Les employés du transport en commun et les dirigeants de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), qui avaient placé de gros espoirs dans les négociations avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans le litige sur les salaires et les conditions de service, cachent difficilement leur « grosse déception ». En prenant connaissance des décisions entérinées par le conseil des ministres d’hier au sujet des employés du transport en commun, le négociateur de l’UBIW, Ashok Subron, a souligné que « la teneur des discussions avec le Premier ministre, mardi dernier, n’a pas été traduite dans les décisions ». Le principal grief porte sur les changements apportés par le gouvernement dans la formule d’increment proposée par le National Remuneration Board. Il a ajouté que les dirigeants syndicaux devront se concerter dans les jours à venir pour décider de la marche à suivre, sans vouloir toutefois anticiper toute action envisagée. En ce qui concerne la grille salariale du NRB, l’UBIW a été conseillée d’approcher l’Employment Relations Tribunal en vue d’obtenir un “Variation of the Collective Agreement” conclu avec le patronat le 3 août dernier.
L’UBIW conteste la décision du gouvernement de revoir la recommandation du NRB pour le paiement d’un increment de Rs 175 par an à tout employé du transport en commun, ayant au moins dix ans de service. Le conseil des ministres a opté pour une application en étape de cet increment, toujours après dix ans de service, et ce comme suit :
– Rs 100 pour une période de cinq ans entre la 11e et la 15e année de service;
– Rs 200 pour les cinq ans entre la 16e et la 20e année de service et ;
– Rs 300 pour les cinq ans après la 21e année.
« Cette question d’increment est un des points substantiels dans les revendications des employés des compagnies et opérateurs de bus. Ce que nous pouvons dire, c’est que les décisions du conseil des ministres sont en contradiction avec l’esprit et le contenu des discussions avec Navin Ramgoolam. Il y a quelque temps de cela, le ministre Mohamed avait porté un coup de ciseaux à la grille salariale préconisée par le NRB. Azori, ene nuvo kut ciso in applike avec sanzman dans increment. C’est une grosse déception. Des faucons au sein du gouvernement cherchent la confrontation » déclare Ashok Subron.
Le négociateur de l’UBIW confirme que les membres de l’exécutif du syndicat se réuniront dans les meilleurs délais en vue de procéder à une évaluation de la situation et prendre les décisions qui s’imposent. « Travayer transpor pa pe diland sarute. Saki nou pe dire se bizin respekte saki NRB ine rekomande, samem tout », devait-il ajouter.
En ce qui concerne une autre demande syndicale, soit la mise en application de la grille salariale du NRB, se basant sur le Legal Advice du State Law Office, le gouvernement demande à l’UBIW de soumettre une demande à l’Employment Relations Tribunal pour une variation de l’accord collectif du 3 août dernier. Les autres décisions du conseil des ministres dans le secteur du transport en commun sont les suivantes : le paiement d’une meal allowance après une présence continue de dix heures au travail; le paiement d’une allocation de Rs 12 par kilomètre à tout employé ayant à se rendre au travail sur une distance non-desservie par le bus; les 20 premiers jours d’absence – que ce soit pour les congés annuels, de maladie ou d’accident au travail – doivent être comptabilisés pour le paiement d’attendance bonus; l’élimination de la période de qualification de 230 jours de travail au cours de 12 mois pour se qualifier pour les congés annuels ou de maladie; le paiement d’une meal allowance aux Traffic Officers; le nombre de congés annuels passe de 14 à 16; le remplacement des 30 jours de congé de maladie « on half pay » par des jours de congé de maladie accumulés jusqu’à un maximum de 90 jours; le nombre de jours de congé de paternité passe de trois à cinq sans limite d’enfant; le death grant passe de Rs 3 000 à R 5 000 pour tout employé avec un minimum de 12 mois de service;
la maternity allowance passe de Rs 2 000 à Rs 3 000 sans aucune limite dans le nombre d’accouchements; aucun remboursement par les employés pour des dommages aux bus lors des accidents ou encore de pertes de recettes sous leur contrôle; et des modifications dans le calcul du lump sum à la retraite sur la base de la semaine de cinq jours avec la période d’éligibilité réduite de dix à cinq ans.