La grève de la faim annoncée par Atma Shanto pour protester contre la décision de la firme Innodis Ltd de ne plus le reconnaître comme négociateur de deux syndicats de ses employés a bien eu lieu. Au coup de midi, mercredi, jour de la commémoration du 46e anniversaire de l’indépendance, le syndicaliste a entamé son mouvement. Toutefois, une fois n’est pas coutume, il n’a pas eu à souffrir trop longtemps car, finalement, il est rentré chez lui sain et sauf hier après-midi avec un accord avec la direction qui l’a rétabli dans ses droits.
L’heureuse issue, Atma Shanto la doit à une plateforme composée de plusieurs fédérations syndicales qui l’ont porté à bout de bras dans son épreuve de force. Il faut aussi reconnaître que le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, aura été prompt à agir pour qu’une solution à l’amiable soit rapidement trouvée. Le ministre, qui se prépare à participer à la conférence tripartite annuelle du Bureau International du Travail à Genève, s’était d’autant plus déclaré « pas prêt à devoir y aller rendre compte d’une situation embarrassante qui pourrait laisser croire qu’il y a non-respect du droit fondamental des travailleurs à Maurice de choisir eux-mêmes par qui ils voudraient se faire représenter ».
Ainsi, huit heures après avoir été sensibilisé au problème d’Atma Shanto par la plateforme composée de Reaz Chutto et Jane Ragoo (Confédération des travailleurs du secteur privé), Rashid Imrith (Federation of Public Bodies Union), et Deepak Benydin et Rehama Ameer (Federaion of Parastatal Bodies and Other Union), le ministre a convoqué les parties autour de la table des négociations. Un accord a ainsi été paraphé, hier, entre Shakeel Mohamed, Atma Shanto, Louis Labonne (Cold Storage Workers Union), Hurrydat Parsad (Farm Workers Union), d’une part, et Sonny Wong Lun Sang, d’autre part, dans lequel la direction d’Innodis affirme n’avoir « aucune objection à reconnaître à nouveau Atma Shanto comme négociateur ». Ce dernier et les syndicats ont dû cependant exprimer « leurs profonds regrets si une manifestation tenue contre la direction le 6 novembre de l’année dernière devant les locaux du ministère a pu causer préjudice à Innodis et à son Chief Executive Officer ».
Le ministère du Travail et les syndicats ont réussi, en fin de compte, à amener la direction de la firme à respecter la section 40 (1) de l’Employment Relations Act n°32 de 2008 qui garantit le droit des travailleurs à se faire représenter par un syndicaliste de leur choix. Même si, Innodis a lui aussi obtenu qu’ Atma Shanto demande au préalable la permission d’entrer sur les sites de la compagnie et informe sur les motifs de ses visites.