européenne. Il a exprimé ce souhait lors de l’ouverture d’un séminaire sur le lancement du processus de mise en oeuvre de l’accord intérimaire conclu par ce groupe régional avec l’UE.
« Nous devons commencer le processus de l’APE (accord de partenariat économique — EPA) intérimaire tout en nous efforçant de conclure l’APE complet. La crise financière et économique ne rendra pas notre tâche facile. Cependant avec la volonté politique et l’engagement, je n’ai aucun doute que nous pouvons relever le défi » a lancé Arvin Boolell.
L’APE intérimaire, a expliqué le ministre des Affaires étrangères, a permis de préserver l’accès préférentiel sur le marché de l’Union européenne (UE). « À travers cet accord, nous avons créé la sécurité juridique nécessaire pour le commerce avec l’UE et avons élargi le champ d’application de l’accès au marché étant donné que nous bénéficions désormais de l’accès libre sans droit de douane et sans quota contrairement aux conventions de Lomé et de l’Accord de Cotonou. »
Plus important encore : les signataires de l’APE intérimaire obtiennent une amélioration significative des règles qui déterminent l’origine de plusieurs produits clés de la qualité d’un accès préférentiel pour entre autres l’habillement et les produits textiles. « L’APE intérimaire est le premier accord jamais négocié dans le monde qui contient une règle de transformation unique pour les vêtements, offrant la possibilité d’obtenir des tissus de haute qualité à partir de la source la moins chère », explique le ministre.
Les règles d’origine, poursuit Arvin Boolell, ont été assouplies pour les autres produits d’importance comme le thon en conserve et la farine de blé. « Des règles plus souples créent aussi des opportunités pour les grandes, petites et moyennes entreprises par la baisse du coût de la production et le renforcement de l’échelon de la compétitivité des prix. »
Le ministre a expliqué que les négociateurs se sont assurés que tous les produits sensibles soient exclus de la libéralisation. « Une clause des industries naissantes » a également été introduite en vue de permettre de rétablir les droits de douane à l’avenir pour protéger une industrie en croissance.
Le séminaire organisé cette semaine à l’hôtel Intercontinental a réuni des représentants de l’UE, les représentants des autorités gouvernementales et du secteur privé de Maurice, Madagascar, les Seychelles et le Zimbabwe. Objectif : discuter des opportunités offertes par l’APE aux pays signataires de l’AFOA.
L’APE intérimaire a été signé par quatre membres de l’AFOA en 2009 et est désormais en phase d’exécution. Il accorde l’accès aux marchés de l’UE et est accompagné d’une aide pour renforcer les capacités commerciales. C’est le premier APE à entrer dans la phase de mise en oeuvre en Afrique.
Le séminaire a abordé les questions transversales, dont les avantages et les défis de l’adoption de l’APE, en particulier pour le secteur privé. Il a également exploré les options pour le développement ultérieur du commerce dans la région à l’avenir.
« Maurice joue un rôle clé dans l’océan Indien et dans l’ensemble de la région de l’ESA », a déclaré l’ambassadeur Mariani, chef de la délégation de la Commission européenne à Maurice. « La mise en oeuvre de l’APE intérimaire représente une étape importante dans les relations UE – île Maurice. »
Pour sa part, Peter Thompson, directeur à la
Direction générale du commerce en charge du développement durable, des APE, de l’agroalimentaire et de la pêche, a souligné que « partout en Afrique, nous avons un consensus sur les principes fondateurs de l’APE. Une responsabilité partagée pour le développement du commerce et du partenariat pour le développement soutenue. »
À la fin de l’année 2007, six États AFOA (les Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles, la Zambie et le Zimbabwe) ont initialisé un APE intérimaire avec l’UE. L’accord a ensuite été signé par quatre pays (Madagascar, Maurice, Seychelles et Zimbabwe) en août 2009 dans le pays. Il porte sur l’accès au marché et touche d’autres domaines convenus comme les règles d’origine, la coopération pour le développement, la pêche, le commerce de la défense et des mécanismes de règlement des différends.