« Si Paul Bérenger anvi sa bann pouritir-la, li ousi li ava vinn pouritir », a lancé le Premier ministre Navin Ramgoolam. C’était hier lors de sa dernière rencontre régionale à Phoenix avant le grand rassemblement de ce soir à Plaine-Verte en marge des élections municipales de dimanche.
Le Premier ministre, à travers une série d’anecdotes, a voulu démontrer une dimension arriviste de sir Anerood Jugnauth (SAJ) et le non-respect des institutions et des gens indépendamment de leur appartenance religieuse des deux leaders formant le Remake 2000 – qu’il qualifiait hier de « retake ». Pendant plus de 90 minutes, Navin Ramgoolam s’est adressé à une assistance composée surtout de ses partisans à la Place Taxis à Phoenix.
Attendu à 21 h 30, le leader du Ptr est arrivé avec une demi-heure de retard ; il s’adressait auparavant aux habitants de Vallée-des-Prêtres et de Quatre-Bornes. Navin Ramgoolam s’est interrogé sur une série d’acquisitions de biens immobiliers de la famille Jugnauth, dont un hôtel à Flic-en-Flac et le Sun Trust « ki Bérenger inn dir batiman de la hont ; pa kapav met lipie ladan ».
La volonté de SAJ de s’en prendre coûte que coûte à Sir Seewoosagur Ramgoolam a aussi été évoquée. « En 1982, li ti dir pli gran plezir li pou ena se met Seewoosagur Ramgoolam dan prizon mem pou sink minit. Li pann resi ! » affirme le Premier ministre.
Le leader du Ptr s’est appesanti sur les insultes, menaces et représailles, soutient-il, de SAJ à l’égard des communautés religieuses diverses. Ainsi, Navin Ramgoolam déclare que le leader du Remake 2000 n’a pas octroyé le poste de vice-Premier ministre à Kader Bhayat comme promis avant les élections parce que « misilma ena enn pri pou paye, zot pann vot moi », aurait-il dit.
Navin Ramgoolam a poursuivi avec « l’humiliation qu’a subie des musulmanes qui rentraient du Hajj sous le gouvernement MSM ». Il a évoqué rapidement que « SAJ avait qualifié une communauté de démons et de bagas » avant d’énoncer les raisons pour lesquelles « les endroits à forte majorité chinoise, comme Baie-du-Tombeau, sont restés à l’écart de tout développement infrastructurel ». SAJ n’a pas épargné les hindous non plus, avance le chef du gouvernement, en racontant une autre anecdote.
L’assistance de la rencontre d’hier a aussi eu droit à la diffusion d’extraits de deux meetings au cours desquels Pravind Jugnauth proférait des critiques acerbes contre Paul Bérenger et vice-versa. M. Bérenger vociférait sur le dossier MedPoint.
Insistant sur le point que Dieu n’a pas fait les gens égaux et comment lui serait-il en mesure de le faire, Navin Ramgoolam indique que le gouvernement a néanmoins pris des mesures pour pallier des disparités en accordant les mêmes chances à tout le monde. Et de citer la mise en place du ministère de l’Intégration sociale et de l’autonomisation économique. Pour lui, s’il n’est pas considéré « comme un “kominalis”, c’est parce qu’il a grandi dans une maison où cela n’existait pas et non parce qu’il a longtemps vécu en Angleterre ». Et de rappeler le soutien de GMD Atchia à son père lorsque celui-ci entreprenait des études en Angleterre. Le Premier ministre a aussi affirmé avoir à coeur le bien-être des jeunes.
Les candidats de l’arrondissement n°6 de même que des députés et ministres, dont Abu Kasenally et Lormus Bundhoo, étaient présents à Phoenix hier. La rencontre a pris fin à 23 h 45.
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PTR/PMSD: L’abstention redoutée
Navin Ramgoolam poursuivait hier soir son marathon municipal. Du côté de l’avenue Ollier à Quatre-Bornes, le PM s’est dit confiant d’une victoire, tout en avouant redouter l’abstention. Il s’agissait également pour l’alliance au pouvoir de rééquilibrer la somme des « scandales » en énumérant les écarts de Sir Anerood Jugnauth, leader du Remake 2000.
Congrès nocturne tout en rétrospection pour le leader de l’alliance rouge et bleue, le Premier ministre Navin Ramgoolam. Soignant son entrée au Shameem Hall, avenue Ollier, à coup de « Ale Navin, ale Navin, to mem nou lerwa », nouvel hymne travailliste composé pour ce type d’occasion, Navin Ramgoolam s’est évertué à critiquer son principal adversaire. Il devait ainsi tenter d’écorcher, en ordre d’importance, sir Anerood Jugnauth, Paul Bérenger et Pravind Jugnauth. Mais d’également faire écho à ligne de communication adoptée depuis le début de la campagne : « Nou pe al ver enn viktwar… Me fode pa nou krwar akoz nou for, pa bizin al vote, pou gagne mem sa ».
Faisant la liste des « scandales », et muni de son enregistrement « Paul kritik Pravind, Pravind kritik Paul », le PM en campagne a martelé : « Zot pe trap poukni, mwa mo ena bazooka ! ». Selon lui, « Bangaleea zame pa finn kol enn lafis pou mwa. Li ti enn azen MSM ».
Au Shameem Hall, il s’agissait également de passer un message à la communauté musulmane. « Mo pa konpran kouma enn mizilman kapav al met enn lakrwa akot MMM/MSM », a soutenu Navin Ramgoolam en se référant à l’évincement de Kader Bhayat comme Deputy Prime minister « en punition » du fait que la communauté musulmane n’avait pas voté pour SAJ. Reza Issack, PPS, avait quelques minutes auparavant signalé : « Ki SAJ ena kont kominote mizilman ? Kifer li ti expilse lanbasad Libye ? Kifer ou, mizilman, pa gagn travay ? Kifer li pa ti met mizilman dan minister ? Bondie dir dan Coran : Ou ki ena lintelizans ».
À Nita Deerpalsing d’abonder dans le même sens : « Apel mwa Madam Briyani ! a-t-elle scandé, Mo pa per apel mwa Madam Biryani. Briyani enn manze nasyonal. Zis Bérenger pa konpran sa. Misye Blue Magic (Paul Bérenger), li fer tou zafer revinn blan, asize manz kaviar dan so lakaz, li pa kontan manz briyani ! »
Xavier-Luc Duval, qui a prenant la parole en troisième position avant Navin Ramgoolam, s’est quant à lui appesanti sur l’argument de campagne suivant : « Nou anvi stabilite dan la vil. Kan nou telefonn minisipalite, nou anvi tann nou lemer ». Et de féliciter Navin Ramgoolam : « Mo bizin felisit li, kot ou invit li li ale ! »
Dénonçant à plusieurs reprises la « démagogie » de l’opposition, les rouges ont tenu à rétablir leurs statistiques. Et de revendiquer un score de 80 % dans les villages, contre « 51 % ki Bérenger ek Soodhun finn anonse ». Les autres orateurs étaient notamment  Thierry Henry, Rajesh Jeetah et Dhiraj Singh Khamajeet à la présidence.
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Ramgoolam : « Ce ne sont pas les palabres qui nous font avancer »
C’est à Vallée-des-Prêtres que le leader de l’Alliance Ptr/PMSD, Navin Ramgoolam, a débuté sa dernière journée de campagne avant le grand meeting prévu à Plaine-Verte aujourd’hui. « Ce ne sont pas les palabres qui nous font avancer vers l’avenir », a-t-il déclaré en présence des députés de la circonscription N°4, à savoir Mireille Martin, Kalyanee Juggoo et Aurore Perraud. Le Premier ministre a accusé ses principaux adversaires de s’être livrés à une campagne de dénonciations sur des faits non avérés et a cité, entre autres, les accusations faites par Cehl Meeah contre le ministre Hervé Aimée. Il a lui-même fait une série d’accusations contre le leader du Remake 2000 sir Anerood Jugnauth, qu’il accuse de s’être attaqué à toutes les communautés du pays et pour qui seuls comptent les intérêts familiaux et ses intérêts personnels.
Navin Ramgoolam, qui était le seul intervenant à Vallée-des-Prêtres, a donné le ton dès le début de son discours en s’adressant à ceux qui avaient commencé à faire exploser des pétards pour dire qu’il détestait entendre les pétards avant les résultats des élections. Il a insisté sur la nécessité de travailler jusqu’à la fermeture des bureaux de vote afin de s’assurer que le maximum d’électeurs susceptibles de voter en faveur de l’alliance gouvernementale se soient rendus aux urnes. Il a cité le cas de Kher Jagatsingh qui croyant qu’il avait déjà remporté la victoire lors d’une élection législative avait quitté sa circonscription à 15 h pour aller soutenir un autre candidat, avec pour résultat que le candidat en question a été élu et lui-même a été battu. C’est selon lui ce qui s’est passé lors des élections villageoises dans les villages où les représentants de la mouvance rouge n’ont pas été élus. Il a soutenu que la mouvance travailliste a remporté une écrasante victoire à ces élections en dépit de ce qu’affirment ses adversaires de l’alliance de l’opposition. Selon lui, la mouvance rouge a vu l’élection de 104 de ses propres activistes sur les 130 élus. Selon le PM, tenant en compte les indépendants, l’opposition a fait élire seulement 19 de ses candidats. Il a avancé que si son parti a perdu dans ces circonscriptions c’est parce qu’il y a eu trop de candidats ce qui a divisé les votes, ou parce que les électeurs rouges ne sont pas rendus aux urnes croyant que leurs candidats avaient déjà remporté les élections et n’ont pas été vigilants jusqu’au bout. Il a demandé que cela ne se répète pas lors des élections dimanche.
Navin Ramgoolam n’a pas fait de cadeaux à l’alliance MSM-MMM et en particulier à son leader sir Anerood Jugnauth qui a été sa cible privilégiée. Il a remis sur la table la controverse autour de l’achat d’un terrain par SAJ à Pailles alors qu’il était avocat. Cette affaire a vu à un certain moment l’interpellation de l’avoué Patrice Lagesse.
Navin Ramgoolam a observé que les villes ont connu plusieurs grands maires comme Amédée Darga, Jean Claude de l’Estrac et Kader Bhayat mais qu’ils se sont tous par la suite rapprochés du Parti travailliste. Il est revenu sur l’action qu’il avait entreprise en solitaire pour empêcher sir Anerood Jugnauth de faire adopter son premier projet de République et le texte de loi n’a pu être adopté faute d’une voix. Il a cité plusieurs exemples pour arriver à la conclusion que sir Anerood Jugnauth s’en est pris à toutes les religions dans le pays. Pour lui, l’alliance Ptr/PMSD est synonyme de rassemblement. Quant à la déclaration de sir Anerood Jugnauth à l’effet que les élections générales suivront les élections municipales, il a répondu « get ladan », voulant dire qu’il peut toujours attendre car les élections auront bel et bien lieu en 2015.