Il devient de plus en plus compliqué de décrocher un contrat pour chanter dans les hôtels. De nombreux artistes en ont fait l’expérience ces dernières années. C’est également le cas pour Hervé Colin qui, après une longue carrière de 36 ans, peine à trouver du boulot. Après avoir écrit à une trentaine d’hôtels, sans succès, c’est au Caudan Waterfront qu’il a été engagé pour deux shows par semaine. Il parle de la difficulté d’exercer le métier de chanteur à Maurice, sans pour autant jeter la pierre aux autres.
Il est surtout connu pour ses reprises d’Elvis. « Mais mon répertoire est beaucoup plus large », précise-t-il. Hervé Colin est une figure connue du milieu artistique mauricien. Entre ses tours de chants et ses imitations, il a fait son parcours, passant de l’animation dans les hôtels, les centres commerciaux, ou des fêtes pour enfants. Mais gagner sa vie comme chanteur n’est pas aussi évident, comme l’ont souvent témoigné d’autres avant lui. Particulièrement dans un contexte où le marché est restreint.
Ces six derniers mois, Hervé Colin a écrit « une trentaine de lettres » à des hôtels en vue de décrocher un contrat, mais sans succès. « Depuis quatre ou cinq ans, je ne suis plus dans les hôtels. Je m’étais concentré sur les centres commerciaux et les fêtes d’enfants, car je fais aussi le clown et des jeux. J’ai voulu retenter ma chance, mais je constate que ce n’est pas évident. »
Hervé Colin dit d’emblée respecter tous ceux impliqués dans l’animation des hôtels. « Je ne suis pas en concurrence avec les orchestres. Moi, je fais du karaoké. Il y a de la place pour tout le monde. Cela peut aller d’un orchestre jouant de la variété à un groupe faisant du séga, en passant par un trio. » C’est pour cela, dit-il, qu’il a diversifié son répertoire depuis longtemps. « Il y a de l’Elvis, mais aussi du Cliff Richard, de la chanson française, de la country… »
Récemment, Hervé Colin a été engagé pour deux shows au Caudan Waterfront. Il sera en scène les 23 et 30 juin. L’occasion pour lui de revenir à la rencontre du public. Parlant de son métier, il avoue devoir faire face aux remarques et critiques par moments. « Souvent, quand je dis que je suis chanteur, les gens me répondent : “c’est tout ?” » Or, affirme Hervé Colin, être chanteur est un métier à part entière. De même, il estime que chaque métier a sa valeur.
Son aventure dans la chanson a démarré alors qu’il n’avait que 18 ans. C’était au Lycée Labourdonnais. Depuis, il a pris goût et en a fait son métier. Aujourd’hui, tout ce qu’il souhaite, c’est de pouvoir continuer à gagner sa vie grâce à sa passion. L’un de ses meilleurs souvenirs est d’avoir été accompagné par les musiciens de Jean-Jacques Goldman. « C’était au Pullman. Quand je suis monté sur scène, j’ai demandé s’il y avait des musiciens dans la salle qui voudraient m’accompagner. Des personnes sont en effet venues me rejoindre sur scène et ce n’est qu’après que j’ai reconnu les musiciens de Jean-Jacques Goldman, qui était de passage chez nous. J’ai fait trois chansons avec eux et cela m’a donné des frissons. »
Quand on lui demande s’il n’est temps d’évoluer, de changer de registre pour s’adapter aux besoins du marché, Hervé Colin reste positif : « Dans un hôtel, la clientèle est variée. Il y a toujours des clients qui aiment écouter de l’Elvis, d’autres qui aiment la chanson française… C’est pour cela que je dis qu’il y a de la place pour tout le monde. »
Pour l’heure, sa grande joie sera de retrouver la scène au Caudan Waterfront les 23 et 30 juin, de midi à 14h. Le répertoire sera composé de chansons françaises, de country, de tubes des années 60’ et, bien sûr, d’Elvis.