Ce 6 janvier, les chrétiens célèbrent l’Épiphanie qui, selon l’Évangile, fête la manifestation publique de Jésus au monde. De par sa rencontre avec les rois mages, ce dernier est en effet parti à la rencontre du monde dans toute sa diversité, donnant tout son sens à la dimension universelle du message évangélique. Mais l’Épiphanie, de nos jours, est aussi l’occasion de déguster la traditionnelle galette des rois.
Issu du grec epiphaneia, signifiant « apparition », l’Épiphanie célèbre la présentation de l’enfant Jésus aux rois mages et, par là même, au monde entier. Ce jour coïncide par ailleurs avec le premier « miracle » des noces de Cana ainsi que le jour du baptême de Jésus.
Décrits comme étant « de toutes races », l’un étant noir, et provenant de pays lointains, à « l’est de l’Orient », les trois rois suivirent l’étoile qui les guida jusqu’à Bethléem. Là, ils y trouvèrent l’enfant Jésus et l’appelèrent le « nouveau Roi des Juifs ». Ils s’agenouillèrent devant lui en signe de respect et lui offrirent de l’or, de la myrrhe et de l’encens. L’or de Melchior célébrait la royauté, l’encens de Balthazar la divinité et la myrrhe de Gaspard, la souffrance rédemptrice de l’homme.
Cet événement est riche en symboles. Alors qu’ils sont décrits comme des savants, les rois mages privilégient leur foi à leur certitude. Selon Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco,
« ces personnes sages représentent notre vocation à la lumière du Ciel qu’ils fixaient jusqu’à faire ‘pleurer les yeux du coeur’ », avant d’ajouter : « D’une foi généreuse, ils disent : “Nous avons vu Son Étoile et nous sommes venus… ”. » Mgr Follo poursuit : « En laissant leur palais royaux et leurs certitudes, ces hommes sages ont suivi la “certitude” de l’étoile du Christ. Ils sont arrivés chez l’Enfant qui portait l’éternel Amour dans le monde pour toujours. Ils ne sont pas seulement arrivés chez le Christ, mais “dans” le Christ. »
Une fois arrivés à la grotte, les Rois mages virent un nouveau-né dans une crèche et ont tout de suite su qu’ils étaient parvenus au bout de leur recherche. Débutait alors leur mission : celle de le faire connaître au monde. Ce qui devait surtout les bouleverser, selon Mgr Follo, c’est « un enfant dans les bras de sa mère qui a mis Dieu à notre portée grâce à son “oui” ».
Après avoir adoré le « nouveau Roi des Juifs », les rois mages quittèrent le lieu, non pas pour rentrer chez eux mais pour répandre la lumière qu’ils avaient reçue et contemplée dans leur coeur. Mgr Follo explique : « Aujourd’hui, la lumière de Bethléem continue de resplendir à travers les chrétiens dans le monde entier. Saint Augustin rappelle à ceux qui l’ont accueillie : “Nous aussi, en reconnaissant le Christ comme notre roi et comme prêtre mort pour nous, nous l’avons honoré comme si nous Lui avions offert de l’or, de l’encens et de la myrrhe ; il ne nous manque que d’en témoigner, en prenant une route différente de celle que nous avons empruntée pour venir”. »
Mais la fête de l’Épiphanie, c’est aussi celle de la galette des rois. Dès le Ve siècle, l’Église accorda en effet une importance considérable à cette fête. De tradition française, la galette des rois, servie à l’occasion, était partagée en autant de portions que d’invités, en sus d’une autre portion appelée la « part du Bon Dieu » ou la « part de la Vierge », destinée au premier pauvre qui se présentait.  
Par ailleurs, le 6 janvier a longtemps été plus important que le jour de Noël. En Espagne, c’est d’ailleurs encore le cas. Ce sont en effet les rois mages qui apportent les cadeaux à l’Épiphanie, et non à Noël. Pour les enfants espagnols, les rois mages sont de fait plus importants que le Père Noël. En somme, une forte symbolique peut se dégager de cette célébration : la manifestation de Jésus aux rois mages et, par leur biais, au monde. Cet enfant né dans une étable, symbole de pauvreté et d’humilité, est ainsi une invitation au monde d’aller à sa rencontre avec un coeur de pauvre et d’humble.