L’Eglise presbytérienne de Maurice s’est engagée depuis octobre dernier dans la célébration, étalée sur une année, du 40e anniversaire de la Cevaa (Communauté évangélique d’action apostolique), une communauté d’églises en mission, regroupant les églises de la réforme dans 24 pays (soit 37 Eglises membres en Afrique, en Amérique latine, en Europe et dans le Pacifique). La célébration, d’octobre 2011 à octobre 2012, est mise en exergue dans un kit qui a fait l’objet d’une présentation le 23 octobre dernier en l’église presbytérienne de Saint Jean, rue de la Poudrière, Port-Louis. Le livret se décline en trois parties : une introduction, une explication du logo et le programme d’animation pour l’année.
A Maurice, le coup d’envoi de la célébration du 40e anniversaire de la Cevaa a été donné le dimanche 23 octobre dernier en la présence de tout l’état-major de la Cevaa qui s’est déplacé en la circonstance, nommément le ps. Taari Marae, président, le ps. D. Crouzet, vice-président, le ps. Célestin Kiki, secrétaire général, entre autres. Côté mauricien, le clergé presbytérien est représenté par le ps. David White, Modérateur, et le ps. France Cangy.
L’homélie du secrétaire général de la Cevaa
Le ps. Célestin Kiki, secrétaire général de la Cevaa, a prononcé l’homélie du jour, centrée sur la Cevaa, son origine, son développement, ses défis. Cette même homélie, prononcée le dimanche 23 octobre à Port-Louis, l’avait été, une semaine plus tôt, le 16 octobre, à l’Eglise Réformée de France à Batignolles, Paris. D’emblée, le ps. Célestin Kiki a fait un survol de l’origine de la Cevaa, du thème et slogan arêtés pour le 40e anniversaire: « La Cevaa, Communauté d’Eglises en mission, célèbre les 40 ans de son existence cette année 2011. La Cevaa et le Défap ont été créées le 30 octobre 1971 suite à la disparition de la Société des Missions Évangéliques de Paris (SMEP). Le thème proposé de la célébration de ce 40ème anniversaire est « La Cevaa : 40 ans de partage pour témoigner du Christ dans un monde en mutation » et le slogan est : « Cevaa : va avec les forces que tu as ».
Le ps. Célestin Kiki fait ensuite référence à une anecdote pour souligner avec force la vocation missionnaire de la Cevaa, héritée de la SMEP:  « Au cours de l’Assemblée générale de 1964 de la SMEP… le jeune pasteur camerounais Jean Kotto a donné une vigoureuse conférence dans laquelle il a lancé un appel en faveur de l’Action apostolique commune dont voici un bref extrait : « Noirs et Blancs, Malgaches et Polynésiens iront ensemble main dans la main, comme envoyés de l’action missionnaire des Églises francophones, porter le message de salut à ceux qui ne le connaissent pas encore et à ceux qui risquent d’être ballottés et emportés par le vent des opinions non-chrétiennes. »  Et après avoir affirmé que c’est le Seigneur lui-même, par la puissance de son Saint-Esprit, qui rassemblera lesdites Églises en « une communauté nouvelle intercontinentale, supranationale et supraraciale » pour une action missionnaire commune, Kotto se tourne vers le président de la SMEP, le vénérable pasteur Marc Boegner (1881-1970) alors âgé de 83 ans, et dans un tutoiement tout à fait inhabituel, lui lance, citant le prophète Ésaïe : « élargis l’espace de ta tente, déploie les couvertures de ta demeure, car tu te répandras à droite et à gauche, et ta postérité envahira les nations. Ne crains pas, car tu ne seras pas confondu» (Ésaïe 54, 1-4).
Cela rejoint les propos du président de la Cevaa, le pasteur Taari Marae, dans son message pour le 40e anniversaire de la Cevaa: « C’est ainsi que vit le jour la CEVAA, devenue plus tard la Cevaa-Communauté d’Eglises en mission. Cette nouvelle appellation traduit le souci des Eglises membres de souligner le caractère missionnaire qui porte leur action. La Cevaa se veut en effet une Communauté missionnaire de partout vers partout. C’est le principe de la mission sans frontières, après plusieurs siècles de la mission à sens unique, c’est-à-dire du Nord vers le Sud. » Propos qu’il illustre de cet extrait de l’article de L’Illustré Protestant de décembre 1964: «Ainsi, après la mission de grand-papa déjà auréolée de légende, avant que ne décline celle de papa, commençait celle des enfants comme une nouvelle naissance au nom d’une obéissance inchangée. C’était par la pure grâce de Dieu un recommencement, un redépart [sic !] ensemble qui se dessinerait».
Témoigner dans un monde en mutation
Le ps. Célestin Kiki invite à réfléchir sur le thème proposé pour le 40e anniversaire de la Cevaa et propose des pistes susceptibles d’orienter le témoignage chrétien vers les réalités d’aujourd’hui: « Comment témoigner du Christ aujourd’hui dans un monde en mutation ?
— Quelles sont les situations que nous vivons aujourd’hui et qui méritent que nous redonnions espoir à nos contemporains ?
—  Quelles sont dans nos pays ou nos régions les populations fragilisées ou délaissées qui ont particulièrement besoin d’entendre la bonne nouvelle aujourd’hui? Comment pourrions-nous orienter notre témoignage en direction de ces populations ?
—  Comment entrons-nous en contact avec des personnes adeptes d’une religion ?
Que voulons-nous partager avec elles ?
—  Quels sont les combats pour la justice où Dieu nous appelle à nous engager aujourd’hui, en fidélité à sa parole ?
—  Quelles mesures de sauvegarde de la création appellent notre engagement, dans le contexte où nous vivons comme au plan international ?
—  Comment pouvons-nous faire grandir l’unité et la collaboration entre les Eglises dans nos pays et entre les Eglises de la Cevaa ?
—  Comment s’exerce le pouvoir dans nos Eglises ? La gestion de l’autorité est-elle conforme à l’Evangile ?
Voilà autant de questions et bien d’autres qui nous interpellent et méritent des réponses de la part des Eglises et des chrétiens que nous sommes : la mondialisation, les questions des droits de la personne humaine, l’exclusion, les idéologies politiques, les mouvements fondamentalistes, les programmes des médias, les maladies, l’insécurité. Il est temps d’affirmer la primauté du spirituel sur l’économique. Il est temps de promouvoir la vie contre l’esprit d’inégalité et de domination. Nous devons développer une théologie du bonheur comme plénitude de la vie ; savoir concilier contextualisation et mondialisation ; savoir faire face aussi bien au contexte local qu’au contexte global.
Face aux violations des droits de la personne humaine, les Eglises et les institutions de formation théologique doivent prendre une part active dans la lutte contre tout ce qui avilit l’être humain et être des actrices pour la promotion de la cohésion sociale, de la paix, de la justice et de l’amour. Il faudra donc lutter pour la dignité de tout être humain. Dieu a créé les êtres humains libres et c’est un Dieu libérateur, car après 400 ans d’esclavage, il dit à Pharaon : « Laisse aller mon peuple ». Nous devons dire à certains de nos dirigeants politiques et ecclésiastiques obsédés par le pouvoir « laissez aller nos peuples ». La démocratie que l’on veut instaurer doit avoir pour objectif le renforcement des systèmes de vie communautaire et l’invention des systèmes pour s’unir davantage, pour partager et pour vivre ensemble dans l’harmonie. »
Le slogan
Le prédicateur a conclu en soulignant que Dieu donne aux témoins du Christ les forces nécessaires : « Face aux différentes situations de désespoir auxquelles nous faisons face aujourd’hui, Dieu nous donne des forces aussi bien matérielles, humaines, financières que spirituelles. Allons et travaillons avec ces forces. Il nous faut, avec les forces que le Seigneur nous donne, aller à la rencontre de nos voisins, c’est-à-dire de ceux qui nous entourent : croyant autre, malade, migrant, appauvri… »
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Un livret d’animations de 125 pages
Un livret d’animations (125 pages) qui se décline en trois parties, a été produit par le Secrétariat de la Cevaa pour servir de guide en vue d’une célébration intelligente et cohérente du 40e anniversaire de la Cevaa.
La première partie comprend un message du président de la Cevaa, une introduction au livret d’animations, l’explication du logo retenu pour le 40e anniversaire, le programme des festivités et les Animations bibliques.
La deuxième partie présente plusieurs textes écrits par des personnes engagées à divers niveaux dans la réflexion et la pratique de la mission, textes suivis d’un questionnaire autour du thème « Comment témoigner du Christ aujourd’hui ? ».
La troisième partie propose un répertoire de chants.
La période des célébrations
Octobre 2011 (avec ouverture lors d’un culte solennel dans le cadre des assises du Conseil de la Cevaa à l’île Maurice) à octobre 2012 (clôture dans le cadre de l’Assemblée Générale de la Cevaa à Torre Pelicce en Italie).
Durant cette période les Eglises organiseront soit une semaine, soit un week-end de la Cevaa au plus tard le 20 juin 2012 afin de pouvoir faire parvenir au Secrétariat de la Cevaa un compte rendu du déroulement des festivités du 40e anniversaire qui sera utile lors de la cérémonie de clôture en octobre prochain.
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EGLISE ANGLICANE: Le Cordage de Noël et de fin d’année a paru
Le numéro de Noël et de fin d’année de Le Cordage, organe d’information du Diocèse de Maurice, est en circulation. Prix de vente: Rs 25.
Le numéro fait la part belle aux festivités de Noël (articles ‘Bethlehem’ et ‘Advent’ signés Joyce Hill, message de Noël de Mgr Ian Ernest, Parole aux enfants pour la Noël, etc.) et du Nouvel An (programme complet des services dans les paroisses). On lira aussi avec intérêt  les interviews que donnent le chef de l’église anglicane à Maurice, l’archevêque Ian Ernest, et le Pandita Pockraz de l’Arya Sabha.
Le Cordage rappelle l’émission radiophonique ‘Parole sous les Tropiques’ présentée sur la MBC radio chaque dernier mercredi du mois à 19h30.
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EGLISE ADVENTISTE: Le pasteur Eddy Johnson en visite éclair au pays après 35 ans
Le pasteur Eddy Johnson, issu d’une famille où le pastorat se transmet de père en fils, est au service de l’église adventiste depuis plus de quarante ans. En effet, chez les Johnson, le père Lewis a été pasteur de l’église adventiste à Maurice et à l’étranger pendant plusieurs décennies, et un des frères d’Eddy, Karl Johnson, également pasteur, est professeur de théologie en France. Le pasteur Eddy Johnson détient une licence en théologie et une maîtrise en leadership et management.
Avant de se joindre au corps pastoral, Eddy Johnson a travaillé d’abord comme prof au collège adventiste de Phoenix.  Nombreux sont les anciens élèves du collège qui gardent de bons souvenirs des trois frères Johnson (Allan, Eddy et Karl) et de leur soeur, May (cette dernière a épousé Gérartd Viney, un ancien enseignant du college) qui ont étudié ou/et enseigné dans cet établissement scolaire. On en conserve quelques clichés — érudition, personnalité affable, verbe facile, éloquence très terre à terre, tout le cocktail pour subjuguer et tenir en haleine son auditoire, et marquer les esprits pour la vie.
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Professeur de théologie et pasteur
Après des études supérieures en France, Eddy Johnson a enseigné la théologie au séminaire adventiste du Zaïre, puis a exercé comme pasteur au Canada de 1980 à 1996: Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver. Sa carrière dans le giron de l’église adventiste s’est poursuivie en Nouvelle Calédonie où il a été président de la mission adventiste pendant quatre ans, puis directeur de l’Association Pastorale Adventiste de la Nouvelle Zélande.
Eddy Johnson est établi en Australie depuis 2005 et oeuvre en tant que directeur d’un centre communautaire qui propose des thérapies aux drogués, aux personnes qui ont souffert d’abus de toutes sortes, et travaille à la réinsertion des repris de justice dans la société. Marié à Erna, une Islandaise, le couple a deux enfants, Terry et Vanessa et 5 petits enfants, tous en Australie.
En prenant congé de l’île natale, Eddy Johnson s’est dit  navré que le court passage à Maurice, fin décembre 2011 et début janvier 2012,  n’aura pas permis de revoir les amis et autres connaissances. Une prochaine fois, si Dieu le veut!
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Le ps. Gilbert Cangy, No 1 mondial de la jeunesse adventiste
Le pasteur Gilbert Cangy, premier Mauricien à occuper une fonction au niveau de la Conférence Générale, la plus haute instance administrative de l’Eglise adventiste, est en visite à Maurice en ce moment. En effet, notre compatriote a été nommé directeur du département de la Jeunesse Adventiste à la Conférence Générale lors de l’assemblée administrative de cette instance en juin 2010.
Sous l’égide de la Fédération des Eglises Adventistes de Maurice, le ps. Gilbert Cangy animera trois rencontres du 20 au 22 janvier – une réunion spirituelle dans le sud de l’île, un rassemblement national de la jeunesse et une session de formation pour les responsables de la Jeunesse Adventiste.