Anne-Dominique Grosvernier, psychopédagogue de nationalité suisse, a consacré la première quinzaine de ce mois à une série de conférences tournant autour du rapport parents/enfants dans le cadre de la campagne « Aimer Généreusement » de l’Église Presbytérienne de Maurice. Elle nous a livré la lecture qu’elle fait de ce rapport. La praticienne suisse a été active en institutions et sur le terrain pendant plus de trente ans.
« Cette campagne de l’Église presbytérienne est intéressante et très utile », dit-elle d’emblée. « Elle souligne bien qu’il est impossible de vivre sans amour : amour des autres, amour de soi, mais aussi amour de Dieu ; cette dimension spirituelle, quelle que soit la religion, est importante dans la vie de toute personne, elle permet de donner un sens à la vie. » Les conférences étant publiques, cette campagne permet d’enrichir les discussions et de placer les parents dans la même position que leurs enfants : à l’école, les enfants sont en effet mélangés et découvrent les autres cultures et religions.
La psychopédagogue pense que la relation parents/enfants est fondamentale pour donner des bases solides aux enfants pour qu’ils puissent acquérir les « outils » qui leur permettront de vivre dans ce monde. Il est important que les parents mettent en place un cadre éducatif solide et sécurisant dès la plus jeune enfance, afin que les enfants puissent développer une bonne estime d’eux-mêmes ainsi qu’une confiance en eux, qui leur permettront ensuite de devenir autonomes et de prendre des décisions saines et réfléchies dès l’adolescence.
« L’éducation sans soucis n’existe pas », clame Anne-Dominique Grosvernier. Élever des enfants est une source de joie, mais également une source de stress, tout particulièrement lors des phases d’opposition qui peuvent entraîner des difficultés relationnelles familiales, sociales et/ou avoir un retentissement scolaire. Mais il ne faut pas dramatiser. « L’opposition est un signe de bonne santé, mais l’enfant doit apprendre à l’exprimer de manière socialement acceptable. » Toutefois, aimer son enfant, ce n’est pas toujours lui dire « oui », c’est aussi lui dire parfois « non » pour qu’il sente que ses parents se soucient de lui et ne le laisseront pas se mettre en danger.