Conçus pour le relogement des marchands ambulants de la capitale, les sites Decaen (Gare Victoria) et Immigration (Gare du Nord) pourront être livrés dès que le projet de relogement « au complet » sera fin prêt. Le ministère des administrations régionales, qui s’est saisi de ce dossier, estime que le site « Lakaz Kase » situé à proximité du bâtiment LIC « soulagera le quotidien de plus d’un millier de marchands ». Une fois leur étal acquis, ces derniers pourront opérer sept jours sur sept et non selon un système rotatif comme préconisé par la municipalité.
« Si le dossier du relogement des marchands ambulants se fait toujours attendre, c’est parce que les techniciens et officiers du ministère ne comptent laisser échapper aucun détail », précise-t-on du côté des Administrations régionales. Les sites Decaen et Immigration, déjà prêts, attendent d’être livrés. Toutefois, certaines modifications y sont prévues, dont la superficie des étals et des facilités tels que des points d’eau et des toilettes. Ce projet, mené par la municipalité de Port-Louis, allait être concrétisé. « Alors que la municipalité avait déjà tout mis en place et qu’elle commençait l’exercice de tirage au sort, le gouvernement a décidé de se saisir du dossier pour y travailler à sa guise… », soutient Kishan Servansingh, adjoint au lord-maire. Alors que la livraison des sites et le relogement des marchands étaient prévus pour décembre 2013, notre interlocuteur avance que le ministère de tutelle n’aurait pas honoré son engagement. Résultat : « Une situation socio-économique qui ne cesse d’empirer dans la capitale ». La « cacophonie » dans les rues de la capitale à cause de la présence des marchands ambulants et des commerçants remontés – accusant ces derniers de la chute de leurs revenus – sont des éléments dont se plaint la municipalité, qui affirme avoir les « mains liées ». Mais du côté du Front Commun des Marchands Ambulants (FCMA) l’optimisme règne. Si certains marchands ambulants estiment qu’ils seront utilisés comme une « carte maîtresse » dans le contexte des prochaines législatives (d’où le retard dans la livraison des sites, soutient-on), Hyder Raman, président de la Street Vendors Association (SVA) et porte-parole, affirme que le FCMA est là pour travailler et collaborer avec les autorités compétentes. D’ailleurs, notre interlocuteur soutient avoir eu des pourparlers avec le ministre Hervé Aimée. « Tout porte à croire que le dossier avance vite », dit-il.
Le site « Lakaz Kase », qui appartient au ministère des Terres et du Logement, pourrait être cédé aux Administrations régionales pour la concrétisation du troisième site. Grâce à ce nouvel espace, les 1200 marchands reconnus par le FCMA et le ministère pourront opérer sept jours sur sept (le dimanche sera optionnel). « Nous n’avions pas agréer au projet de la municipalité parce que nous avons travaillé à Port-Louis toute notre vie. Nous ne pouvions accepter de travailler sur un shift system afin de permettre à des privilégiés proches des conseillers de la MPL de travailler alors qu’ils ne sont pas reconnus en tant que marchands ambulants. C’était injuste », réplique M. Raman. La nouvelle formule proposée par le GM ravit d’avance les colporteurs qui attendent impatiemment la livraison des sites. Tout porte à croire que le ministère présentera dans les mois qui viennent ce projet de relogement, qui soulagera la artères de la capitale.
En attendant, c’est aux forces de l’ordre de veiller à ce que les voies publiques ne soient pas obstruées par les activités des marchands ambulants…