A Nîmes nous avons rencontré notre compatriote, Etienne Li Ho, où il partage la tranquillité de son domicile avec son épouse Marie-Louise. Nîmes, c’est la ville où le passé romain est peut-être le plus visible et le plus marqué en France. Ce culturiste (et ancien athlète) couronné du titre de Mr. Mauritius dans la première moitié des années 1960, se trouve dans sa retraite nîmoise en un lieu emblématique qui, dans un passé lointain du temps où les Romains occupaient Nîmes glorifiaient des athlètes comme lui : des gladiateurs intrépides qui s’offraient en spectacle dans l’arène de la ville, car le culturiste n’est-il pas par définition un gladiateur pacifique? Le temps d’une escale à Nîmes où nous nous sommes émerveillés devant les vestiges bien gardés de l’ère romaine, nous avons joué les notes de l’évocation avec l’ancien champion du culturisme mauricien, Etienne Li Ho…
— Vous avez été une étoile brillante de l’athlétisme à Maurice dans les années précédant et suivant l’indépendance. Comment êtes-vous venu au culturisme ?
J’ai toujours fait du sport. Déjà en Chine où je suis né, je pratiquais le 100m et je représentais mon école dans cette épreuve. Quand je suis arrivé à Maurice vers l’âge de 10 ans, je repris le sport à l’école. Je faisais des exercices de main libre pour développer les muscles. Tous les moyens étaient bons pour cela. Ainsi, pour faire du bar fix je m’agrippais aux rebords en tôle de la maison. Puis j’ai eu la chance de rencontrer Yves Koo, un culturiste connu, qui m’a encouragé dans ma voie. Vers 1964, j’ai fait mon entrée au Typhoon Club au Chan Chak à la rue Arsenal pour faire du culturisme sérieusement.
Vous avez connu des moments de gloire dans ce domaine. Racontez-nous…
J’ai passé deux ou trois ans à consolider mon art au Typhoon Club à Port-Louis, puis je suis allé habiter Rose-Hill où j’ai adhéré, d’abord, au club Stanislas en 1966, ensuite au club Trojan en 1967. J’ai participé à des concours de beauté plastique régionaux et nationaux, et j’ai remporté, tour à tour, les titres de Mr. Rose-Hill (junior et senior), de Mr. Mauritius (junior et senior) pour couronner le tout avec celui de Mr. OCAM en 1973 et conclure, quelque temps après, avec le titre de Mr. Double Ten au Chan Chak, ce qui a été pour moi un véritable retour aux sources car c’est en ce lieu mythique de la rue Arsenal que j’avais commencé ma carrière de culturiste. Ce dernier concours, ouvert aux athlètes de la communauté chinoise et qui avait vu la participation de France Fan Cheong, Henri Leong, Harold Lee Vang, entre autres, avait été organisé à l’occasion de la fête de la Chine nationaliste qui a lieu le 10 octobre, d’où le titre Double Ten donné au concours.
On n’a plus entendu parler d’Etienne Li Ho à Maurice depuis une quarantaine d’années. Où était passé notre Mr. Mauritius ?
Je me suis installé à la Réunion où j’ai passé sept ans, ensuite je me suis rendu en France où je réside jusqu’à ce jour. J’ai épousé une Réunionnaise et nous sommes les heureux parents de quatre filles et de deux petits-enfants.
Etes-vous revenu au pays natal depuis ?
Quand j’habitais à la Réunion, je passais à Maurice presque tous les mois pour affaires. Puis nous sommes partis pour la France d’où nous sommes revenus à la Réunion en 1992 pour trois ans. En 1993, ma mère est décédée à Maurice et j’y suis venu pour les funérailles. De la France, je suis revenu à Maurice avec mon épouse en 2011 pour un séjour de six mois.
Vous êtes maintenant à Nîmes. Qu’y faites-vous ? Faite-vous toujours du culturisme ?
Je suis à la retraite. J’ai tenté d’immigrer en Hongrie en 2007, mais j’ai dû revenir à cause de la complexité de la langue hongroise. Et depuis six mois, maintenant que j’ai le temps pour cela, j’ai repris avec le culturisme, question de garder la forme et de renouer avec un ancien amour.