Les discussions dans le cadre de la préparation de la liste de candidats potentiels pour les élections générales se poursuivent dans une ambiance de compréhension mutuelle, a déclaré Pravind Jugnauth, leader du MSM, lors d’une conférence de presse jeudi à Port-Louis. « Évidemment, chaque parti a ses problèmes… Cet exercice se poursuit et ne sera pas finalisé de sitôt. La semaine prochaine est prévue une autre réunion avec le camarade Paul Bérenger », a-t-il ajouté.
Pravind Jugnauth se dit convaincu que les élections générales se tiendront avant la fin de cette année. « Mon analyse me permet de dire que Navin Ramgoolam n’ira pas au-delà de 2014. Il est donc important de tout préparer. Ces élections peuvent se déclarer aussi très vite », a-t-il fait ressortir.
Commentant le « prétendu raccommodage » entre le PMSD et le PTr suivant le récent conflit entre ces deux partis, il dit trouver que Michael Sik Yuen, l’expulsé des Bleus, a pris du gallon au N°17 (Curepipe/Midlands). « Il se sent pousser des ailes et il est déjà en campagne dans sa circonscription. Il est devenu «enn kok ki pe sante” e li tre determine lor terin ! » Avec le soutien des agents rouges, a-t-il fait remarquer, M. Sik Yuen veut démontrer à Xavier-Luc Duval sa capacité à regrouper ses mandants. Pour lui, cela constitue un autre affront au leader du PMSD qui, a-t-il rappelé, avait publiquement déclaré qu’il ne peut faire partie d’une alliance au sein de laquelle Michael Sik Yuen serait candidat aux élections.
Abordant la question du traité de non-double imposition fiscale avec l’Inde, le leader du MSM est d’avis que le gouvernement agit en amateur. En 2009, a-t-il rappelé, un ancien ministre du gouvernement travailliste avait fait une déclaration provoquant un froid entre Port-Louis et New Delhi. « Nous avions ressenti les conséquences de cette déclaration à un moment où les deux parties étaient disposées à ouvrir les négociations ». Pour lui, certaines personnes à Maurice, à l’instar du PM, pensent « ki zot kapav fer mari ek l’Inde ». Selon lui, les propos tenus par le chef du gouvernement mauricien à cet effet causent un tort immense à Maurice. « C’est de l’irresponsabilité de la part de Navin Ramgoolam vis-à-vis de ce pays ami. Une déclaration irréfléchie risque d’ébranler un secteur aussi important qu’est l’offshore à Maurice. Sur ce dossier, Navin Ramgoolam a failli lamentablement », a-t-il estimé. Pour lui, la solution se trouve dans des discussions cordiales pour que les deux pays sortent gagnants. « Au lieu d’aller à Davos, le PM aurait dû se rendre en Inde pour le traité de non-double imposition fiscale. Ce traité est un dossier prioritaire. Qu’avons-nous bénéficié de Davos ? ».
S’agissant de la démission de Paul Currant, pro vice-chancelier de l’Université de Maurice (UoM), quatre mois après son entrée en fonction, Pravind Jugnauth a soutenu qu’il y a trop d’ingérence politique dans cette institution. « Ce Britannique n’est pas disposé à subir n’importe quoi. D’où sa décision de claquer la porte. L’image de l’UoM est ternie aux yeux des autres professionnels du secteur tertiaire. Nou liniversite pe degringole, pe fini », a-t-il affirmé. Et de soutenir que le gouvernement a donné des instructions à l’UoM d’enregistrer le maximum d’étudiants en vue de faire concrétiser son projet « one graduate per family » ; les frais d’inscriptions seront augmentés, ajoute-t-il.
Pour conclure, le leader du MSM a fait état de son observation sur la situation à Madagascar où un nouveau président élu démocratique a prêté serment samedi dernier. « Nous émettons le voeu que les crises qui avaient secoué ce pays soient derrière le peuple malgache. Prions pour que la stabilité règne avec la formation du prochain gouvernement », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que le MSM s’est réjoui de la présence de Paul Bérenger à la cérémonie de prestation de serment du nouveau président malgache.