Le Conseil de la municipalité de Port-Louis (MPL) a adopté le « shift system », proposé par l’administration, comme solution au plan de relogement des marchands ambulants opérant dans la capitale. Cette motion, présentée par le lord-maire Aslam Hossenally hier à la séance spéciale, a cependant provoqué le walk-out des conseillers du Ptr-PMSD. Les marchands ambulants envisagent, eux, de contester la liste officielle établie par tirage au sort pour désigner ceux parmi eux qui pourront disposer d’un étal dans la capitale.
Les conseillers du MMM-MSM, par la voix d’Aslam Hossenally, avaient présenté vendredi dernier le « shift system » lors d’un point de presse. Selon cette formule, 1 737 marchands ambulants pourront opérer malgré les 963 étals disponibles à la Place Decaen (Gare Victoria) et à la Place de l’Immigration (Gare du Nord). Cependant, cette solution « sur une base humanitaire », a essuyé de nombreuses critiques.
D’une part, les principaux concernés, les marchands ambulants, regroupés au sein de la Small Traders Association (STA) et du Front Commun des Marchands Ambulants (FCMA), la qualifient d’irrationnelle et refusent de suivre les propositions de la mairie. Un tel système, « pe al touy bann marsan anbulan-la parski aster-la, bann marsan pe travay zis kinz zour lor trant e li pa normal gagn zis enn saler de kinz zour par mwa », explique Salim Muthy, porte-parole de la STA.
D’autre part, le groupe minoritaire au Conseil de Port-Louis s’est opposé à cette décision, effectuant un Walk-out à l’heure du vote. Les conseillers du Ptr-PMSD ont également fait part aux marchands ambulants que c’est « avec regret » qu’ils ont appris que la motion a quand même été adoptée. Salim Abbas Mamode, du PMSD, a indiqué au Mauricien que les conseillers Ptr/PMSD ne pouvaient cautionner « ce type de décision ». Selon l’interviewé, le cas échéant, c’est le critère d’ancienneté qui aurait dû primer. « Kan ou trouve ou pena plas pou met otan dimoun dan enn plas, se sel kriter ki elizib », soutient-il. D’ailleurs, ce dernier est revenu sur le nombre de colporteurs considérés comme « genuine » par le FCMA mais qui n’ont pas été retenus pour l’exercice de tirage au sort. « 200 marsan zot non na pa finn retenir pou sa ekzersis-la », soutient-il. Il fait un appel pour que le dossier des marchands ambulants soit traité sans tenir compte des affinités politiques.