Goorooduth Chuttoo, propriétaire et fondateur du musée La Petite Collection à Rose-Belle, propose une rétrospective de l’histoire de la radio et du téléphone à Maurice lors d’une exposition au Chuttoo Complex à Chemin-Grenier, jusqu’au 27 mai.
Objets d’une grande rareté tels qu’un gramophone, des disques, tickets de train, pièces de monnaie, photos des événements passés, chopines, bicyclettes, timbres, journaux, entre autres… Autant d’objets qui faisaient jadis partie du quotidien du commun des mortels mais qui ne sont aujourd’hui que des restes d’un passé lointain, et que l’on peut découvrir au Chuttoo Complex. Une incitation à la nostalgie pour ceux qui ont connu cette époque et une imprégnation du passé pour ceux qui n’y sont pas familiers.
Mais quel peut bien être le but derrière cette exposition ? « Je fais une recomposition du passé », nous déclare Goorooduth Chuttoo. Selon lui, chaque objet est un objet patrimonial. Cette exposition donne la possibilité aux objets du passé de « reprendre vie » et de « parler ». « Si chaque objet avait le don de la parole, peut-être qu’aujourd’hui chacun aurait une histoire à raconter… »
La pièce maîtresse de son exposition est le gramophone qui lui sert d’ailleurs de logo pour son prospectus. Il ne manque pas de narrer l’histoire de son logo, qui représente un chien qui écoute la musique du gramophone. Ce chien, dit-il, se nommait Kelly et avait pour habitude d’écouter la musique que son maître jouait sur le gramophone. Quand son maître est mort, à chaque fois qu’il entendait de la musique, il pensait que son maître lui parlait…
Questionné sur comment il est parvenu à amasser autant d’objets du passé, il nous raconte qu’il a commencé en ramassant des objets que les personnes jetaient. Il ne pensait pas à l’époque que sa collection prendrait une telle ampleur. « Petit poisson deviendra grand », dit-il à ce sujet. « Je veux que mes objets soient des témoins du passé ».
M. Chuttoo ne mâche pas ses mots quand il fait part de son avis sur la façon dont le patrimoine est géré à Maurice. Pour lui, on est en train « d’assassiner le patrimoine à l’île Maurice ». Il laisse entendre qu’ici le patrimoine n’est qu’une affaire de business et de concurrence. « À Maurice, le devoir de mémoire est devenu une affaire de concurrence. Aapravasi Ghat enn zour, Le Morne enn lot zour », s’indigne-t-il.