Le coordonnateur de la Renal Patients Dialysis Association, Bose Soonarane, demande aux Mauriciens de prendre soin de leur santé et ne pas attendre la dernière minute pour se faire dépister à certaines maladies. « Trop de gens souffrent de maladies rénales. Au moins 1 200 personnes suivent actuellement des dialyses dans les hôpitaux et cliniques privées », alerte-t-il. L’intervenant appelle aussi le ministère de la Santé à être prudent dans sa décision de ne plus recommander de patients pour être dialysés dans les centres privés.
« Au moins 25% des patients sont traités dans le privé, car le nombre d’appareils est limité dans les centres publics. Par exemple, au centre de Riche-Mare, il n’y en a que 26 pour environ 200 patients. Ces appareils sont utilisés chacun pour quatre sessions de trois heures quotidiennement. Auparavant, on n’en faisait que trois et on vient d’en ajouter une quatrième en raison du nombre grandissant de malades », déclare Bose Soonarane. Selon lui, le centre de dialyse de Riche-Mare est « crowded » et si les patients ne sont plus référés au privé, « le nombre d’appareils devra être augmenté dans le public ». Toutefois, « je sais qu’il n’y a pas de place dans les hôpitaux », s’empresse-t-il d’ajouter.
Notre interlocuteur estime que le ministère de la Santé devrait faire construire de nouveaux centres, à proximité ou dans l’enceinte même des hôpitaux, pour abriter une cinquantaine de nouveaux appareils. « Mais, surtout, ne pas louer des bâtiments à droite et à gauche pour abriter les appareils de dialyse », prévient-il.
Au chapitre des traitements, Bose Soonarane évoque des doléances de patients se plaignant de la qualité de l’eau utilisée pour les dialyses dans les centres privés. « L’eau est un élément essentiel dans ce traitement. On utilise celle du robinet dans les centres privés, mais encore faut-il que cette eau soit traitée et qu’on respecte les normes de qualité. Celle du robinet ne peut être mise directement dans l’appareil », relève-t-il, avant de souligner que des tests sont effectués avant d’utiliser l’eau dans le service public. « Les patients connaissent bien leur corps. Zotte kone kan kiksoz pa marse. On ne peut mettre un patient sur cet appareil durant trois heures et ne pas être sûr que le traitement a été bien fait », déclare Bose Soonarane.
Le coordonnateur de la Renal Patients Dialysis Association souligne que ces patients, qui sont déjà dans une situation difficile, ne cherchent qu’une amélioration de leur qualité de vie. « Ce n’est pas une partie de plaisir de subir une dialyse. De ce fait, nous souhaitons que le ministère de la Santé mette à leur disposition des fauteuils spécifiques lorsque ces patients sont en traitement. Nous ne réclamons qu’un meilleur confort, car c’est un traitement difficile et éprouvant », explique-t-il.
S’agissant du nombre de patients en dialyse à Maurice, Bose Soonarane indique que celui-ci est en hausse et devrait atteindre les 2 000 d’ici quelques années. « Cela pèsera alors lourd sur les services de santé », estime-t-il, avant de préciser que le service offert est bon. « Toujours est-il que nous aurions aimé voir un plus grand nombre de néphrologues dans le service public. »
Quant au dépistage des maladies rénales, il se fait « malheureusement » lorsqu’elle a atteint un stade très avancé. « Nous devons être plus responsables quant à notre santé. J’appelle les laboratoires également à proposer des tarifs promotionnels par rapport aux tests médicaux concernant les maladies rénales », souligne-t-il. La Renal Patients Dialysis Association n’a, ajoute-t-il, pas les moyens de mener une campagne de sensibilisation auprès de la population.