La situation actuelle au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports est telle que sans aucun doute, les sportifs ne vont pas tarder à en faire les frais. Le moins qu’on puisse dire: c’est un secret de polichinelle que le secrétaire permanent (PS) de MJS, Dev Phokeer, ne communique pas avec l’acting Director of Sports (DOS) et vice-versa, de même qu’avec certains hauts cadres de ce ministère. Les relations industrielles sont arrivées à une telle décrépitude que même le secrétaire du Cabinet et Chef du Service Civil, Suresh Seebaluck, n’a pu « réconcilier » les parties concernées en dépit de sa bonne volonté. Conséquence: cette situation a fait l’objet d’une conférence de presse mercredi de la Gouvernment Service Employees Association (GESA).
?«Au sein de la Government Services Employees Association (GSEA), nous sommes très en colère par rapport aux vives tensions qui prévalent depuis quelque temps déjà parmi le staff au ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette tension, avons-nous appris, est causée par les agissements inacceptables d’un haut responsable de ce ministère que je m’abstiendrai de nommer en public», a indiqué Radakrishna Sadien, le président de la GESA lors de son point de presse de mercredi.  Outre le fait de dénoncer ce qui se «passe» au sein de l’administration du MJS, l’intervenant a souligné que son syndicat, au sein duquel sont regroupées la Youth Officers Union et la Sports Officers Union (les deux syndicats au MJS), a déjà écrit une lettre au Chef du Cabinet  pour dénoncer les «vives tensions» qui existent au sein de ce ministère depuis l’arrivée de Dev Phokeer comme PS.
Le président de la GESA s’est surtout basé sur les faits que Ram Lollchand, qui a plus de 35 ans d’expérience au sein de ce ministre et sur qui ne pèse aucun rapport négatif, n’a pas été encore nommé comme Directeur des Sports. Alors que ce poste est vacant depuis janvier de cette année. « Nous ne comprenons pas le retard apporté dans sa nomination au poste de Director of Sports, poste vacant depuis le 29 janvier 2014», dira-t-il.  Le président de la GSEA a souligné avec force que son bureau a reçu de nombreuses plaintes contre, ce qu’il considère, comme des «reprisals». Outre Ram Lollchand, ces plaintes concernaient aussi le Directeur des Sports Vel Putchay et le Senior Sports Officer (SSO), Dev Putty.
Pas d’increment pour Putty
Dans la lettre qui a été envoyéE au secrétaire du Cabinet, la GSEA explique entre autres que ces trois cadres, dont deux sont des chefs de département sont ignorés dans la prise des décisions et que certains de leurs «officers» ont «assigned a lot of work» sans  discussions et sans autorisation. Dans le cas de Ram Lollchand, il a été expliqué comment il a obtenu gain de cause alors qu’il a porté plainte devant l’Ombudsman pour la fonction publique et comment aussi il a été privé de son droit de participer à la réunion du Conseil International des Jeux (CIJ) à La Réunion, tout récemment, alors que son billet d’avion avait été déjà émis et que le déplacement était autorisé par sa hiérarchie.
Autre fait avancé, l’éviction forcée de Ram Lollchand comme Secrétaire Général de la Commission Jeunesse et Sports de l’Océan Indien (CJSOI) pour qu’il soit nommé comme Directeur des Sports alors qu’il avait déjà toutes les compétences et l’expérience — dont plus de deux ans comme Assistant Directeur des Sports — nécessaire pour la fonction.
Dans le cas de Dev Putty, il est reproché à Dev Phokeer d’avoir «abusé de ses pouvoirs» pour priver ce SSO d’un «increment» auquel il  a droit selon le rapport 2013 du PRB, «sans que ce dernier ne soit informé de la raison de cette décision», a déploré Radakrishna Sadien.
Il a aussi déploré le langage abusif qu’utilise le PS contre les employés de ce ministère et aussi l’absence de communication entre les cadres. Il revient que depuis 18 mois, il n’y a pas eu de réunion de «management» dans ce ministère. Si cette information est confirmée, il va sans dire que nous nous trouvons devant une situation dramatique et on comprend mieux comment certaines décisions sans queue ni tête sont prises.
Devant cette vague de contestation, le PS, Dev Phoker, a indiqué à Week-End qu’il n’a pas eu d’autre choix que de faire une déposition au CID des Casernes Centrales.