Les Mauriciens de foi tamoule ont observé le Sittirai Cavadee hier dans les temples du pays pour rendre hommage à Muruga, le fils de Shiva et de Parvati. Ils étaient des centaines à porter le cavadee pour accomplir leur devoir sacré et traditionnel au Hindu Tamulall Siva Soopramaniar, temple érigé au pied du Corps de Garde, communément appelé « l’église montagne ».
Les fidèles ont chanté les louanges du Dieu Muruga tout au long de la procession menant au Hindu Tamulall Siva Soopramaniar. Ils ont récité les versets sacrés entrecoupés de chants pieux, Vel Vel Vel Muruga Vel. Une fois arrivés au pied de la montagne, les dévots ont parcouru les marches menant au temple pour accomplir les rituels qui consistent à verser le lait sur la statue de Muruga.
Avant les célébrations d’hier, les dévots ont observé un jeûne de dix jours et ont été plongés dans des moments de spiritualité intense. Les rituels sont pratiqués dans le respect de la tradition dravidienne. Ces dix jours sont très importants dans la mesure où le dévot se purifie l’âme et tente de maîtriser les sentiments mauvais tels que la haine, la jalousie, la gourmandise et l’avarice. La nuit précédant la fête, les dévots préparent leur cavadee avec l’aide des parents et amis jusqu’à fort tard. Ces structures en bambou sont ornées de feuilles et de fleurs. Tout au long de la procession, les fidèles font des offrandes ou versent de l’eau safranée aux pieds des dévots.
Dans un élan de sacrifice, les dévots se font percer la langue, les joues, le torse, le dos, les bras, les jambes au moyen d’aiguilles. Cavadees colorés sur les épaules, bravant la chaleur estivale et marchant pieds nus sur l’asphalte, les dévots ont exprimé leur foi envers le dieu Muruga. Le jour du cavadee, les dévots se lèvent très tôt pour des prières dans l’autel familial afin de demander la grâce de Muruga. Ils se rendent ensuite à la rivière pour prendre un bain purificateur. Après les ablutions, du lait est versé sur les deux petits sombous (petit récipient en cuivre attachés aux cavadees) ou dans les coudams portés sur la tête. Ce même lait est versé sur la statue de Muruga.