Après une année de coupure dans le dialogue collectif, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, a repris le chemin de la table ronde jeudi avec les présidents de 40 fédérations sportives reconnues par son ministère. Ce dialogue — si on peut bien parler de dialogue tant certains ont brillé par leur silence — a eu lieu au NPF Building à Rose-Hill avec pour objectif de mettre en place en début d’année une interactivités entre les fédérations et celui qui détient les cordons de la bourse. Si Devanand Ritoo prône le dialogue et le respect dans les actions entre ces deux instances, par contre beaucoup de représentants de fédération  soit sont restés silencieux soit sont passés maîtres dans l’art de lancer des roses sans épines. Le moins que l’on puisse dire c’est que Devanand Ritoo a réussi ce premier exercice de face-à-face pour 2013 et on peut même jusqu’à aller dire que le mouvement sportif était sous son …charme.
«Il est important de cerner les problèmes et de trouver des solutions», a clairement fait ressortir Devanand Ritoo. En effet, lors de son intervention de jeudi, le ministre  a souhaité pouvoir compter sur le soutien de toutes les fédérations surtout à l’approche des différentes compétitions en chantier d’ici les 4 prochaines années. A savoir, les Jeux de la Francophonie de cette année, les Jeux de la Commission de la Jeunesse et des Sports en Dijbouti en 2014, les 9es Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) qui se tiendront en 2015 à La Réunion ou encore les Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016. «Il est primordial de dialoguer pour le bon épanouissement du sport mauricien. Il ne faut pas oublier que mon ministère est présent pour aider les différentes fédérations. Je mise sur une synergie pour aller de l’avant», a soutenu le  le ministre.
Celui-ci  est revenu sur la performance des athlètes lors de ces quatre dernières années, soit durant la période de 2009 à 2012. Une fois n’est pas coutume, Devanand Ritoo a mis un costume de statisticien pour venir quelque part démontrer deux choses depuis son arrivée dans ce ministère. Primo que les sportifs mauriciens sont prolifiques sur la scène internationale et secundo que la moitié des fédérations ne donnent pas de satisfaction.
356 médailles en 4 ans
«J’ai remarqué que 18 disciplines ont récolté 356 médailles dont 71 en or alors que 18 autres n’ont rien gagné. Sur le plan régional, 157 médailles dont 38 en or. La seule compétition régionale majeure qui a été prise en considération pour notre analyse a été les JIOI aux Seychelles. Au niveau africain, nos athlètes ont remporté quelque 169 médailles dont 26 en or et à ce stade ce sont les fédérations de boxe et de kick boxing qui se taillent la part du lion avec 7 titres chacune. Dans cette liste, il faut aussi ajouter la fédération de badminton qui a aussi ramené des titres africains.. Sur la scène internationale, 19 médailles ont été obtenues  dont trois en or et une fois de plus la boxe a tiré son épingle du jeu avec 11médailles. Sur le plan mondial, le kick-boxing et la boxe-française se sont  taillé la part du lion  avec 10 titres dont 9 pour le kick-boxing», s’est félicité le ministre Devanand Ritoo. tout en soulignant sa déception que Maurice n’a ramené aucune médaille des Jeux Olympiques de Londres. «Pour assurer une meilleure préparation, un comité a été mis sur place avec Eric Milazar pour ne suivre que les sportifs susceptibles d’obtenir des médailles lors des JO de 2016 pour qu’ils aient la préparation qu’il faut», déclare le ministre.
TFES pas une fédération parallèle
Pour le ministre,  2012 s’est soldée sur une bonne note avec pas moins de 42 médailles ramenées  par les athlètes mauriciens  dans  différentes compétitions. «Nous avons eu de claires indications intéressantes pour la suite, avec notamment les performances des athlètes à l’instar de la judokate Christiane Legentil, la nageuse Heather Arseth, l’athlète Annabelle Lascar, la triathlète Fabienne St Louis ainsi que les beach-volleyeuses Natacha Rigobert et Élodie Li Yuk Lo. La première place obtenue lors des Jeux de la CJSOI est également à souligner.  Nous allons d’avantage mettre l’accent sur les jeunes, puisqu’ils sont nombreux à avoir démontré du potentiel et ici je tiens à saluer le travail que fait la Fondation pour le Sports de Haut Niveau et aussi dire une fois pour toutes que les fédérations ont tout à gagner à travailler  ensemble avec le TFES. IL ne faut pas croire que cette dernière est une fédération parallèle. Ce n’est  qu’une perception  qu’on a cherché à faire croire. Or aujourd’hui, nous voyons  bien que c’est grâce aux soutiens et initiatives du TFES que nous avons plus de 30 athlètes en formation à l’étranger et bientôt il y en aura autant qui vont partir. Il est aussi vrai de dire que la Fondation est un soutien aux fédérations pour assurer le nombre nécessaire d’entraînements pour atteindre le haut niveau», a-t-il poursuivi,
Pour Devanand Ritoo,l’amélioration de ces résultats et aussi pour réussir les défis de ces quatre prochaines années ne peuvent se faire que s’il existe un contact permanent entre  les fédérations et son ministère. Le ministre a notamment évoqué les Jeux de la Francophonie cette année, les différents Championnats d’Afrique, les Championnats du Monde de kick, les JIOI de 2015 et les JO de 2016. «Je tiens à réaffirmer que mon ministère, de même que tous mes officiers, seront à vos côtés pour la réalisation de vos différents projets. Faudé nous pas oublié ki nu destin lié et ki nu condamnés à travail ensam pu le bien des sportifs et du sport mauricien», a rappelé le ministre. Ce dernier a avoué que hormis deux cas isolés, «les relations entre le ministère et  les fédérations ont été fructueuses, cordiales et dans le respect de toutes les instances.»
Le respect et le dialogue sont venus comme un leitmotiv dans la bouche du ministre des sports tout au long de son monologue de plus d’une heure vingt. «Je crois effectivement  que dans le dialogue et le respect, le mouvement sportif mauricien a beaucoup à gagner. Du reste, j’ai trouvé que la réunion a été plus que positive et  malgré  qu’on a dit  que le ministère fait de la pression sur les dirigeants sportifs,il est clair aujourd’hui que tout le monde a eu le droit à la parole et était libre de formuler le critique qu’ils voulaient. Mais je constate que ce sont plus des compliments qui m’ont été adressés», a soutenu le ministre à Week-End après la rencontre de jeudi.
Rs 39 m en 2012
Reste l’os dur qui arrive dans les jours à venir avec le dotation budgétaires. A ce titre, il faut savoir que les fédérations devront présenter leur programme au MJS cette semaine avant l’obtention de leurs subventions. Un exercice qui commencera  ce mercredi où les responsables des fédérations vont se défiler un à un devant les  cadres de ce ministère. Quelque Rs 39 millions avaient été attribuées aux fédérations lors de l’année écoulée. Rs 3,6 millions représentaient les frais de secrétariat, les allocations aux entraîneurs ainsi que la location des bureaux.
 Les présidents qui ont pris la parole lors de cette rencontre, faisant part de leurs griefs sont entre autres Véronique Marisson, présidente de la Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHPSF), qui cherchait à savoir quand sa fédération aura les nouveaux bureaux promis depuis 2011. Bharun Teeroovengadum, président de l’Association mauricienne de volley-ball, a parlé d’organiser plus de compétitions sur le plan régional tandis que les autres présidents, à l’instar de Jérémie Rousseau (FMKBDA) ou encore Jean-Marie Malépa, de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), ont remercié le ministre pour son soutien pendant la saison écoulée.