La vision de l’organisation islamique saoudienne Rabita est de faire de Maurice un hub régional pour les îles de l’océan Indien et des pays africains. C’est ce qu’affirme le Dr Siddick Maudarbocus, directeur de Rabita (Maurice), qui parle de la lutte contre la pauvreté et d’aide sanitaire vers ces pays à partir de notre île.
« Nous travaillons déjà sur Madagascar où la pauvreté est réelle ainsi qu’au Mozambique et au Zimbabwe en collaboration avec l’Islamic Relief of Saudi Arabia. Nous avons des médecins et un personnel qualifié qui peuvent aider lors des catastrophes naturelles », fait ressortir le Dr Maudarbocus. Selon le directeur de Rabita (Maurice), le rôle de la Rabita consiste également à montrer le vrai visage de l’islam aux autres communautés. Cette organisation favorise l’interaction et le dialogue entre les différentes composantes de l’islam ainsi que la mise en relation avec les autres communautés.
S’agissant du Centre culturel islamique (CCI) où la Rabita est concernée, ayant été à la base de sa création, le Dr Maudarbocus déclare que sa vocation est de proposer des activités islamiques mais aussi des débats et discussions sur l’islam, entre autres. Malheureusement, souligne-t-il, au fil du temps, le centre s’est beaucoup consacré à l’organisation du pèlerinage à La Mecque. « De cette façon, la culture islamique n’a pas avancé. L’islam possède des richesses immenses qui ne demandent qu’à être exploitées », observe le Dr Maudarbocus. Selon le directeur de Rabita (Maurice), de nombreuses activités islamiques et culturelles peuvent être organisées par le CCI. « Nous ne devons pas croire que l’islam signifie seulement les prières quotidiennes », déclare-t-il.
De nombreux maux, affirme par ailleurs le directeur de Rabita (Maurice), affectent notre société. Il cite entre autres la nourriture illicite, le divorce, la drogue et la pauvreté. « Ce sont des problèmes qui sont en train de pourrir notre société. Nous ne devons pas pratiquer la politique de l’autruche. L’on note des problèmes réels dans notre société », fait-il ressortir. Il parle ainsi de formation des imams pour qu’ils puissent débattre et discuter des priorités actuelles lors de leurs causeries face aux fidèles. « Personne ne parle des problèmes qui affectent notre société. À la Rabita, nous encourageons ce genre de causeries et de discussions, une sorte d’interface entre la religion classique et l’explication modérée. Nous avons des savants qui peuvent interpréter les choses pour nous », dit-il.
Le Dr Maudarbocus veut connaître les aspirations des jeunes et ce qui les intéresse. Il souligne que la communauté a besoin d’un master plan qui montrera aux musulmans leur avenir dans cinq ou dix ans. Actuellement, selon lui, les musulmans se querellent sur l’actualité du passé. « Nous avons tellement de choses à faire ; pensons à l’avenir ! », met en exergue le directeur de Rabita (Maurice). Ce dernier travaille aussi sur un autre plan : celui de trouver des emplois pour les Mauriciens dans les pays arabes. De nombreuses demandes nous viennent de ces pays grâce à notre bilinguisme anglais/français, affirme-t-il.
La Rabita a été créée grâce à une Act of Parliament qui date de 1981 pour la promotion de la langue arabe et aussi de l’islam à Maurice. « Le monde change de façon extraordinaire. Nous devons nous adapter. Nous ne pouvons continuer à fonctionner comme l’homme qui a vécu il y a cinq millions d’années », déclare le directeur de Rabita (Maurice). « Nous vivons à l’ère de la connaissance. De ce fait, l’islam doit entrer dans cette connaissance. Il ne faut pas oublier que cette religion était au premier plan dans cette matière, il y a longtemps. Elle doit y revenir. Ce n’est qu’à ce moment que nous pourrons progresser dans cinq à dix ans. »