Jean-Roland Delaître, Ram Ruhee et Yves Fanchette ont apporté, chacun à leur façon, leur pierre à l’édifice quant à la réussite et la pérennité des Jeux des îles. Le Conseil International des Jeux (Cij) a tenu à rendre hommage à ces trois pionniers du sport aujourd’hui disparus lors d’une cérémonie tenue hier soir à l’hôtel Gold Crest à Quatre-Bornes. Des plaques du Cij ont ainsi été remises à leurs proches, à savoir, Bernard Delaître, Devi Ruhee et Olga Fanchette.
L’émotion était intense au moment d’évoquer le parcours de ces trois personnalités. Jean-Roland Delaître, qui a aidé au développement du football à travers son équipe, la Fire Brigade, a dans un premier temps occupé le poste de président de la Mauritius Sports Association (MSA), avant de prendre les rênes du Comité national olympique mauricien de 1971 à 85 et celles du Cij de 1975 à 80.
À ses côtés, Ram Ruhee s’est révélé un bras droit efficace en tant que secrétaire général de la MSA. Un poste que ce dernier a occupé de 1971 à 2008, tout en étant un membre fondateur du Cij et membre de cet organisme de 1975 à 2008.
Quant à Yves Fanchette, il a agi comme commissaire des Jeux des îles lors de l’édition de 1985 et secrétaire général du comité organisateur au cours de l’édition de 2003, tous deux tenus à Maurice. Il a également contribué à la traduction en anglais de la Charte des Jeux.
Un vibrant hommage a été effectué par Devi Ruhee à l’égard de son défunt époux. « Le sport a toujours été sa vocation et il a passé la majeure partie de sa vie au développement du sport au niveau local, régional et international. Il existe aujourd’hui la satisfaction du devoir accompli, malgré les moyens limités. D’ailleurs, il a toujours accompli sa mission avec dévouement et honnêteté. Sa fierté a été de placer Maurice sur la carte sportive internationale, d’autant qu’il croyait en un sport unificateur », a-t-elle déclaré, tout en exprimant sa reconnaissance envers le Cij et le Comité olympique mauricien (COM).
Ce même sentiment de gratitude a été exprimé par Philippe Hao Thyn Voon, président du COM. C’est ainsi qu’il qualifiera Jean-Roland Delaître « d’homme au grand coeur » et Yves Fanchette comme le perfectionniste, l’infatigable, le dictionnaire sportif mobile, l’encyclopédie, le travailleur méticuleux de l’ombre et le monument irremplaçable.
Philippe Hao Thyn Voon mettra également en avant le sens de générosité de Ram Ruhee. Celui qui n’hésitait pas à assurer personnellement les salaires des employés du stade George V, quand des problèmes financiers surgissaient au niveau de la Commission de football. « Pour Ram, c’est le sport qui comptait, pas l’argent », soulignera-t-il.
Il évoquera également la fierté de celui qui a permis l’adhésion de l’île Maurice au Comité international olympique au moment de la levée du quadricolore lors des Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. Il a embrassé les cinq membres de la délégation, tout en déclarant : « Aujourd’hui, mon rêve s’est réalisé. Ce n’était pas facile. »
De son côté, Jean-François Beaulieu, président du Cij, a retracé le chemin parcouru depuis les Jeux des îles de 1979. « Nous avons pu organiser huit éditions des JIOI en 32 années. Beaucoup de travail a été accompli et beaucoup d’obstacles ont été franchis. Parfois, les réunions étaient longues de six à douze heures. Aujourd’hui, les jeunes bénéficient du travail de ces bâtisseurs. » Tout en rendant un devoir de mémoire à ces pionniers, le président du Cij a souhaité que le travail se perpétue avec les valeurs de l’Olympisme.
Il est à noter que l’idée d’honorer ces personnalités avait été lancée lors d’une réunion des sous-commissions du Cij tenue à l’hôtel Gold Crest trois ans de cela. Outre les trois Mauriciens, quatorze autres représentants des autres îles avaient été récompensés lors d’une cérémonie tenue lors des derniers Jeux des îles à l’hôtel The Wharf à Mahé. Les plaques avaient alors été remises à Vivian Gungaram, secrétaire général du COM.