Le leader du MMM Paul Bérenger, samedi, a invité Navin Ramgoolam à un débat civilisé sur la vraie histoire du Parti travailliste (Ptr) entre 1936 et 1948 et sur l’évolution de l’idée de l’indépendance jusqu’en 1968. Le leader du MMM a par la même occasion demandé au gouvernement de revoir la décision de rattacher les responsabilités de l’Asset Recovery Commissionner au bureau du DPP car cette décision dénature le rôle de ce dernier dangereusement, a-t-il soutenu.
Abordant l’histoire du Ptr, Paul Bérenger a observé que Navin Ramgoolam ignore la vraie histoire du Parti travailliste surtout depuis sa création en 1936 jusqu’à la première élection générale digne de ce nom en 1948. « Il ne sait pas comment l’idée d’indépendance a vu le jour depuis 1936 jusqu’en 1968. Navin Ramgoolam a affirmé qu’il n’est pas vrai de dire que SSR était contre l’indépendance. Il n’était pas contre parce que personne n’était en faveur de l’indépendance. Jusqu’en 1959, SSR et les autres n’étaient pas en faveur de l’indépendance mais en faveur de l’intégration à la Grande-Bretagne comme à Malte lorsque Ian Mcloud, ministre de l’Économie, a rejeté cette formule. C’est alors que l’évolution vers l’indépendance a commencé », a soutenu Paul Bérenger.
« Il faut rétablir la vérité sur la vraie histoire du Parti travailliste en 1936 et 1948 et après d’une part venir avec des faits historiques pour montrer comment l’idée de l’indépendance a fait son chemin », a lancé Paul Bérenger. Il a invité par conséquent Navin Ramgoolam à un débat public civilisé. « J’espère qu’il acceptera. Sinon, je ferai un débat public sur le sujet. »
Le leader du MMM a reproché à Navin Ramgoolam de faire un « tralala politique avec les fonctions d’État dont la cérémonie de Kewal Nagar ». Il a expliqué que le MMM a toujours été présent à la cérémonie officielle de dépôt de gerbes au Caudan Waterfront. Le leader de l’Opposition Alan Ganoo était invité cette année mais n’a pu faire le déplacement à la suite d’un cafouillage. « Il n’y a pas eu de boycott de la part du MMM », explique Paul Bérenger.
Abordant le dossier du DPP, le leader du MMM a observé qu’alors que le judiciaire prend un nouveau départ après être passé par des moments difficiles, une question bien grave a été soulevée autour du DPP. Paul Bérenger a rappelé que l’Asset Recovery Commissionner mauricien, tout comme l’Asset Recovery Agency en Grande-Bretagne, na pas fonctionné comme il le faut et s’est révélé être un fiasco. En Angleterre, en 2008, la loi a été amendée afin d’abolir l’Asset Recovery Agency pour la fusionner avec la Senior Organised Crime Agency. Or, à Maurice, l’Asset Recovery Commissionner a été dissout afin de confier ses responsabilités au DPP alors que ce n’est pas le rôle de ce dernier. Le poste de DPP, qui est une fonction constitutionnelle, est défini clairement dans la Constitution afin de garantir son indépendance. « Le DPP est une institution clé qui doit être au-dessus de tout, ne pas être mêlé à aucune polémique et doit inspirer confiance afin de pouvoir jouer son rôle convenablement », a expliqué Paul Bérenger. « Il ne lui revient pas de jouer le rôle de l’Asset Recovery Commissionner, de recruter des personnes pour effectuer des enquêtes, de récupérer l’argent des trafiquants et de décider de la façon dont cet argent sera utilisé. Il y aura inévitablement toute sorte de polémiques et de conflits d’intérêt et par conséquent, des PQ et des PNQ. Le DPP pourrait se retrouver mêler à des questions politiques », a observé Paul Bérenger. « Le rattachement de cette unité au DPP équivaut à la création d’une ICAC bis sans aucun contrôle et avec des pouvoirs illimités en ce qui concerne les enquêtes », a-t-il précisé. « Il suffirait qu’il y ait un doute pour qu’une enquête soit ouverte », a-t-il dit. Paul Bérenger a expliqué que la nouvelle législation a été adoptée en avril 2011 et le bureau de l’Asset Recovery Commissionner a été dissout afin de confier les nouvelles responsabilités au DPP. Une année plus tard, la même loi a été amendée pour apporter des changements fondamentaux, notamment en permettant au DPP d’avoir accès aux comptes des personnes concernées dans les institutions financières sans passer par un juge en chambre comme la loi l’avait prévu précédemment, a affirmé Paul Bérenger. « Le rôle du DPP a été dénaturé dangereusement alors que cette fonction est essentielle pour la stabilité d’un pays », a-t-il dit. À la question de savoir si cette décision est constitutionnelle, le leader de l’Opposition a observé qu’une réflexion a été engagée et cette question pourrait être évoquée à la rentrée parlementaire. Il a demandé que chacun se ressaisisse et revoie cette législation afin de ne pas faire un grand tort aux fonctions de DPP telles qu’elles figurent dans la Constitution. « Nous réservons le droit de porter l’affaire en Cour et d’aller jusqu’au Privy Council », a-t-il dit, estimant qu’il était du devoir de l’opposition de tirer la sonnette d’alarme.
Paul Bérenger s’est aussi élevé contre le projet de fusion de la Banque de Maurice et de la Financial Services Commission (FSC). « C’est une tentative de mainmise de Ramgoolam et de Bheenick sur la FSC. Nous savons ce qu’on a caché et escamoté. Il ne faut pas oublier toutefois que dans six mois ou un an nous serons au pouvoir. Ceux qui cherchent à escamoter pou deor. »
Paul Bérenger a finalement expliqué qu’il a  toutes les raisons d’être optimiste pour Madagascar où le premier tour des élections présidentielles est prévu le 25 octobre et le deuxième tour, en décembre en même temps que les élections législatives.