La motion portant sur la remise en liberté provisoire de la Française Aurore Gros-Coissy, arrêtée le 19 août 2011 après que l’ADSU pour possession de 1 680 comprimés de Subutex, est toujours en suspens. Jeudi, la motion a été appelée devant le Bail and Remand Court (BRC) et le magistrat Santokee a suggéré à Me José Moirt, qui agissait comme l’avocat de la détenue, de porter l’affaire en Cour suprême.
Si l’Astor Law Professionals, étude de juristes que dirige Me Rex Stephen et dont Me Moirt fait partie, décide de suivre l’opinion du magistrat de la BRC, ce sera la deuxième fois que la Cour suprême sera saisie de ce dossier. En fait, en juillet 2012, Me Moirt, agissant au nom de l’organisation Assistance et Informations aux Détenus étrangers (AIDE), a déposé une motion devant la BRC, réclamant la mise en liberté conditionnelle d’Aurore Gros-Coissy. Elle a été débattue le 1er août. La Cour a tranché en faveur de la police, qui a réclamé un mois en vue de poursuivre son enquête afin d’éplucher les appels téléphoniques effectués et/ou reçus par la Française. Une autre fois, la police a avancé que c’était pour donner du temps à Interpol de retracer le dénommé Queensley Cornell, qu’Aurore Gros-Coissy avait impliqué comme étant la personne qui aurait placé à son insu les deux colis de drogue dans ses valises.
En novembre 2012, la BRC a rejeté la motion de Me Moirt. L’avocat a alors décidé de recourir à la Cour suprême en vue de contester la décision de la BRC.
Le 1er mars 2013, l’affaire est entendue par la juge Rehana Mungly-Gulbul. La police a demandé un nouveau délai d’un mois, temps que réclame le bureau du DPP pour instruire le procès devant la Cour d’assises. Me Stephen, qui avait paru pour la suspecte ce jour-là, a donné son accord, pourvu que le SLO s’engage à, jusqu’à la fin d’avril, loger le procès formel.
Le délai étant arrivé à terme sans que le DPP ait respecté son engagement, les avocats de la détenue ont décidé de revenir avec une nouvelle motion devant la BRC. Toutefois, après avoir émis des critiques à l’endroit de la police, qui était représentée par l’inspecteur Doobaree, le magistrat devait inviter les avocats de la plaignante à retourner devant la Cour suprême, d’autant que c’est devant cette instance que le représentant de la police avait induit le SLO en erreur.
Joël Toussaint, porte-parole de l’AIDE, a, à l’issue de l’audience, jeudi, tenu à remercier l’Astor Law Professionals, qui paraît pro bono pour la détenue. « Les avocats ont démontré leur détermination à lutter contre les tactiques dilatoires émanant de la police pour garder en détention des étrangers de manière abusive, allant dans certains cas jusqu’à quatre années, alors qu’il sont présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie », a-t-il dit. Par ailleurs, il relève que 63 étrangers sont actuellement en détention, la plupart pour des délits de drogue.