La liste des noms dans le cadre du relogement des marchands ambulants à Decaen (Gare Victoria) et à Place l’Immigration (Gare du Nord) a été validée par le conseil de Port-Louis lors d’une réunion jeudi. 1 532 noms ont ainsi été retenus pour le tirage au sort. Cette décision n’a pas manqué de susciter colère et déception parmi des marchands ambulants, regroupés dans des associations et qui ont assisté à la rencontre.
Le dossier des marchands ambulants a été le cheval de bataille de l’administration MMM-MSM lors des élections municipales. Les conseillers élus avaient promis aux colporteurs de la capitale qui faisaient face à une interdiction de travailler dans un rayon de 500 mètres autour du Marché Central par la Cour Suprême, de trouver une solution et de les reloger rapidement. Le Conseil de Port-Louis a ainsi validé hier une liste de noms dans le cadre du leur relogement. Cette liste a été finalisée par un sous-comité institué à cette fin. 699 noms ont été retenus dans le cadre du tirage au sort pour les 606 étals disponibles sur le site de relogement à la Place Decaen (Gare Victoria) et 833 autres pour les 357 étals à la Place de l’Immigration.
Le lord-maire Aslam Hosenally a demandé, lors de la réunion, aux conseillers ayant des proches comme demandeurs d’un étal de sortir de la salle du conseil au moment des votes en vue d’éviter tout conflit d’intérêts. Les conseillers Abbas Mamode, Mohungee, Oozeer, Utimah et Dobah ont ainsi quitté momentanément la rencontre.
La liste des noms a été approuvée à l’unanimité par les membres du Conseil en l’absence de Mahendra Gondeea (voir hors-texte) et de Tawheen Zareena Choomka. Il a ensuite été question de la date du tirage au sort qui désignera les marchands qui bénéficieront d’un étal sur les deux sites, vu le nombre limité de places.
Du côté des représentants de la Street Vendors Association (SVA), l’on affirme que « c’est un coup de massue ». Son président Hyder Raman s’est dit en colère et déçu. Il déclare que le nom d’une cinquantaine de « genuine hawkers » ne figure pas sur la liste validée par le conseil. « Il était convenu que le conseil travaille avec les marchands ambulants pour la finalisation de la liste. Finalement, nous avons été by-pass. Les réunions de consultation ont été organisées pour satisfaire la galerie », avance-t-il.
Pour le président de la SVA, l’absence d’autres consultations avec la communauté des marchands ambulants démontre la « mauvaise foi » du conseil. Même son de cloche du côté du Front commun des marchands ambulants (FCMA). Amit Neeamuth, son président, pointe du doigt le « manque de transparence » par rapport à cette liste de noms. Les deux associations souhaitent ainsi une rencontre avec l’administration municipale et les membres du Conseil en vue de rectifier le tir. Hyder Raman et Amit Neeamuth affirment par ailleurs être les seuls à connaître « les véritables marchands ambulants ».
Dans le camp des colporteurs, on laisse entendre que les étals sur les deux sites représentent l’aboutissement d’une promesse électorale. D’où la crainte d’y voir loger de « faux colporteurs ». Aslam Hosenally soutient pour sa part que seules les personnes ayant répondu à l’exercice d’Expression of Interest et répondant à tous les critères ont été retenues. Un « travail minutieux » a été effectué en ce sens par les inspecteurs de la municipalité avant la finalisation de la liste.
Le conseil se penche désormais sur la date et le lieu du tirage au sort, qui a pour but de déterminer qui des 1 532 personnes bénéficieront d’un étal sur un des deux sites. Dans cette optique, le lord-maire a indiqué que le Mauritius Turf Club a rejeté la demande de la municipalité pour la tenue de cet exercice dans ses locaux. Toutefois, le MTC s’est dit disposé à prêter ses équipements à l’administration. Les Casernes centrales ont alors été approchées. En cas de refus de la police, cet exercice ne sera effectué que dans la salle du conseil municipal. La présence des représentants des marchands ambulants et ceux du comité interministériel sera requise.
Interrogé par la presse à l’issue de la réunion municipale, le lord-maire a expliqué que les marchands auront une période moratoire de six mois. Par la suite, ils auront à payer une location mensuelle de Rs 500. Il a aussi soutenu que la mairie avait envoyé un reminder au comité interministériel concernant l’installation d’une toiture légère pour les deux sites de relogement.