« J’ai remarqué que souvent, les malades sont seuls. Franck Hardy leur donne l’occasion de partager leurs souffrances et de rencontrer des gens », indique le père Philippe Goupille, président du Conseil des Religions qui organise une rencontre interreligieuse ce dimanche de 11 h à 12 h 30 en l’église de Sainte-Croix. Cela, dans le cadre de la Journée mondiale des Religions. Franck Hardy est un cancéreux qui a entrepris une “marche du crabe” depuis le début de ce mois, un parcours qui l’a amené à effectuer jusqu’ici 73 kilomètres à pied à la rencontre des malades. Dimanche, au terme de son pèlerinage, il « ramènera toute cette expérience humaine comme une lumière », selon le Père Goupille.
L’espérance dans la souffrance. Tel sera le thème de la rencontre dimanche. « Nous voulons apporter la relation humaine comme instant de bonheur » devait indiquer le Père Goupille ce matin lors d’une rencontre des membres du Conseil des Religions avec la presse. Comme le témoigne Franck Hardy, ces échanges avec des malades autour de l’île ne changent pas grand-chose quant à la maladie mais sont ô combien réconfortants : « Cela ne va pas changer la manière des gens de voir la maladie. C’est pas de la magie mais c’est de la relation humaine. Cela change leur journée… »
Depuis le début du mois, avec le soutien de l’Association des Brancardiers, M. Hardy a séjourné chez des familles mauriciennes de religions diverses, en écoutant les malades. Dimanche, il leur servira de messager pour transmettre leurs témoignages lors de la prière interreligieuse. Aujourd’hui, jeudi, il visite les malades de l’hôpital Jeetoo (Port Louis). Vendredi, il se rendra à l’hôpital Candos et samedi à l’hôpital Brown Sequard.
D’origine française, marié à une Mauricienne et résidant dans le pays depuis 14 ans, France Hardy s’estime « chanceux d’avoir eu un cancer du sein ». Son message : « Quand vous êtes souffrant, accrochez-vous. » Son espérance : « Continuer mon travail auprès des malades, à être à leur écoute. »
Pour rappel, la Journée mondiale des Religions a été initiée en 1950 par la communauté Bahá’íe des États-Unis et est célébrée chaque troisième dimanche de janvier. Le but est de promouvoir la compréhension entre les religions. « L’humanité a des origines et une destinée communes : elle doit donc oeuvrer pour tendre vers cette union des peuples, cette unité des consciences dont parlent tous les écrits sacrés. » Le Conseil des Religions a vu le jour en 2001 à Maurice à la suite d’une invitation des Nations unies de mettre sur pied un tel conseil.
Dimanche, la rencontre s’ouvrira avec l’interprétation de l’hymne national par un groupe de personnes handicapées. Ensuite, aura lieu un éclairage sur la souffrance à partir des écrits sacrés des diverses religions représentées au sein du Conseil. Franck Hardy apportera par la suite son témoignage et l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, fera une brève intervention. L’évêque de Maurice, Ian Ernest devrait aussi y participer.