À 52 ans, Jay Nundoo est le parfait exemple que l’on peut réussir sa reconversion quel que soit son âge. Cet ex-taximan de Trois-Boutiques, à Union-Vale, a en effet abandonné son métier pour devenir tour-opérateur. Il explique comment, à force de persévérance, il a su se forger une réputation dans le milieu, et ce grâce au « bouche à oreille ». Gros plan.
Jay Nundoo a 52 ans. Jadis chauffeur de taxi, cet habitant de Trois-Boutiques (Union-Vale) a décidé de quitter son métier pour devenir tour-opérateur. Mais s’il peut aujourd’hui se targuer d’avoir réussi sa reconversion, c’est que Jay Nundoo à un truc : le « bouche à oreille ».
Son parcours n’aura toutefois pas été simple. L’homme débute comme chauffeur privé à la maison du Cadiar. En 1995, avec l’aide de sa femme Shreedevi Ganga, il crée Mandron Touring, dont le nom a été inspiré par le prénom de son père. Diorella Armoogum, son associée depuis 2005, explique la genèse de l’idée de Jay Nundoo. « Il a créé cette entreprise pour répondre aux besoins des Mauriciens lorsqu’ils allaient à Paris. Ils avaient besoin d’une assistance. Il fallait créer une structure pour le déplacement de Maurice à l’Europe. »
Diorella Armoogum apporte un autre éclairage sur cette aventure professionnelle. Selon elle, si Jay Nundoo a réussi à monter son entreprise, c’est grâce aux clients qu’il s’est fait au fil des années. « Il a pu bâtir son entreprise au fur et à mesure, en fidélisant sa clientèle. De là, il a commencé à personnaliser ses services. »
La Mandron Touring offre notamment des services tels que le transport et la location d’appartements. « Il y a cette nostalgie mauricienne. Pouvoir parler la langue locale, c’est important », fait ressortir Mme Armoogum. Et d’ajouter : « II se porte garant en ce qui concerne la location d’appartements. »
Mais tout n’a pas été sans mal. Ainsi, les associés de la Mandron Touring ont éprouvé quelques difficultés avant de pouvoir se faire connaître. « On s’est servi du bouche à oreille. Il fallait obtenir la confiance des gens. On a dû travailler dur pour obtenir des fonds. »   
La crise de l’euro a-t-elle eu un impact sur l’entreprise ? « Oui », répond sans hésiter M. Nundoo, du moins au début. « Au commencement, cela a eu des répercussions. Ensuite, avec la montée du dollar, tout est redevenu normal. Comme j’ai des clients américains, je n’ai aucun problème. »
M. Nundoo estime que la baisse de la venue de touristes français à Maurice résulterait du fait que les tarifs de la destination restent trop élevés. « La destination est trop chère. Je suis venu avec ma femme et mes trois enfants et nous avons payé 1 500 euros chacun. Pour cinq personnes, ce tarif est élevé. Les Français préfèrent se rendre en Tunisie, destination qui leur coûte environ 400 euros, hôtel et billet d’avion compris. »
L’ancien taximan reste toutefois optimiste. « Si les tarifs baissent, Maurice accueillera de nouveaux beaucoup de touristes. » En attendant, Jay Nundoo se rend une fois chaque année à Maurice. Quant à son associée, elle vient un peu plus souvent, soit deux à trois fois par an, et ce pour promouvoir son entreprise.