Curepipe, non loin du cinéma Novelty, Géraldo Thomasoo, champion de boxe française savate, et son épouse Karen, chorégraphe et danseuse, ont ouvert une école qui propose différentes disciplines sous un même toit : taebo, boxe française savate, gym, arts martiaux et danse. Leur souhait : faire de cet endroit un parcours de santé. Portrait croisé de ce couple hors du commun qui partage la même passion.
Le crâne rasé, la démarche souple et agile, Géraldo Thomasoo se met en condition. Dans quelques minutes, il donnera des cours d’aérobic et de boxe française savate à des passionnés comme lui. Dans sa classe, Chloé Loir, une jeune fille de 15 ans, est venue s’inspirer de son mentor. Elle est rapide dans ses mouvements. D’ailleurs, elle a été vite repérée par Alain Aliphon, un autre entraîneur, qui l’encourage à persévérer et à se présenter dans un championnat de boxe française junior. Entre-temps, d’autres mordus de la discipline s’échauffent en attendant le début des cours.
Géraldo Thomasoo coordonne le tout. Très vite, il s’est fait un nom dans la région de Curepipe. Il confie que depuis son plus jeune âge il s’est pris de passion pour la boxe. « C’est Mario Bienvenu, un ancien champion du monde dans cette discipline, qui m’a appris la boxe française savate car cette technique vient des marines de l’armée française. À 18 ans, je faisais déjà partie de la sélection de Maurice. » Huit fois champion de Maurice, deux fois champion d’Afrique, deux fois champion du monde, quatre fois champion océan Indien, il ne compte plus ses prouesses. Il se décrit toujours sur le ring comme un battant. « Ce qui me motive, c’est l’envie de gagner. C’est plus pour ma satisfaction personnelle. »
Enrichissement
Champion du monde d’assaut et de combat, c’est ainsi qu’il se décrit. À 32 ans, le jeune homme compte un beau parcours et n’hésite pas à dire que la boxe française c’est sa vie. Il se remémore encore ce 2 décembre 2005, où il avait été sacré champion du monde de boxe française savate dans la catégorie 60-63 kg, ce qui lui a valu le titre de sportif de l’année 2005. Également passionné de foot et fan de Liverpool, Géraldo Thomasoo occupait le poste de défenseur central dans une équipe de Cité Attlee où il résidait. Mais faute de pouvoir concilier ses horaires d’entraînement et son travail, il a fini par abandonner et se tourner vers la boxe française alors dispensée par Mario Bienvenu, un ancien champion du monde de cette discipline, dans son école au Centre Fraternel à Cité-Attlee, les cours du soir étant plus appropriés au jeune Thomasoo.
« Tout est parti de là. » La Municipalité de Curepipe qui a cru en lui, lui a donné la possibilité de mettre sur pied son club, connu comme le Club Curepipe Boxe Française savate.
De son parcours, on retient également qu’en 1996, il avait intégré la sélection nationale et bien qu’étant dans la catégorie junior, il a décroché le titre de champion de Maurice dans la catégorie senior des 54-57 kg. En 2000, aux championnats du monde d’assaut à Paris, il se classe onzième. Et à 22 ans, il est sacré champion de Maurice, champion de l’océan Indien et champion d’Afrique catégorie super plume.
Géraldo Thomasoo n’est toutefois pas homme à s’attarder sur ses mérites. Il est avant tout un homme d’action qui se bat pour encourager les jeunes à pratiquer un sport. « Le sport est une ouverture et sert de tremplin pour pouvoir mieux se positionner dans la vie. Quand j’ai lancé ce club, j’avais pour ambition d’avoir sous le même toit plusieurs disciplines. C’est dans le domaine du possible aujourd’hui. Ma femme Karen enseigne la Zumba et Yassin, les arts martiaux. Cette fusion fait au final l’enrichissement de chaque élève. »
Développer son self-esteem
À Curepipe, Géraldo Thomasoo enseigne tout au long de la semaine la gym, le taebo et la boxe française savate. « Les plus vieux du groupe sont dans la quarantaine. Mais Chloé, 15 ans, et un garçon de 8 ans suivent également les cours. Il faut connaître les techniques de base et surtout avoir cette envie de s’entraîner. Cela demande beaucoup de persévérance, de passion. Dans ce sport, il faut développer ses propres gestes et avoir de la rapidité. Pour rassurer les filles, la boxe française ce n’est pas des coups de poing au visage, elle aide à développer son habileté, son endurance, et surtout son self-esteem. »
Géraldo Thomasoo se souvient de son combat face à l’Italien Alexandro Curvo. Il avait alors 26 ans. « Je l’ai remporté par 3-0. J’avais utilisé des balayages et j’avais contraint l’Italien à la faute, qui a été cinq fois au tapis. Je suis alors devenu un des favoris. Je suis aussi moniteur de gym. J’ai enseigné chez Body Tic. Aujourd’hui parallèlement à la boxe, je donne aussi des cours de taebo. »
Au club, les absences se font très rares. Géraldo Thomasoo, encadré par Alain Aliphon, un autre entraîneur, apprend les techniques aux membres tout en leur inculquant cette envie de se surpasser. « Je me suis toujours considéré comme un gagnant même dans la défaite. Il faut garder cette volonté d’y arriver sans jamais décrocher. Tout combat doit se vivre mentalement avant de monter sur le ring. Toute réussite dépend d’un travail sérieux. »