Le premier accord de partenariat économique conclu par l’Union européenne avec une région africaine est entré en vigueur lundi. L’accord commercial et de développement concerne quatre pays de la région Afrique orientale et australe, en l’occurrence Maurice, Madagascar, les Seychelles et le Zimbabwe.
« Ce premier accord de partenariat économique (APE) intérimaire avec une région africaine est une excellente nouvelle », soutient le commissaire européen pour le commerce. « Je salue le travail des négociateurs et des parties concernées. Avec cet accord commercial, nous espérons accompagner le développement de nos partenaires de l’AfOA (Afrique orientale et australe) et ouvrir des opportunités d’affaires durables », affirme Karel de Gucht.
L’accord intérimaire permet à Maurice, à Madagascar, aux Seychelles et au Zimbabwe d’avoir un accès hors taxe pour leurs exportations sur le marché européen. Ces pays ont 15 ans pour ouvrir leurs marchés aux produits européens à l’exception de ceux classés sensibles.
L’APE couvre également les règles d’origine, la coopération au développement, la pêche, les instruments pour le règlement des conflits. Il encourage l’intégration économique régionale et consolide le partenariat avec l’Union européenne (UE).
La conclusion de cet accord a été évoquée la semaine dernière par l’ambassadeur de l’UE Alessandro Mariani à une réception organisée à l’Institut français de Maurice (IFM) à Rose-Hill en présence de la présidente par intérim de la République Monique Ohsan-Bellepeau, du Premier ministre Navin Ramgoolam et du ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell. « Les relations entre Maurice et l’UE sont excellentes. Nous avons un partenariat très solide et historique dans la coopération au développement », a-t-il affirmé.
La réception, comme l’a indiqué Alessandro Mariani, a été organisée à l’IFM à Rose-Hill pour souligner la complémentarité et la synergie entre l’UE et les pays africains. « Nous devons travailler avec toutes les énergies européennes dans la même direction pour augmenter l’efficience de toutes nos activités », a déclaré l’ambassadeur.
Toujours au chapitre des relations entre Maurice et l’UE, Alessandro Mariani a observé que l’appui budgétaire est l’instrument privilégié pour continuer à soutenir les réformes de l’économie du pays. « Au-delà de ce partenariat, nos relations sont beaucoup plus riches. Nous avons des relations à 360 degrés, c’est-à-dire dans tous les domaines », a-t-il fait ressortir.
Solidité
L’ambassadeur de l’UE a par ailleurs remercié le gouvernement mauricien d’avoir adopté un texte de loi concernant le transfert des pirates à la suite de l’accord de partenariat signé l’année dernière avec la baronne Catherine Ashton, vice-présidente de la Commission européenne. Alessandro Mariani a rappelé qu’un accord de partenariat a été signé entre Maurice et l’UE concernant le secteur de la pêche. Un accord qui s’inscrit bien dans la vision de la stratégie du pays de promouvoir l’économie océanique (blue economy).
L’UE est prête à soutenir le processus d’intégration régionale de Maurice dans le cadre de la Commission de l’océan Indien, du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a indiqué Alessandro Mariani.
Concernant l’environnement, l’ambassadeur a observé qu’il y a un accord naturel entre l’UE, Maurice et l’océan Indien pour toutes les questions liées aux changements climatiques. « Le Premier ministre aura la possibilité de constater lors de la conférence Rio + 20 la convergence des points de vue entre l’UE et Maurice », a-t-il souligné.
Évoquant la crise qui secoue la zone euro, Alessandro Mariani a affirmé que le niveau d’intérêt de Maurice pour les dynamiques économiques dans les pays européens « est indicateur de l’importance des relations économiques que nous entretenons ». Il a rappelé que la baronne Catherine Ashton, dans son message publié à l’occasion de la Journée de l’Europe, a parlé de la solidité des bases de l’économie européenne.
L’ambassadeur a aussi fait état de l’insistance de la vice-présidente de la Commission européenne sur le fait que l’UE portera toute son attention sur une politique de croissance dans le cadre d’une politique fiscale plus équilibrée. Alessandro Mariani a prononcé un discours en français, anglais et italien, étant de nationalité italienne. Ceci, a-t-il fait remarquer, dans le but d’insister sur l’importance de la maîtrise d’au moins trois langues et de montrer la diversité des langues au sein de l’UE.
Parmi les personnalités présentes à l’IFM se trouvaient l’ambassadeur de France Jean-François Dobelle, le haut commissaire britannique Nick Leake, l’ex-président de la République sir Anerood Jugnauth et le leader du MSM Pravind Jugnauth.