Il a déjà connu le Graal à 26 ans, à Londres l’an dernier. Et Renaud Lavillenie affirme qu’il a encore bien des choses à accomplir, d’autres défis à relever. « Les JO, pour y avoir goûté une première fois, c’est tellement magique qu’on a envie d’y retourner encore et encore. Et j’ai cette chance d’être suffisamment jeune pour espérer voir encore un ou deux JO », nous confiait-il hier au stade de Bambous, alors que c’était la pause pour lui et les sept autres perchistes du Pôle France.
Son sacre olympique n’a pas altéré pour autant l’image d’un champion modeste, simple et qui sait garder intacte sa grande passion pour le saut à la perche. Lavillenie a de quoi satisfaire la curiosité lorsqu’il se retrouve sur un site sportif. « Depuis mon succès à Londres, ma vie a un peu changé. Il n’y a pas le même regard sur moi à cause de ma popularité. Je ne passe plus inaperçu et j’ai un peu moins de tranquillité. Ça fait partie du jeu. Mais j’ai eu droit à plus de respect certainement et aussi au plaisir de pouvoir contempler et savourer tout ça », avoue-t-il.
Comment voit-il l’avenir ? « Pour l’heure, l’objectif est d’être devant les autres aux mondiaux de Moscou cet été. La perf viendra en temps et lieu. De toute façon, on sait que la concurrence ça pousse à aller chercher la performance. Les deux font la perf », dira-t-il.
Évoquant la technique de Lavillenie, l’Ukrainien Sergei Bubka, détenteur du record du monde de la discipline, dit de lui qu’« il a très peu de déchets dans ses sauts. Il se concentre bien et possède une vitesse de course d’élan phénoménale liée à une maîtrise technique presque parfaite. Certains prétendaient qu’il était trop petit pour franchir les 6 mètres avec régularité mais je n’ai jamais pensé que c’était un critère pertinent. L’important est le transfert de l’énergie de la vitesse de course dans la perche, et sur ce plan, Renaud n’a pas d’équivalent à l’heure actuelle. » On peut ajouter que Renaud Lavillenie a encore devant lui une belle marge de progression.
Le Pôle France de perche est aussi composé de Valentin Lavillenie, jeune frère du champion, qui vaut 5,70 m, Stanley Joseph, champion d’Europe en salle cet hiver à 5,62 m, Michaël Guillaume (5,50 m), ainsi que la championne de France Marion Lalout, Marion Fiack, la vice-championne (4,50 m), Anaïs Poumarat, 3e aux championnats de France cet hiver, et Chloé Henry, recordwoman de Belgique de la perche avec 4,30 m. Ancien perchiste et entraîneur depuis 1997, leur coach, Philippe D’Encausse, détient pour sa part un record personnel à 5,75 m.