« La Fraternité Saint Pie X n’est pas en communion avec l’Eglise catholique », indique dans un communiqué l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat. L’évêque catholique met, ainsi, en garde les fidèles contre, dit-il, « la confusion entretenue » à cet effet.
Mgr Piat indique dans le communiqué de l’évêché avoir reçu du père Duvergé, Supérieur de la Fraternité Saint Pie X pour le District Afrique et océan Indien une circulaire annonçant le projet de construction d’une église à Maurice en vue d’y célébrer ce qu’il appelle « la Messe Catholique Romaine Traditionnelle ».
L’évêque de Port-Louis ajoute qu’il est même précisé que la Fraternité Saint Pie X cherche, à cette fin, à se procurer un terrain et fait déjà appel de fonds. L’évêque catholique souligne que dans la circulaire, le père Duvergé présente le projet comme étant celui de « préserver la foi catholique romaine à l’île Maurice » tout en accusant l’Eglise catholique d’avoir « déformé la doctrine, la liturgie, les sacrements et l’enseignement moral de l’Eglise ».
« J’attire l’attention des fidèles sur le fait que la Fraternité Saint Pie X n’est pas en communion avec l’Eglise catholique », précise, à ce propos, Mgr Piat. Il explique, ainsi, que les pourparlers qui avaient alors été initiés en 2011/2012 par le précédent pape Benoît XVI en vue de « rétablir cette communion » ont échoué. « Je mets, donc, en garde les fidèles catholiques contre la confusion qui est entretenue par la Fraternité Saint Pie X: elle se nomme « Traditional Catholic Church » alors qu’en fait, elle n’est pas en communion avec l’Eglise catholique romaine », souligne l’évêque de Port-Louis.
La Fraternité Saint Pie X a été fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, prélat français qui fut un farouche opposant au Concile Vatican II. Ce dernier qui est décédé en 1991 fut, de facto, excommunié de l’Eglise catholique en 1988 sous le pontificat de Jean-Paul II après sa décision de procéder à l’ordination d’une trentaine d’évêques sans l’autorisation du Saint-Siège. La Fraternité Saint Pie X est connue pour son opposition systématique au modernisme.
Elle s’oppose, entre autres, à l’Eglise issue du concile Vatican II sur des questions touchant à la liberté religieuse, à l’oecuménisme et au dialogue interreligieux, ainsi que par rapport aux relations entre l’Eglise et l’Etat. Des penseurs, notamment catholiques, n’hésitent pas à assimiler ce regroupement à la mouvance intégriste chrétienne.