Paul Dewandre s’est inspiré du best-seller de John gray, Les Hommes viennent de Mars, les Femmes de Vénus, pour concevoir un spectacle du même nom, dont la suite a été présentée au J & J Auditorium à Phoenix, samedi dernier. Intervenant dans des entreprises pour du marketing relationnel, il est l’auteur de La vie est une rivière, qui parle des enjeux socio-économiques. C’est toutefois le “thérapeute du coeur”, aux côtés de sa femme, Corinne, que Le Mauricien a rencontré au Long Beach Hotel.
Le parcours de Paul Dewandre est des plus atypique. Créateur d’une compagnie aérienne au début de sa vie professionnelle, il se définit maintenant comme un thérapeute de coeur. Le comportement et le relationnel des couples l’interpellent. « En couple, il y a effectivement une génération de Kleenex : on prend et on jette, bref on utilise l’autre. Mais il y a aussi des gens qui ont envie de rester en couple. Pourquoi aller voir ailleurs alors qu’on pourrait cultiver son propre jardin. Aller voir ailleurs, c’est répéter le même schéma. Il faut juste trouver la bonne façon d’être heureux en couple ». Pour lui, il n’y a pas de couple parfait, mais tout repose sur le lâcher-prise et la complicité. « Une femme va toujours se plaindre et exprimer sa colère. Elle reste connectée à son univers féminin. Une femme a un côté émotionnel et peut se sentir blessée quand elle ne sent pas comprise. Les femmes doivent aussi comprendre que les hommes n’aiment pas forcément parler de leurs problèmes et qu’il ne faut surtout qu’elle lui fasse pas parler à chaque fois de ce dont il ne veut pas. »
Venant de parents divorcés, Paul Dewandre se souvient que sa mère lui avait menti quand elle lui a dit que son père ne rentrerait plus, car travaillant trop loin. « J’ai été ballotté entre ma mère et mon père et j’ai souffert de cela. La vie est un voyage intérieur. Quand je sens que ma femme est en colère ou que cela ne va pas, j’évite de répliquer. J’aime bien cette notion “d’aimants” dans le couple. Parfois, ce sont des différences qui nous complètent. Il faut comprendre que l’autre n’est pas soi ». Le but de son dernier spectacle Les Hommes viennent de Mars, les Femmes de Venus 2 est de donner des pistes, voire des astuces pour redonner la « confiance en soi » aux couples. « C’est le manque de confiance qui pousse les couples à s’éloigner. Souvent quand un homme va voir ailleurs, c’est parce qu’il s’est senti incompris. Et quand une femme exprime sa colère et qu’elle tourne le dos à un homme, c’est qu’elle s’est sentie trahie, blessée et incomprise ».
« La lettre est un processus de deuil »
La meilleure façon de refouler sa colère est d’écrire une lettre, selon Paul Dewandre. Dans son spectacle, il raconte l’épisode des deux lettres qu’il avait écrites à sa compagne, la première pleine de colère et de ressentis et, après s’être calmé, une deuxième où il a laissé parler son coeur. « Il faut s’aimer du mieux que l’on peut. La lettre est un processus de deuil, une thérapie. L’idée d’écrire, c’est se permettre de ne pas rester sur la question du ressenti et ne pas se poser les questions si on a fait ou non le bon choix ». Et de citer l’anecdote de cette dame qui, après avoir vécu l’enfer à Gaza et décidé de s’installer en France, lui a dit que la technique de la lettre lui avait permis de mieux resserrer les liens avec ses enfants.
C’est en rencontrant John Gray que notre interlocuteur a souhaité mieux comprendre les hommes et les femmes, surtout le rapport entre le masculin et le féminin pour mieux vivre en harmonie. La pièce Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus 2 se déroule dans un jardin. « Dans un jardin, on peut cultiver l’amour. J’expose le fonctionnement d’un couple. Ce spectacle, je l’ai conçu pour faire rire les gens, leur donner des conseils et des astuces pour mieux comprendre leur conjoint. À un certain moment, je parodie les contes en disant que ce n’est pas possible de croire dans les princes et princesses, car ce qu’on ne dit pas, c’est qu’eux aussi vieillissent. L’amour évolue au fil de l’âge. Aborder le thème de la parentalité et du vieillissement dans le couple fait aussi partie du fonctionnement du couple. Chacun se reconnaît dans ses portraits. »
À quand un duo scénique avec sa femme ? « On a essayé, mais on ne voulait pas donner cette image parfaite de couple sur scène. Les gens ont besoin de repères. Je préfère donc évoluer seul et avoir une interaction avec mon public ». Pour Paul Dewandre, lorsqu’un couple n’a pas besoin de coupure, c’est tout simplement parce qu’il est heureux dans ce qu’il fait. « C’est la longévité de ma relation avec Corinne qui me permet de mieux exposer la vie à deux. L’amour, ce n’est pas qu’un sentiment. Il faut que les pistes partagées aident à faire de votre jardin de couple l’endroit où vous vous sentirez le mieux au monde… »