La totalité des entreprises interrogées dans le cadre d’une étude sur la politique salariale à Maurice menée cette année par le Hay Group se préparent à accorder une hausse salariale moyenne de 5 % au début de l’année prochaine. Cette étude a révélé que 90 % des entreprises sondées avaient revu leurs grilles de salaires en 2015, offrant une hausse moyenne d’environ 4,8 %.
Présentée ce matin au Hennessy Park Hotel aux représentants des entreprises ayant participé au sondage, l’étude du Hay Group, firme de réputation internationale spécialisée dans la recherche, la formation en services conseils, en management et en leadership, entre autres, a couvert 117 entreprises dont une quinzaine classées parmi les Top 30 du pays. L’échantillonnage ne cesse de grossir d’année en année – le Hay Group a commencé l’exercice en 2007 – et quelque 19 500 employés étaient concernés par l’édition 2015. Le secteur industriel était le plus fortement représenté (39 % des entreprises participantes), précédant le secteur bancaire (19 %) et les services (17 %). Selon Caroline Piat, directrice de l’agence mauricienne du Hay Group, la majorité (56 %) des entreprises sondées disposaient d’une main-d’oeuvre de moins de 250 personnes. En termes de chiffres d’affaires, 75 % des entreprises affichaient un montant annuel de moins de Rs 1,5 milliard.
L’étude a établi qu’au moins 50 % des employés concernés ont travaillé pour la même entreprise pendant sept ans ou plus et que les personnes se trouvant dans le groupe d’âge 30-40 constituaient la majorité de la main-d’oeuvre des entreprises touchées. La main-d’oeuvre masculine était la plus importante, soit 64 %. L’étude a démontré que les conseils d’administration des entreprises concernées sont constitués de peu d’éléments féminins. « Moins de 5 % », a relevé Caroline Piat. « Il ne faut pas s’en étonner surtout si l’on prend en ligne de compte que seulement 20 % de femmes se retrouvent dans une position de Senior Manager », commente-t-elle. Le poste de Senior Manager, selon elle, ouvre normalement la voie à une candidature pour une élection au conseil d’administration. Or, une tendance à la baisse dans le nombre de femmes occupant une telle position dans l’entreprise a été constatée par rapport aux autres fonctions.
Le Hay Group a également relevé que le mouvement des employés a diminué en 2015, se situant en moyenne à 6 % contre 9 % en 2014. Le cabinet de consultants a aussi noté que le secteur de la technologie informatique est celui où les opérateurs économiques éprouvent le plus de difficulté à recruter. Ils étaient 44 % des sondés à placer ce secteur en tête devant celui de la finance et de la profession comptable (31 %) et le domaine des ventes (25 %). Étonnamment, le Hay Group a constaté que pour les jobs groups pour lesquels il était plus facile d’embaucher, c’est le secteur finance/comptabilité qui occupe la première place (60 %) suivi du secteur administration/support services (55 %) et ressources humaines (35 %). Le mouvement du personnel dans la catégorie “vendeurs” est le plus conséquent (30 %), devant celle de la finance/comptabilité (28 %).
Passant en revue ensuite la politique salariale dans les entreprises sondées, Caroline Piat a indiqué que les principaux facteurs qui influencent le plus sont la compétitivité dans le marché et le niveau des compétences des employés. Trois sondés sur quatre ont placé ces deux facteurs en tête mais on constate également que le niveau d’éducation et les qualifications de l’employé sont aussi fortement considérés (environ 66 %). L’âge de l’employé n’est pas un facteur déterminant (moins de 10 %). À la question de savoir quelle est la fréquence dans la révision de la structure salariale, 48 % des entreprises contactées ont annoncé qu’elles procèdent à une telle révision une fois l’an alors que 24 % ont fait savoir qu’un changement est effectué chaque deux ans. La performance individuelle (autour de 90 %), la compétitivité dans le marché (75 %) et l’inflation (60 %) sont les trois principaux facteurs jouant un rôle déterminant dans la hausse des salaires. Commentant la moyenne d’augmentation salariale que se propose d’accorder l’ensemble des entreprises en 2016, Caroline Piat a déclaré qu’elle se compare favorablement à celles anticipées dans d’autres régions : Amérique latine 9,7 %, Afrique 6,9 %, Europe 3,1 %, Asie 6,8 %, Moyen Orient 5,6 % et Amérique du Nord 2,8 %.
L’étude du Hay Group a également porté sur le pay gap entre ce que touchent les personnes occupant des fonctions importantes au sein de l’entreprise. Ainsi l’écart entre les salaires de base d’un superviseur et d’un manager est passé d’un ratio de 6,9 en 2011 à 7,9 en 2015 en faveur de ce dernier. Pour ce qu’il s’agit de la rémunération fixe (incluant l’allocation de transport, médicale et l’octroi d’une voiture de fonction), il a été constaté que ce sont les secteurs bancaires et autres services financiers qui sont les plus attirants. Le secteur bancaire est parmi ceux qui offrent le plus de bonus ou de fringe benefits aux employés.