Sir Anerood Jugnauth, ancien président de la République et leader du Remake 2000, trouve que le retour dans l’actualité de L’affaire Varma ne serait que “du cinéma” et allègue que tout serait mis en oeuvre pour que l’ancien Attorney General s’en sorte “comme un héros qui n’aurait rien à se reprocher.” Citant par ailleurs l’affaire alléguée de relations sexuelles avec mineure au Mauritius Institute for Training and Development (MITD) ainsi que celle relative à un trafic d’armes allégué, le leader du Remake 2000 dresse un parallèle entre la vitesse à laquelle, selon lui, les enquêtes à l’encontre d’opposants sont conduites et celles concernant des proches du gouvernement.
Sir Anerood allègue que le gouvernement veut utiliser la nouvelle carte d’identité biométrique en vue de “victimiser” les citoyens. Il rappelle qu’au départ une société avait, au terme d’un exercice d’appel d’offres, offert de réaliser le projet pour un montant global de moins de Rs 400 millions. Par la suite, souligne-t-il, le gouvernement a choisi de négocier directement avec le gouvernement singapourien.
Le leader du Remake 2000 explique que ce dernier a alors agi, selon lui, comme “courtier” en confiant le projet à une société privée singapourienne. Cette société singapourienne, soutient-il encore, s’est pour sa part adjoint les services d’un sous-traitant mauricien. Ce qui fait que, selon SAJ toujours, le coût du projet va finalement avoisiner Rs 1,5 milliard.
Affaire Varma : “Du cinéma !”
Sir Anerood cite l’exemple britannique où l’introduction par le précédent gouvernement travailliste d’une carte d’identité biométrique comprenant, entre autres, l’inscription de l’empreinte digitale du détenteur, avait été vivement contestée. Si bien que, assure-t-il, cette question a été déterminante dans la défaite du PTr britannique aux élections générales de 2010. SAJ rappelle que le nouveau gouvernement Conservateurs-Libéraux démocrates a alors choisi d’abolir cette carte.
Il soutient par ailleurs que même les pays les plus avancés ne sont pas à l’abri du piratage et cite l’exemple de Michelle Obama, l’épouse du président américain dont les données d’identité ont été, il n’y a pas longtemps, “hacked” par des cyberpirates. Dans le cas qui nous concerne, il rappelle que la question fait l’objet de procès en Cour suprême quant à sa constitutionnalité ou pas. Mais, déjà, le leader du Remake 2000 assure qu’importe la décision finale de la cour, en cas d’alternance, un gouvernement du Remake s’engage à remettre en question l’émission de cette carte d’identité nationale biométrique.
Évoquant le retour dans l’actualité de l’affaire Varma, SAJ parle de “cinéma”. Il s’étonne du fait que le témoin à charge principal dans cette affaire, à savoir Mario Jeannot, se retrouve dorénavant accusé sous une charge provisoire. Le fait que l’épouse et le fils de ce dernier seraient aussi dans le viseur de la police fait que, pour le leader du Remake de 2000, c’est “le monde à l’envers”. Critiquant la manière de faire de la police, sir Anerood allègue ainsi que tout serait fait pour que l’ancien Attorney General se tire d’affaire “comme un héros qui n’aurait rien à se reprocher”.
Alors que, selon lui, des accusateurs se retrouveraient dans le box des accusés et des accusés seraient blanchis, SAJ dresse un parallèle entre la vitesse à laquelle les enquêtes à l’encontre d’opposants sont conduites et celles concernant des proches du gouvernement. Il cite nommément dans ce cas l’affaire alléguée de relations sexuelles avec mineure au Mauritius Institute for Training and Development (MITD) ainsi que celle ayant trait au trafic d’armes allégué.
S’en prenant par ailleurs directement au Premier ministre, le leader du Remake 2000 critique le temps pris par Navin Ramgoolam pour regagner le pays après son intervention à la tribune des Nations Unies à New York. Sir Anerood assure à cet effet que pendant les 16 années qu’il a été chef du gouvernement, il s’assurait toujours lors de ses déplacements à l’ONU de reprendre le premier vol une fois son discours prononcé. “Je me faisais accompagner par pas plus de quatre personnes”, soutient-t-il aussi.
SAJ critique d’autre part certaines nominations qui auraient eu lieu à la MBC récemment où, allègue-t-il, des “suiveurs incompétents” auraient été privilégiés au détriment de professionnels qui assuraient l’intérim et qui auraient été transférés ailleurs. Il annonce enfin que les dirigeants du Remake rencontreront ceux de fédérations syndicales dans le cadre des négociations pour la compensation salariale. Il leur assure le soutien du Remake pour une compensation “raisonnable” après la baisse “conséquente” du pouvoir d’achat des salariés.