Même s’il demande qu’une trêve soit observée en cette fin d’année, Philippe Hao Thyn Voon n’en décolère pas face à la situation actuelle au sein de certaines fédérations sportives et des relations conflictuelles avec le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Au cours d’un point de presse tenu lundi dernier, le président du Comité olympique mauricien (COM), tout en évoquant « le travail malsain effectué par une main invisible », a réitéré son soutien aux fédérations sportives. Il a également annoncé la tenue d’une assemblée générale de son organisme jeudi prochain, avec des discussions concernant les amendements à la Sports Act.
Bien que pressé de questions par les journalistes présents, Philippe Hao Thyn Voon n’a pas voulu dévoiler l’identité de cette « main invisible. » « Son travail est d’allumer le feu, alors que ses proches y ajoutent du pétrole et de l’huile. Puis, cette même main invisible éteindra l’incendie pour ensuite se déclarer un Zorro. »
Quoi qu’il en soit, le président du COM a fait état de pressions subies au niveau de son entreprise, mais ne compte pas baisser les bras. « S’il fallait choisir entre la présidence du COM et la direction de mon entreprise, je choisirais la première option, car je compte toujours me battre pour les fédérations. » Il a également évoqué les pressions subies par Marie-Anne Joyjub, membre coopté du COM qui a finalement soumis sa démission, et Mario Hung Wai Wing, 3e vice-président de cet organisme et également advisor coach au MJS qui a préféré s’absenter des trois dernières réunions du COM.
Le cas de Patrick Sahajassein, entraîneur national de tennis de table, ne l’a pas également pas laissé insensible. « Il est toujours sous contrat au MJS et n’est pas employé à plein temps. Est-ce humain ? » s’est-il demandé.
Le président du COM a aussi évoqué le cas de la Fédération mauricienne de lutte, qui ne reçoit plus d’aide du MJS depuis octobre dernier. « Le président de la fédération m’a contacté afin que j’intervienne auprès de la Fédération internationale de lutte amateur. C’est mon devoir de le faire car ce sont mes membres. De plus, les athlètes ne peuvent payer les pots cassés. »
Philippe Hao Thyn Voon a également condamné les propos tenus par le ministre Devanand Ritoo à l’encontre des dirigeants des fédérations qui avaient tenu une conférence de presse vendredi dernier. « Ces gens sont nettement plus longtemps dans le giron sportif que lui, et pourtant ils ont été maltraités. Ont-ils dit la vérité ? N’ont-ils pas droit au chapitre ? » Concernant la situation au sein de la natation, il a insisté sur le fait que le caretaker committee a été mal constitué, mais s’est dit disposé à travailler avec le comité qui sera bientôt institué.
Dans un autre ordre d’idées, le président du COM s’est dit nullement surpris devant les résultats moyens enregistrés lors des derniers Jeux des îles. « La préparation a débuté avec trop de retard et les sportifs ne peuvent progresser en demeurant à Maurice. J’avais tiré la sonnette d’alarme, mais mes appels n’ont pas été entendus. Aujourd’hui, il ne faut pas trouver de boucs émissaires. »
Dans ce contexte, il s’est élevé contre la prise de position de Devanand Ritoo à l’encontre de Vinod Persunnoo et d’Akbar Patel, respectivement président de la Mauritius Football Association et entraîneur de la sélection nationale. D’où sa conclusion : « C’est la première fois que je vois un ministre avec autant de conflits avec les fédérations. C’est un record. »
De ce fait, Philippe Hao Thyn Voon souhaite qu’un front commun soit constitué afin de convaincre Devanand Ritoo de discuter des amendements à être apportés à la Sports Act. « Ce sera pour le bien-être du sport, car il nous faut une loi cadre en conformité avec les lois internationales. Une loi qui ira dans l’intérêt des fédérations. »