Intervenant hier en début de soirée au meeting du Remake 2000, rue Dr Reid, Beau-Bassin, le leader du MMM, Paul Bérenger, en a appelé au leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, en vue de faire tomber le gouvernement de Navin Ramgoolam. Et pour cause, « toutes les institutions fondamentales de la République du pays sont en danger et menacées » sous le régime travailliste, estime-t-il.
« Zordi, Navin Ramgoolam ena zis de beki : Xavier-Luc Duval ek PMSD ek bann transfiz ! », a lancé le leader du MMM Paul Bérenger lors du meeting qu’a tenu le Remake 2000 hier en début de soirée à Beau-Bassin, dans la circonscription du Secrétaire général du MMM, Rajesh Bhagwan, qui célébrait pour l’occasion ses 30 ans de députation au N° 20 (Beau-Bassin/Petite-Rivière).
Selon Paul Bérenger, le régime travailliste de Navin Ramgoolam a acheté des transfuges « kouma kabri ». « Mo espere ki Xavier-Luc Duval pou fini par trouv kler, ek pou trouve kot Navin Ramgoolam pe amenn sa pei-la ! », a ajouté le leader du MMM.
Selon l’orateur, le régime travailliste a ébranlé, déstabilisé et pourri toutes les institutions fondamentales de la République de Maurice.
Dans ce contexte, Paul Bérenger a cité nommément le Judiciaire, le Director of Public Prosecution (DPP), le Central Criminal Investigation Department (CCID) de la police, la National Human Rights Commission et la Financial Services Commission.
L’orateur a affirmé que le Judiciaire s’est retrouvé dans une situation très embarrassante depuis qu’on a commencé à accorder la permission aux juges de la Cour suprême de faire de l’arbitrage privé ; puis, le scandale des Secrétaires de juge est venu corser la tension. Et la récente non-nomination du Juge Eddy Balancy au poste de Chef juge par intérim est venue empirer l’affaire, dit le leader du MMM.
« Me la manier ki le Premie minis finn repon a mo PNQ lor Judiciaire dan l’Assemblée Nationale fer mwa per pou le Judiciaire ek pou mo pei ! », a encore commenté Paul Bérenger. Il a alors exprimé des doutes quant à la nomination du Juge Matadeen au poste de Chef juge et de celle du juge Balancy comme le N° 2 du Judiciaire à compter de janvier 2014, avec le départ à la retraite de l’actuel Chef juge Bernard Sik Yuen.
« Mo espere ki le prezidan la Repiblik Kailash Purryag (ndlr : qui procède à la nomination d’un Chef juge) na pa pou swiv move simin Navin Ramgoolam », a-t-il lancé. « Mo gard lespwar ki nou Zidisier pou pran enn nouvo depar, a partir zanvie 2014 », a-t-il ajouté.
Paul Bérenger a d’autre part déploré la polémique entourant les récentes responsabilités confiées au DPP à travers des amendements aux lois régissant ce département. « DPP so rol, ki defini dan Konstitision nou pei, se pa fer lanket lor trafikan ladrog ou bann kriminel ek sezi zot dibien ! DPP so biro inn sekwe », s’est-il écrié.
Du CCID, le leader du MMM a affirmé qu’il est devenu comme la « Gestapo » politique du régime travailliste. Dans ce contexte, Paul Bérenger a cité, entre autres, les démêlés de Me Rama Valayden et ceux du leader du MSM Pravind Jugnauth avec le CCID. « Si sa kontinie, ki sann-la pou ena konfians dan lapolis ? », s’est-il demandé.
L’intervenant a par ailleurs déploré le retard accusé par Navin Ramgoolam à nommer des commissaires à la Commission nationale des Droits de l’Homme. Si cela avait été fait, a-t-il poursuivi, Me Rama Valayden et les condamnés dans l’affaire de l’Amicale auraient pu se tourner vers cette commission pour se plaindre des agissements de la police à leur égard.
« Ramgoolam pena letan pran kont problem pei ! », s’est-il indigné. « Tou sa bann institisyon fondamantal pou nou pei, finn ebranle, pouri ek menase par la fot Navin Ramgoolam ek so gouvernma », a-t-il répété. « Si Ramgoolam fis res ankor o pouvwar, li pou fini sa pei-la parey kouma Ramgoolam per finn fini Moris an 1982 ! »
Le leader du Remake 2000 sir Anerood Jugnauth a pour sa part fait un vibrant plaidoyer pour que Navin Ramgoolam quitte le pouvoir de son propre chef. « Pli li reste, pli pei pou koule, pli li pou vinn inpopiler ek pli li pou gagne bate 60-0 », a-t-il avancé.