En compagnie de deux jeunes motards indiens, Valsalan, ou PK, est celui qui tient actuellement le haut de l’affiche au cirque Samoa de Bagatelle. Il est le troisième larron à se lancer dans le Globe de la mort en se déplaçant au haut du globe à une vitesse de 70 km/h. À 77 ans, Valsalan défie le temps et malgré un genou fracturé il y a une quinzaine d’années lors d’un numéro de cascade dans le Globe de la mort, l’homme étonne toujours. Sa prestation de mardi au cirque Samoa à Bagatelle n’a laissé personne insensible et lui vaut bien une standing ovation.
Propulsés à plus de 70 km/h, dans une grosse boule connue comme Le Globe de la mort, deux jeunes motards, Munda et Jojo, originaires de l’Inde, font des pirouettes acrobatiques à couper le souffle. Le Globe aménagé dans l’enceinte de la tente du Cirque Samoa à Bagatelle sert d’écrin et les spectateurs auront à attendre vers la fin pour découvrir la ronde explosive des motards cascadeurs. Dans cet espace réduit, ils vont très vite être rejoints par Valsalan, le plus vieux cascadeur qui malgré son grand âge demeure d’une grande souplesse.
Allure, dextérité, il gravite au sommet du globe faisant des va et vient incessants dans un vrombissement de moteurs assourdissants. Pendant que ses deux compères se croisent et s’entrecroisent sans jamais se frôler. Car au moindre contact des engins, c’est la collision assurée pouvant entraîner mort d’homme. Les accidents, les trois motards complices les redoutent, Valsalan en ayant déjà fait les frais il y a quelques années, ce qui aurait pu le laisser paraplégique sans sa force de caractère et son mental de battant. « C’est à l’âge de 63 ans que le choc s’est produit. Deux de mes coéquipiers venaient à toute allure et une des roues d’une des motos s’est détachée et je l’ai eue en plein dans la jambe. J’en garde encore les séquelles puisque je ne peux me déplacer sans une canne. »
Du genre casse-cou
Ce métier de cascadeur, Valsalan l’a appris de son père, son mentor qui pour nourrir sa tribu de sept enfants (six garçons et une fille) avait choisi de se produire en public. « Je suis originaire du sud de l’Inde et le fait d’avoir grandi dans une cité m’a permis d’étudier et de me consacrer à l’art architectural dans un premier temps. Mon père voulait que je prenne la relève car il me voyait un peu casse-cou sur les bords et surtout animé d’une grande passion pour la mécanique. Je n’avais que 14 ans et avec mon père on a visionné une vidéo qui parlait du Globe de la mort. Mon père travaillait alors dans la vente des motos. Très vite, il s’est reconverti en motard cascadeur et m’a entraîné dans ses délires. »
Barbe poivre et sel, la mémoire encore intacte, Valsalan se raconte et dans ses yeux on voit briller une étincelle de joie lorsqu’il confie que ce métier a permis que ses trois enfants aient des postes importants. « Un de mes fils est même mannequin et si tout se passe bien, il pourra décrocher un contrat international. » Lui n’a eu qu’une passion : « Battre des records. » Il a d’abord mis en place une école et parmi, a repéré deux bons éléments en la personne de Munda et Jojo, qui comme lui défient la mort juchés sur leur bolide. « On a créé une forme de distraction qui au départ a surpris puis conquis les fans. Depuis, le Globe de la mort est devenu une attraction en forte demande en Inde. » Valsalan reconnaît que cette discipline est exigeante et le force à adopter une hygiène de vie qui le place hors de tous les éléments négatifs comme la colère, le stress. « Quelques heures de yoga et de méditation sont plutôt conseillées et une nourriture saine et facile à digérer ».
Sa réputation de cascadeur a dépassé les frontières et il confiera avoir pu faire des doublages de cascade pour des films tamils. Ce qui a largement contribué à son succès. Sa reconnaissance, il la dédie à Bruno Loyale, directeur de la troupe qui à travers The Magic Circus Of Samoa lui a permis de faire partie de la tournée mauricienne. « Maurice a une culture proche de l’Inde et j’ai pu facilement m’adapter malgré la forte chaleur estivale. Évoluer dans un cirque vous permet de connaître d’autres pays. L’art n’a pas de frontières et du moment que je peux faire vivre ma famille, je ne compte aucunement raccrocher. Ma femme était une ancienne acrobate reconvertie aujourd’hui en femme au foyer. Moi, j’ai encore d’autres projets qui fourmillent dans ma tête et je compte introduire les filles motards dans le Globe de la mort », conclut-il dans un large sourire.