Est-ce un attrape-nigaud que le leader du MMM, Paul Bérenger, a tendu au Président de la République, Sir Anerood Jugnauth, en faisant voter le principe d’un « remake 2000 » par son comité central ? Cette décision du comité central met SAJ dans une situation embarrassante, pour ne pas dire des plus inconfortables, et qui pourrait déboucher sur une crise institutionnelle. Car elle positionne le Président comme un futur Premier Ministre et le met donc carrément en opposition avec le Premier Ministre.
Dans sa déclaration de presse, le Premier Ministre a clairement indiqué les deux voies pour le Président : soit il se dissocie totalement à travers une déclaration publique avec la décision du MMM, soit il démissionne et fait de la politique partisane, car le Président est avant tout le garant de la Constitution et des lois de ce pays.
SAJ est coincé car avec un Paul Bérenger qui a plus d’un tour dans son sac, il ne sait pas quel coup il va lui préparer. Cela ressemble à l’histoire du serpent qui tient une souris empoisonnée dans sa bouche : s’il le crache il devient aveugle ou s’il l’avale il meurt empoisonné. Voila à quoi serait réduit SAJ.
Et même si ce principe de remake est voté, d’autres questions restent à être débattues entre les deux futurs protagonistes – le MMM et le MSM. Il y a les modalités de l’Alliance avec le partage de tickets et des postes à pourvoir à la haute hiérarchie de l’État. Est-ce que le MMM serait disposé à accommoder un certain nombre de candidats MSM dans ses circonscriptions sûres telles au n° 1, 3 ou 17 ? Ces modalités devront être avalisées par l’assemblée des délégués du MMM, qui l’on sait est farouchement opposé à une éventuelle alliance avec le MSM. D’ailleurs, est-ce que le vote pris le samedi 3 mars est en conformité avec la Constitution du MMM ou les 21 membres représentants des comités régionaux ont voté selon le voeu de ces comités avec au préalable une discussion à fond sur la question ?
Dans ce cas de figure, SAJ se jettera-t-il dans l’arène politique sans qu’il ait des garanties de son futur partenaire ? Est-ce que Bérenger cédera à un MSM, revigoré avec SAJ, exigeant sur le nombre égal de tickets et les postes à prévoir ? Ou Bérenger n’utilise-t-il pas SAJ comme un épouvantail pour mieux acculer Navin Ramgoolam et dénicher une alliance avec ce dernier laissant ainsi SAJ et le MSM « dans caro cannes » ?
Maintenant la grande question pour l’électorat : les électeurs, surtout ceux des régions rurales, voteront-ils pour un Premier ministre âgé de 86 ans ? Est-ce que SAJ sera à même de faire une campagne pour réussir son retour en force ? Les opinions divergent mais il y a un fort courant qui ne favorise pas SAJ. Car pour les prochaines élections, il y a encore trois longues années. On dit toujours que « one week is a long time in politics ». Difficile situation pour SAJ à gérer !