Plus d’un an après avoir obtenu sa reconnaissance syndicale, la SICOM Employees Union (SICOMEU) et la direction de la State Insurance Company of Mauritius (SICOM) ont finalement effectué à la signature du “Procedure Agreement” (accord procédural). L’annonce a été faite par les deux parties lors d’une conférence de presse conjointe hier à la SICOM Tower.
Plus d’un an après l’émission d’un “award” par l’Employment Relations Tribunal (ERT) pour ordonner à la direction de la compagnie d’assurances d’État de reconnaître la SICOMEU comme un “bargaining agent”, l’accord procédural entre les deux parties a finalement été signé. L’accord lie le Syndicat et l’employeur et définit les rôles et les responsabilités respectifs du management et du syndicat tout en établissant les paramètres dans lesquels chaque partie se doit d’opérer.
Ce dénouement intervient, soulignons-le, bien en dehors du délai de 30 jours, comme stipulé dans l’Employment Relations Act (ERA) après l’ordre du tribunal. Interrogé sur les raisons ayant retardé autant la signature de ce document, le Chief Support Officer Gilles Chaperon a esquivé la question en accentuant davantage sa réponse sur « l’esprit de dialogue et d’équipe » au sein de l’organisation. « Il est important que chaque personne se sente bien », a-t-il déclaré. Sailesh Koomar, Chief Operating Officer (COO) de la SICOM, a soutenu que les deux parties se sont concentrées durant tout ce temps sur la rédaction de ce rapport consenti par tout un chacun.
L’affaire de reconnaissance syndicale à la SICOM avait fait couler beaucoup d’encre après la lutte acharnée entamée par le syndicat pour entamer des négociations avec la direction. La SICOMEU a obtenu son enregistrement du Registrar of Association le 5 avril 2013, butant toutefois sur le refus de la direction de la SICOM de le reconnaître en tant que syndicat, la direction arguant qu’il n’avait pas la représentativité de 30% requise par la loi. Le 23 avril 2014, le syndicat avait porté l’affaire devant l’ERT et un vote à bulletins secrets avait été organisé le 19 mai de la même année en vue de déterminer sa reconnaissance. Quelque 76,3% des employés avaient voté en faveur du syndicat. La direction de la SICOM avait également été critiquée dans un rapport de la Commission de conciliation et médiation (CCM) – rédigé à la demande du ministre du Travail d’alors, Shakeel Mohamed, – au sujet de l’état des relations industrielles au sein de la compagnie et la représentativité syndicale.
« Oublier le passé »
Pour les deux camps, conjointement présents face à la conférence de presse hier, il est question désormais de « tourner la page » et de se concentrer sur l’avenir. Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies & Other Unions (FPBDOU) – à laquelle est affiliée la SICOMEU –, a qualifié cette conférence de presse conjointe d’un syndicat et d’une compagnie de « grande première ». Il déclare : « C’est un exemple à suivre pour tous les corps para-étatiques et les compagnies. » Et de souligner que le syndicat a toujours recherché le dialogue avec la direction sur des sujets portant sur les relations industrielles et les conditions de travail. « Le “Procedure Agreement” est l’instrument légal par lequel syndicat et employeur tombent d’accord, et les points soulevés dans ce document sont “binding” pour les deux parties », a fait comprendre Deepak Benydin. Il a souligné que ce document est « primordial pour une bonne entente » au niveau des relations industrielles. « La lutte fut longue », reconnaît-il toutefois, « mais il s’agit désormais d’oublier le passé ».
Sailesh Koomar, COO de la SICOM, a parlé de son côté de la mise sur pied d’un forum au sein de l’organisation, où direction et syndicat se rencontreront régulièrement et pourront discuter des choses en interne. « Le passé, c’est le passé. Nous nous tournons vers l’avenir avec plus de sérénité », a-t-il déclaré.