Malgré l’importante mobilisation des inspecteurs de la municipalité de Curepipe ainsi que de policiers opérant jusqu’à fort tard dans la soirée dans le centre de Curepipe, « afin qu’aucun marchand ambulant ne travaille », des colporteurs auraient trouvé la parade pour échapper aux saisies. Certains sous-loueraient en effet les devantures de certaines boutiques des Arcades Salaffa afin d’y écouler leurs produits.
Entre Rs 250 et Rs 500, voire plus, par jour. Tel est le prix qu’exigeraient certains commerçants des Arcades Salaffa à Curepipe pour permettre aux marchands ambulants d’écouler leurs produits devant les magasins. Une situation paradoxale dénoncée par certains commerçants. « C’est choquant de voir que certains commerçants, qui étaient d’avis que les marchands ambulants représentaient une menace pour leurs revenus, soient aujourd’hui de mèche avec ces colporteurs », fait remarquer un boutiquier des Arcades Salaffa. Et d’indiquer : « Ils sous-louent une partie de la devanture de leurs magasins à condition que les marchands ambulants ne vendent pas les mêmes produits que ceux écoulés à l’intérieur. »
Bien que cette « exploitation » ne plaise pas à certains marchands ambulants, ceux se prêtant au jeu disent « ne pas avoir le choix ». Bien que le « loyer » réclamé par les propriétaires de magasins soit jugé « astronomique », celui-ci leur « permet néanmoins de travailler le temps des fêtes », ce qui, disent des colporteurs, « est toujours mieux que d’aller au Forum ».
L’un d’eux, sous le couvert de l’anonymat, refuse catégoriquement d’agréer au projet de relogement proposé par la municipalité de Curepipe. Rappelons que, depuis la semaine dernière, aucun marchand ambulant n’est toléré dans le centre ville. Mais pour les marchand de rue évincés, le Forum représente « la mort lente » de leurs revenus. « En attendant de trouver un espace d’ici l’année prochaine, nous tentons de négocier avec les magasins », dit-il, avant d’ajouter : « O mwin, mwa desam pou kapav gagn ene zafer. » Tout comme lui, de nombreux autres marchands ambulants négocient actuellement avec les boutiques du centre ville.
Du côté du Front Commun des Commerçants de l’Ile Maurice (FCCIM), c’est un autre son de cloche. Cette situation n’étonne guère son président, Raj Appadu. Pour ce dernier, cette politique de sous-location serait pratiquée par d’anciens marchands ambulants, devenus aujourd’hui propriétaires de boutiques. « Ce ne sont pas des membres de notre association. D’ailleurs, ils refusent d’en faire partie car ils savent que ces opérations sont tout à fait illégales. »
À la municipalité, on indique « qu’aucun autre espace, à l’exception du Forum de Forest-side, ne sera désigné dans le centre ville pour permettre aux marchands ambulants de travailler ». Preuve que, malgré les pourparlers, Mario Bienvenu est bien décidé d’appliquer à la lettre sa décision.
Les marchands ambulants, eux, ne l’entendent pas de cette oreille. Selon eux, les modalités exigées par la municipalité pour pouvoir opérer sont « exagérées ». Certains d’entre eux estiment d’ailleurs que « Rs 5 000 ziss pou travay Forum pandan ene mwa li exagere ». Et de poursuivre : « Kot pou gagn sa kass-la ? Nou kone ki nou pa pou regagn kass-la parski dimounn pa pou vinn Forum pou vinn aste de baret ou ene carne. Zot pou pran li dan Curepipe mem. An plis, aster bizin prevwar ene transpor pou al Forum… ».