Les employés de l’Open University of Mauritius (OUM), regroupés au sein de l’Open University Staff Association (OUSA), se tournent vers le Premier ministre pour faire part de leur ras-le-bol concernant leurs conditions d’emploi, leurs doléances à la direction et au ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah, étant restées lettres mortes. « Las de constater que nos doléances ne sont pas prises en compte par la direction de l’Open University of Mauritius, nous nous sentons obligés de nous tourner vers la presse, comme une première démarche pour faire entendre notre voix », a expliqué le président de l’OUSA, Dev Boodoo, lors d’une rencontre avec la presse vendredi au siège de Federation of Public Sector & Other Unions (FPSOU), à Port-Louis. Il était entouré de Suniti Nundoo-Ghoorah, la vice-présidente du syndicat, et d’Enrico Permall, le secrétaire, entre autres.
Selon Suniti Nundoo-Ghoorah, les doléances de l’OUSA auprès de la direction de l’OUM et du ministère de l’Éducation supérieure sont restées sans réponses. « Ce traitement est inacceptable. On ne peut pas ignorer les problèmes des employés avec autant de dédain », a-t-elle déploré. La vice-présidente de ce syndicat a expliqué que la non-publication des nouvelles attributions (« Schemes of Service ») de la majorité des employés, le gel des promotions, la façon dont les appels à candidatures pour les postes vacants sont effectués, l’écart entre les divers grades dans la hiérarchie ainsi que les mauvaises relations industrielles, sont autant de problèmes qui sont jusqu’ici restés en suspens malgré les nombreuses sollicitations de l’OUSA auprès de la direction de l’OUM et du ministère de l’Enseignement supérieur.
Suniti Nundoo-Ghoorah indique que les employés de l’OUM attendent leurs nouvelles attributions depuis 2012. De ce fait, il y a un gel des promotions depuis deux ans. « Plusieurs employés stagnent à leurs postes, sans aucune perspective de promotion. Certains sont déjà partis à la retraite sans obtenir la promotion qu’ils attendaient », déplore-t-elle. Elle s’indigne également que les appels à candidatures pour les postes vacants ne se fassent plus en interne au préalable. « Les appels à candidatures se faisaient toujours en interne avant de faire appel aux candidats hors de l’OUM », explique-t-elle. « En outre, embaucher temporairement des gens sur les programmes de recrutement ne va nullement résoudre le problème de manque de personnel de l’OUM », fait-elle remarquer.
Enrico Permall affirme pour sa part que « tout cela a causé une énorme frustration au sein de l’organisation ». « Le pire c’est qu’alors que ces problèmes perdurent depuis plus de deux ans, ne voila-t-il pas que le Pay Research Bureau (PRB) nous a convoqués en vue de l’élaboration son prochain rapport. Comment peut-on discuter du prochain rapport alors que depuis le dernier rapport aucun problème n’a été résolu ? », se demande-t-il. « Il y a un manque flagrant de dialogue social à l’OUM ».
« C’est pour ces raisons que nous avons écrit au Premier ministre Navin Ramgoolam pour lui demander d’intervenir en notre faveur et de débloquer cette situation qui devient de plus intenable », indique Dev Boodoo, le président de l’OUSA.