Le texte de Week-End sur la connexion maçonnique des démissionnaires du MMM, au terme d’un exercice de recoupements et d’enquête, a créé une certaine panique et provoqué de vives réactions parmi des “frères” qui sévissent dans divers médias et rédactions. Les plus agités auront été les démissionnaires eux-mêmes, à commencer par Raffick Sorefan qui, dès le lendemain de la parution de l’article de Week-End, s’est démené pour multiplier les déclarations affirmant n’appartenir à aucune loge. Surpris par la tournure des événements, deux de ceux qui avaient démissionné en même temps que Lysie Ribot, Dev Ramnah et Soodesh Roopun, ont décidé de prendre leurs distances. Ils seraient d’ailleurs en pourparlers avec le secrétaire général du MMM, Ajay Gunness, en vue de décider de leur avenir politique. Quant à Jayen Cuttaree, il se défend d’être un“recruteur” ou un “parrain” et ne cite que Lysie Ribot comme étant la seule qu’il a véritablement encouragée à entrer au MMM.
Le premier à dégainer aura été le député correctif du No 15 Raffick Sorefan. L’homme à la Porsche rouge aurait eu la désagréable surprise de constater lundi que son cabinet dentaire avait été tagué de petites références pas très aimables sur ses fréquentations, d’où sa vive réaction. L’ancien conseiller municipal travailliste de Quatre-Bornes a vite fait de démentir une quelconque association avec les francs-maçons et, comme si y appartenir était un crime, il a, vendredi, en compagnie des démissionnaires du comité régional du No 15, très bien choyés par lui, annonçé même une mise en demeure contre Ajay Gunness pour l’avoir présenté comme un franc-maçon. Un brin contradictoire, le député a déploré que le leader du MMM a affirmé que “75% des FM sont des bézer” en soutenant qu’il y a des “gens de calibre” au sein de la franc-maçonnerie. Il semble apparemment en savoir un peu plus qu’il ne le dit! To be or not to be? On dirait que l’écartèlement est évident.
L’article de Week-End avait pour but d’apporter un éclairage sur ce qui rapproche la toute dernière catégorie de frondeurs au MMM qui, en sus d’avoir tous été battus à l’élection du Bureau politique, partage aussi d’autres affinités à part leur grande frustration d’avoir été écarté de la plus haute instance du MMM. Ce n’était pas un brûlot anti-maçon mais une mise en perspective des méthodes auxquelles les “frères” peuvent avoir recours lorsqu’ils se sentent marginalisés.
N’en déplaise au nouvel avocat des francs-maçons Jack Bizlall, qui se croit obligé d’avoir un avis sur tout et sur rien, il y a la franc-maçonnerie et il y a aussi les francs-maçons. On aurait d’ailleurs bien voulu connaître sa position sur la situation des femmes au sein des loges auxquelles il a délivré le certificat “raisonnable”. Comme un certain nombre de médias locaux sont infestés de “frères” et que les dénonciations des dérives de certains membres de différentes obédiences sont rarement évoquées, nous faisons état de quelques textes et faits rapportés par de grandes publications françaises, nos loges ici étant largement inspirées de France — lorsqu’elles n’en sont pas les véritables succursales.
Pour l’édification de nos lecteurs, nous reproduisons quelques articles parus chez nos confrères étrangers, dont certains peuvent difficilement être qualifiés de réactionnaires, d’intolérants ou d’extrême droite qui devraient donner une idée de la manière dont sévissent, au sein de la franc-maçonnerie, affaires, copinage et autres travers. 
Les nombreuses affaires en France
Mediapart, publication dirigée par Edwy Plenel et classée à gauche a, en juin 2014, reproduit un article d’Agoravox signé Phillipe Vassé qui dénonce les dérives de la Grande Loge de France. “Il faut dire qu’avec ses réseaux « Françafrique », la GLNF a acquis une réputation d’association plus proche de l’eau sulfureuse nauséabonde que d’un bassin d’éthique morale intransigeante…. La franc-maçonnerie française accumule en effet depuis plusieurs mois scandales, ennuis et affaires troubles”.
S’agissant de l’autre grande obédience française qui a une antenne à Maurice, le Grand Orient de France est logée à la même enseigne que la GLNF, puisque le même auteur évoque “les ennuis au sein de la fédération du parti socialiste du Nord-Pas-de-Calais et les dérives graves, souvent liées à des loges entières du GODF selon diverses sources, que deux livres ont mises en lumière, impliquant des élus et entrepreneurs, dans leur immense majorité membres du GODF, ou sur l’affaire de l’Hôtel Carlton de Lille — avec Dominique Strauss Kahn en ligne de mire — où sont apparus des noms de “frères” soupçonnés de proxénétisme et de détournements de bien sociaux (toujours du GODF)…”
Sur l’affaire dite du Carlton, voilé ce qu’écrivait l’Express de France en décembre 2012 : “Les trois juges d’instruction eux-mêmes n’ont-ils pas écrit, dans une ordonnance datée de la fin 2011, qu’ils voyaient là l’oeuvre de “réseaux francs-maçons, libertins et politiques”? Si rien ne prouve à ce jour que des obédiences sont impliquées en tant qu’organisations, la surreprésentation des “frères” donne au scandale lillois une odeur de soufre.”
Il y aussi eu les dossiers “Guérini” dans les Bouches-du-Rhône et de “la Salle Wagram” à Paris qui semblent aussi impliquer, selon certains, des adhérents de ce même GODF. Dans ce dernier dossier sulfureux, voilà ce qu’en dit le magazine Le Point, qui indique que de hauts responsables policiers, aujourd’hui remplacés, parlaient de “complots maçonnique contre eux, ce qui tend à montrer que, jusqu’en haut lieu, la franc-maçonnerie a une image fort peu éthique”.
Il est aussi fait mention que “la Grande Loge dite du “Droit Humain” a connu en peu de temps la mise en examen et le renvoi devant le Tribunal Correctionnel pour des soupçons de délits financiers publics d’une de ses affiliées, la députée PS Sylvie Andrieux”. Qui peut, après tout ça, croire que les seules loges vertueuses dans le monde ne se retrouveraient qu’à Maurice?