Intervenant à son tour, hier, lors de la conférence de presse du Remake de 2000, Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, devait, lui aussi, souligner l’incidence du trafic de drogue sur la criminalité. Il a condamné l’absence, pendant longtemps, « d’intelligence gathering » à partir des signes extérieurs de richesse dans l’affaire en cours qui a pour principal protagoniste le dénommé Gro Dereck et qui aurait pu, selon lui, aboutir plus tôt au démantèlement de ce réseau.
Paul Bérenger évoque, d’abord, les deux derniers déplacements « honteux » d’une semaine de Navin Ramgoolam à Londres. Il souligne que, pour le 2e déplacement, le PM « n’a pas jugé important » de rallier Maputo, au Mozambique, comme initialement prévu en vue d’assister au Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de la Southern Africa Development Community (SADC) où allait, en autres, être abordée la question de la crise à Madagascar. « Il trouve maintenant le moyen d’aller en Afrique du Sud pour la réunion de l’International Socialiste », s’insurge le leader de l’Opposition.
Au chapitre des élections municipales, le leader du MMM estime que le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, « ne comprend rien ». Il soutient n’avoir jamais dit que c’est l’Attorney General, Yatin Varma, qui a conseillé à la Commission électorale qu’il fallait avoir recours à un amendement à la loi en vue de rendre effectives les sanctions nécessaires en cas de non respect de la disposition qui concerne la présentation d’une candidate par arrondissement municipal.
« En fait, j’ai dit que Yatin Varma a déclaré à Alan Ganoo que c’est le State Law Office qui a émis cet avis à la Commission électorale », explique-t-il. M. Bérenger dit attendre « avec impatience » ce que fera le président de la République maintenant que la question a été portée à son intention. En attendant, dit-il, « tout ce dégrade dans les municipalités ». Il cite le cas de l’enfant blessé dans une crèche municipale à Chebel ainsi que les crimes commis sur les terrains en friche des villes-soeurs.
Paul Bérenger parle aussi du problème des marchands de rue qui perdure avec maintenant des étrangers qui s’y mettent ainsi que de l’affaire du mur qui s’est écroulé à Coromandel. Aussi, il est plus que temps, selon le leader du MMM, pour que se tiennent les élections municipales.
CNT et Rose-Belle, « nouveaux scandales »
Lui aussi évoque l’incidence du trafic de drogue sur la criminalité. Dans le cas présent de l’affaire en cours, il condamne l’absence, pendant longtemps, « d’intelligence gathering » de la part des autorités concernées à partir des signes extérieurs de richesse qui auraient pu, selon lui, mener plus tôt au démantèlement du reseau. Pour Paul Bérenger, si la police doit poursuivre son travail, il faut instituer une Commission d’enquête pour faire la lumière sur tout le trafic.
Pour ce qu’il appelle les « scandales », le leader de l’Opposition cite d’abord l’affaire d’appel d’offres pour l’acquisition de nouveaux autobus par la Compagnie Nationale de Transport (CNT). Il déclare que, selon ses informations, c’est  la CNT qui est à blâmer alors que cette dernière, dit-il, veut se débarrasser du problème en le mettant sur le compte du Central Procurement Board (CPB). Le leader du MMM parle « d’appel d’offres taillé sur mesure ». « C’est, dit-il, ce qui n’a pas été accepté par le CPB ». Il trouve que, plutôt que de reconnaître ses torts, le directeur de la CNT « se permet de diffamer le CPB ». M. Bérenger déclare ne pas être satisfait du rôle du ministre du Transport routier, Anil Bachoo, dans cette affaire.
L’autre cas concerne les 350 arpents de terrain de chasse de Rose-Belle Sugar Estate. Alors que, dit-il, l’appel d’offres lancé précise que ces terres doivent être utilisées que pour des besoins d’élevage de cerfs et de chasse, un soumissionnaire a laissé entendre dans la presse qu’il se proposait d’aménager sur place un télépherique et des chalets.
Paul Bérenger avance, par ailleurs, qu’au moment même où les travailleurs luttent en vue d’un « bon rapport du Pay Research Bureau (PRB) » et d’une « bonne compensation salariale », le gouvernement prépare déjà l’opinion à une nouvelle hausse des prix de l’essence et du diesel. Il explique que de mars à juin, le prix mondial a dégringolé de 25% et qu’en juin, il était à son niveau le plus bas depuis 17 mois. Pour le leader de l’Opposition, il ne saurait être question d’augmentation des prix de l’essence et du diesel d’autant que ce sont les consommateurs qui, déjà, paient pour le coût du hedging désastreux.