Un bras de fer a été engagé entre les travailleurs de Rose-Hill Transport (RHT) et leur direction afin que les conditions de  travail recommandées par le National Remuneration Order soient respectées. Déplorant les mauvais traitements endurés quotidiennement, les employés de la compagnie de transport menacent d’entamer une grève « si les mesures nécessaires ne sont pas prises rapidement ».
Les employés de RHT se sont réunis hier, avec l’appui des responsables de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), afin de relever les nombreuses « défaillances » existant dans leurs conditions de travail. Des heures de travail supplémentaires non rémunérées, de précédentes prises de décision non respectées, des employés menacés d’expulsion pour des raisons qualifiées de « non valables »… Tels sont quelques-uns des griefs soulevés. La colère des travailleurs de RHT et des responsables de l’UBIW les a conduits à menacer Mr Siddharth Sharma, le directeur général de la compagnie, de faire grève si les dispositions nécessaires n’étaient pas rapidement prises. Ces derniers donnent ainsi un délai d’une semaine à la direction afin de rouvrir le dialogue.
« Des grèves ont eu lieu dans les années 70’ afin que les employés du transport en commun bénéficient d’une semaine de travail de 40 heures. Mais à la RHT, on impose 45 heures par semaine aux employés, et ce en dessous de ce que prévoit le “Remuneration Order”. C’est extrêmement grave ! » déplore Imzad Beehary, président de l’UBIW. Selon la section 4.3 du “Remuneration Order” des compagnies de transport public, « work performed in excess of a normal day’s work, exclusive of spreadover and meal time, shall be paid (a) where the worker has been in attendance at work, exclusive of spreadover, for more than 40 hours in the week ». Le deuxième point évoqué est « le peu de temps accordé aux chauffeurs et receveurs, chaque matin, afin de veiller au bon fonctionnement des appareils ». Ces derniers auraient en effet 15 minutes, avant de prendre la route, afin de procéder à la vérification de… 56 items. « Lors de notre dernière réunion, les responsables nous ont dit que, selon eux, ce sont des choses banales à vérifier, que c’est écrit dans le R.O. et que cela fait donc partie de la loi. C’est du harcèlement. Nos travailleurs sont stressés ! », a-t-il ajouté.
Ashok Subron, animateur à l’UBIW, exige pour sa part que les conditions de travail des employés de RHT soient améliorées car, selon lui, « une organisation comme RHT dépend de ses travailleurs ». Il pointe également du doigt le directeur de la compagnie car « selon les points soulevés par le président de l’UBIW, travailler à la RHT est considéré comme de l’esclavage moderne ». Faisant office de porte-parole des employés mécontents de RHT, il déplore également le « manque de respect flagrant des responsables » vis-à-vis de leurs employés. Ainsi, selon lui, « il n’est pas acceptable que les responsables de la compagnie procèdent à des vérifications surprises à n’importe quelle heure de la journée, et ce devant les passagers ». Et d’ajouter : « Il n’a aucun respect pour cette catégorie de personnes. Il faut que la direction comprenne que nous sommes dans un pays où il n’est pas question d’appliquer la loi de la jungle ! »
Une réunion s’est tenue précédemment avec les responsables de la compagnie, mais sans résultat, estime les travailleurs, la prise de décision s’étant selon eux révélée « infructueuse ». Au cours de celle-ci, Siddharth Sharma aurait fait quelques concessions afin d’améliorer les conditions de travail de ses employés, dont des vérifications à des heures spécifiques, mais il se serait par la suite rétracté, provoquant, selon les intéressés, « la suspension de quatre employés ». Selon Wakeel Lalloo, conseiller technique à l’UBIW, « c’est un acte de barbarie », avant de poursuivre : « C’est la première fois de ma vie que je vois un directeur refuser de négocier avec ses employés. De plus, des caméras ont été installées dans les autobus sans le consentement des travailleurs, ce qui n’est pas conforme à la loi. »
Au cours de l’assemblée d’hier, les animateurs ont procédé à un vote à main levée et, à l’unanimité, il a été décidé que « si les choses se passent mal pour les quatre employés suspendus, les employés de RHT prendront leurs dispositions », précisant qu’une grève sera alors entamée dès la semaine prochaine. « Nous demandons aux responsables de RHT de rouvrir le dialogue avec l’UBIW et les délégués syndicaux. Nous comptons sur le ministère du Travail pour qu’il intervienne au plus vite afin d’éviter des tensions au sein de la compagnie », termine Wakeel Lalloo.