Le président de la République des Seychelles James Michel a quitté Maurice hier après-midi au terme d’une visite de 24 heures dominée par la signature de deux traités se rapportant à la gestion, l’exploration et l’exploitation équitable des ressources des fonds marins de l’espace additionnel du plateau continental des Mascareignes. Des industriels indiens et chinois ont exprimé leur intérêt pour l’exploration de cette zone.
Les deux leaders James Michel et Navin Ramgoolam ont accepté de joindre leurs efforts en vue de la reconnaissance des petits États insulaires en développement (SIDS) comme une entité distincte au sein des Nations unies de manière à ce qu’ils puissent bénéficier des traitements spéciaux et différenciés. Ils ont également exprimé leurs inquiétudes concernant la menace croissante de la piraterie et les effets adverses sur les économies des pays de la région.
James Michel et Navin Ramgoolam, cosignataires des deux traités sur le plateau continental, ont exprimé leur satisfaction concernant la validation de la gestion conjointe par Maurice/Seychelles de l’espace additionnel du plateau continental par la Commission des Nations unies. Celle-ci a confirmé que les deux pays peuvent exercer leur droit de souveraineté sur une superficie de 396 000 km2 dans la partie additionnelle du plateau continental. « This major success story for the two small island States has been achieved through trust, cooperation and a mutual desire to address matters of international and national significance », souligne un communiqué conjoint de Maurice et des Seychelles diffusé hier.
Première mondiale
Présents à la cérémonie, Ransford Smith, secrétaire général adjoint du Commonwealth, et Joshua Brian, conseiller légal du Commonwealth Secretariat, ont observé que la démarche mauricienne et seychelloise constitue une première dans les annales des négociations concernant les limites des plateaux continentaux. « Le Commonwealth a simplement agi comme un facilitateur en vue d’accompagner les deux États insulaires jusqu’à la conclusion de ces accords historiques », souligne Joshua Brian. Pour Ransford Smith, les deux îles jouissent de l’entière souveraineté de l’espace maritime. « La valeur de ces traités historiques paraphés par les deux leaders dépassent les gouvernements actuels et concernent les générations à venir dans les deux États insulaires. Aucun autre pays ne pourra se prévaloir du droit d’explorer cette région sans la permission des deux États. »
Le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell voit dans la conclusion de ces traités l’émergence d’une blue et d’une green economy. Déjà, a-t-il fait ressortir, des industriels indiens et chinois ont approché les autorités mauriciennes en vue d’obtenir un permis d’exploration des fonds marins dans la région de la zone additionnelle du plateau continental. « L’importance que prendra l’économie des océans pour Maurice et les Seychelles dépasse pour le moment notre imagination », a fait comprendre le ministre Boolell.
Un communiqué conjoint diffusé hier soir souligne que le Premier ministre Navin Ramgoolam a réitéré le soutien de Maurice aux Seychelles durant son mandat comme président de la Commission de l’océan Indien (CoI). Les deux leaders ont accueilli favorablement la création d’une zone économique et commerciale dans la région de la CoI. Il a été convenu que la coopération régionale concernant la stratégie touristique sera consolidée. Le principe de l’organisation d’une réunion de haut niveau regroupant les représentants de l’industrie touristique dans la région, les tour-opérateurs, les compagnies aériennes et les leaders politiques a été approuvé.
Réadmission dans l’IOR-ARC
Navin Ramgoolam a accueilli favorablement la réadmission des Seychelles au sein de l’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation (IOR-ARC), avec l’accent mis sur l’implication de l’IOR-ARC dans le domaine de la sécurité maritime. À ce propos, le ministre seychellois des Affaires étrangères Jean Paul Adam a eu une session de travail avec le secrétaire de l’IOR-ARC K. C. Bhaghirath. Jean Paul Adam s’est réjoui que son pays s’est joint à cet ensemble régional qui regroupe pratiquement tous les pays de la région de l’océan Indien à commencer par l’Afrique du Sud en passant par l’Inde, le Singapour, l’Indonésie et l’Australie. M. Bhaghirath a pour sa part observé que la sécurité dans l’océan Indien et la lutte contre la piraterie figurent parmi les priorités de l’IOR-ARC.
Navin Ramgoolam et James Michel ont aussi condamné le terrorisme sous toutes ses formes et ont exprimé leur détermination à lutter contre le fléau de la piraterie. Ils ont salué la création d’un Regional Anti-Piracy Prosecution and Intelligence Centre aux Seychelles.
Les deux pays ont exprimé leur inquiétude concernant les effets du changement climatique sur les petits États insulaires en développement. Ils ont lancé un appel aux pays développés de prendre le leadership pour soutenir les initiatives ambitieuses dans ce domaine en apportant des soutiens techniques et financières aux pays en développement. « Maurice et Seychelles joindront leurs efforts afin de relever les défis des pays insulaires en développement durant la conférence Rio +20 en juin. »
Le président Seychellois a par ailleurs invité avec insistance le Premier ministre mauricien à la fête nationale seychelloise le 18 juin.