La présence à Maurice depuis dimanche de la conseillère du président de la République malgache, Claudine Razaimamonjy, se transforme de jour en jour en embarras politique pour Maurice. Officiellement, l’hôtel du gouvernement n’est en présence d’aucune information relative aux faits qui sont reprochés à cette VIP de la politique à Madagascar et qu’elle serait actuellement admise dans une clinique des Plaines-Wilhems pour des traitements médicaux, qui ne sont pas disponibles dans la Grande Île. D’autres sources avancent qu’elle aurait déjà quitté cette clinique depuis le début de la semaine. Toutefois, la presse malgache fait état d’interrogations au sujet de ce déplacement, qui intervient après l’interpellation de Claudine Razaimamonjy pour des délits présumés de favoritisme, de détournement de fonds et de blanchiment d’argent.
Faisant état de cette évacuation sanitaire depuis lundi sur Maurice, la presse malgache souligne que le syndicat des magistrats avait lancé deux mandats d’interdiction de quitter le territoire contre la principale concernée, mais qu’elle a néanmoins débarqué à Maurice lundi alors qu’elle était supposée être sous surveillance à l’hôpital Joseph Ravaohagry Andrianavolona.
Claudine Razaimamonjy a quitté le sol malgache par un aéronef de la compagnie Madagascar Transport aérien, qui a décollé de l’aéroport international d’Ivato. Sur place, les médecins lui avaient diagnostiqué une dystonie neurovégétative cérébrale, qui nécessite une angiographie cérébrale, soin non disponible à Madagascar. La conseillère du président malgache a donc été évacuée à Maurice, où elle a été admise dans une clinique privée, à Floréal. Sauf que, selon nos recoupements, elle aurait déjà quitté l’établissement.
Du côté du bureau d’Interpol Maurice, aux Casernes centrales, on nous indique qu’il n’y avait ce matin encore aucune demande d’extradition contre la conseillère spéciale. « Elle reste pour le moment libre de prendre l’avion pour quitter le territoire mauricien », explique notre source. Même son de cloche du côté du Passport and Immigration Office, qui avance n’avoir reçu aucun ordre d’empêcher Claudine Razaimamonjy de partir.
La presse malgache soupçonne qu’elle pourrait rejoindre ses enfants en Turquie. Ces derniers ont quitté Madagascar jeudi dernier. D’ailleurs, selon la presse malgache, le syndicat des magistrats de Madagascar dénonce « une évasion organisée ». À Maurice, un responsable du ministère des Affaires étrangères a déclaré n’avoir reçu aucune correspondance des autorités malgaches ce matin.
L’arrestation de « Madame Claudine » agite Madagascar depuis la semaine dernière et son évacuation sanitaire sur Maurice depuis lundi est venue donner une dimension internationale à cette affaire. Le syndicat des magistrats malgaches est très remonté contre les ingérences de la classe politique dans cette enquête. Ce syndicat s’est désolidarisé, jeudi, de son ministre de tutelle en publiant un communiqué dans lequel il informe qu’il n’accepte aucune intimidation et condamne les méthodes « d’interférence » employées actuellement par l’État.